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Ardoisières en Maine-et-Loire

Maine-et-Loire

Ardoisières

    1 Route de Brain
    49220 Erdre-en-Anjou
Ardoisières
Ardoisières
Ardoisières
Ardoisières
Ardoisières
Crédit photo : Poussin jean sur Wikipédia français (Texte origin - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1797
Installation des premières familles
1899
Incendie du puits n°1
1913
Création d’un syndicat
1922
Construction du puits n°3
1989
Éboulement final
1997
Fin de l’activité
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chevalement en bois du puits n° 3 (cad. B 1781) : inscription par arrêté du 16 mars 1999

Personnages clés

Alfred Fouillée - Philosophe Fils du régisseur de la Fiogée, inspiré par les révoltes ouvrières.
Étienne Lorin - Ouvrier-carrier Propriétaire partiel de la carrière de l’Espérance en 1865.
Furcy Soulez-Larivière - Directeur des Ardoisières d’Angers Auteur d’un ouvrage de référence sur les ardoisières (1979).
Stani Nitkowski - Peintre Fils d’un ouvrier polonais des ardoisières, artiste local.
Pierre Louis Perron-Gelineau - Historien local A décrit les carrières dans *Candé ancien et moderne* (1808-?).
Pierre Louis Poignonnec - Ouvrier et voleur Condamné en 1913 pour le cambriolage de la comptabilité.

Origine et histoire

Les ardoisières de La Pouëze, situées dans le Massif armoricain, s’inscrivent dans l’alignement des gisements d’ardoise d’Angers-Trélazé. Leur exploitation remonte au XVe siècle avec des carrières à ciel ouvert, mais c’est au XIXe siècle qu’elles connaissent un essor majeur. En 1797, trois familles de carriers (Chesneaux, Gasnier, Bellanger) s’y installent après la fermeture d’une ardoisière à Chatelais, posant les bases d’une activité qui transformera le village.

Au XIXe siècle, plusieurs carrières se développent, comme la Fiogée (exploitée par 200 ouvriers) ou l’Espérance, produisant jusqu’à 7 millions d’ardoises annuelles. L’industrialisation s’accélère avec des machines à vapeur et l’électricité, mais les conditions de travail restent dangereuses : éboulements, accidents mortels (comme l’incendie de 1899 tuant 4 personnes) et grèves (1913) marquent l’histoire sociale du site. La production culmine au début du XXe siècle, avec 300 ouvriers dans les années 1950.

Le puits n°3, avec son chevalement en bois unique en Europe (classé en 1999), symbolise cette époque. Exploité jusqu’à 355 mètres de profondeur, il cesse son activité en 1968, remplacé par le puits 3bis. L’exploitation décline après un éboulement en 1989, et la fabrication d’ardoises s’arrête définitivement en 1997. Aujourd’hui, le chevalement reconstruit (2014) et les cités ouvrières (Fiogée, Pouëzettes) témoignent de ce patrimoine industriel.

Les vestiges incluent aussi le « Trou-Colas » (carrière à ciel ouvert), les bureaux administratifs, et des éléments mécaniques comme la machinerie du puits 3bis. L’histoire des ardoisières est aussi celle des migrations bretonnes (dès 1895) et des luttes syndicales, reflétant les bouleversements économiques et sociaux liés à l’industrie ardoisière en Anjou.

Culturellement, le site inspire des artistes locaux, comme le peintre Stani Nitkowski, fils d’un ouvrier polonais des ardoisières, ou le philosophe Alfred Fouillée, dont le père était régisseur de la carrière de la Fiogée. Ces liens illustrent l’ancrage profond des ardoisières dans l’identité de La Pouëze et d’Erdre-en-Anjou.

Liens externes