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Cuivrerie de Cerdon dans l'Ain

Patrimoine classé
Patrimoine industriel
Ain

Cuivrerie de Cerdon

    Rue de la Cuivrerie
    01450 Cerdon
Cuivrerie de Cerdon
Cuivrerie de Cerdon
Cuivrerie de Cerdon
Cuivrerie de Cerdon
Crédit photo : Chabe01 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1854
Fondation de la cuivrerie
1860
Deuxième roue à aubes
1871
Livraison au Japon
1875
Modernisation industrielle
1900
Apogée de l’usine
1924
Presse américaine installée
1980
Sauvetage et musée
2013
Classement Monument Historique
2022
Réouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La Cuivrerie en totalité : les bâtiments, les installations techniques et mécanismes fixés, le système hydraulique avec son bief (en sont exclus, le bâtiment édifié en 1995 et le parking attenant, situés sur la parcelle A 1719 et pour une partie réduite sur la parcelle A 1876, ainsi que le bâtiment dans la partie nord de la parcelle A 1875 séparé des ateliers par la cour d'entrée de la cuivrerie) et les parcelles sur lesquelles elle se trouve (cad. A 1875 à 1877, 1718) : inscription par arrêté du 22 octobre 2013

Personnages clés

Charles Eugène Main - Fondateur Chaudronnier, créa la cuivrerie en 1854.
Joseph Main - Co-fondateur Fils de Charles Eugène, impliqué dès 1854.
Charles Eugène Main (fils) - Co-fondateur Second fils du fondateur, présent en 1854.
Maurice Goy - Sauveur du site Reprit l’usine en 1980 pour en faire un musée.
André Lathuilière - Sauveur du site Associa à Maurice Goy pour la renaissance.
Daniel de Bortoli - Meilleur ouvrier de France Dinandier d’art sacré en 1989.

Origine et histoire

La Cuivrerie de Cerdon fut fondée en 1854 par Charles Eugène Main et ses deux fils, Joseph et Charles Eugène, dans les locaux d’un ancien moulin à papier sur le ruisseau de la Suisse. Initialement équipée de roues à aubes actionnant des tourets à polir et une presse à balancier, l’usine se spécialisa dans la fabrication d’articles en cuivre et maillechort, produits à la main avec des marteaux et maillets. En 1860, une deuxième roue à aubes fut installée pour alimenter six marteaux de martinet, marquant le début d’une mécanisation progressive. L’arrivée du balancier à friction et de la machine à emboutir en 1875 accéléra la production, permettant d’exporter vers l’Algérie, le Maroc et l’Orient. En 1871, l’usine livra 300 machines pour la filature de soie de Tomioka (Japon), aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Vers 1900, l’usine employait près de 80 ouvriers et adopta une machine à vapeur pour répondre à la demande croissante. Pendant la Première Guerre mondiale, malgré la pénurie de main-d’œuvre, les exportations se maintinrent. Un nouvel atelier de repoussage fut construit en 1924, équipé d’une presse américaine de 150 tonnes réduisant drastiquement les temps de production. La Cuivrerie devint alors un fleuron industriel, produisant des objets uniques pour l’Orient et des pièces d’orfèvrerie hôtelière, avant de connaître un déclin à partir des années 1930, accentué par la crise économique et l’exode rural.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’usine pivota vers l’aluminium et vit ses effectifs chuter à 20 ouvriers en 1950, puis à 3 en 1979, avant sa liquidation. Sauvée en 1980 par Maurice Goy et André Lathuilière, elle fut transformée en musée industriel et relança une production limitée, notamment de coupes sportives pour Prestifrance. En 1987, le site attira plus de 200 groupes scolaires et 587 cars de touristes, devenant un symbole du patrimoine industriel français. Malgré une fermeture définitive en 2010, la Cuivrerie fut inscrite aux monuments historiques en 2013 et rouvrit en 2022 après rachat par le Département de l’Ain.

Le site conserve un ensemble exceptionnel de machines et outils du XIXe et XXe siècles, dont des tours à repousser, des martinets, et une presse Bliss. Les bâtiments, organisés le long de la rivière, illustrent l’évolution technique de l’usine, des roues à aubes initiales à la machine à vapeur. Trois roues à aubes subsistent, dont une encore fonctionnelle, tandis que les ateliers abritent des collections d’objets en cuivre, des gabarits en bois et des moules à emboutir. La Cuivrerie témoigne ainsi de l’innovation industrielle et de son adaptation aux défis économiques, avant de se réinventer comme lieu de mémoire et de tourisme.

En 1998, le site servit de décor au film Les Enfants du marais de Jean Becker. Avec 38 523 visiteurs en 2009, il figurait parmi les dix sites les plus fréquentés du département de l’Ain. Aujourd’hui, la Cuivrerie de Cerdon allie préservation patrimoniale et valorisation touristique, offrant un voyage dans l’histoire de la métallurgie et du travail artisanal.

Liens externes