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Gare de Borredon à Montalzat dans le Tarn-et-Garonne

Tarn-et-Garonne

Gare de Borredon

    170 D103
    82270 Montalzat
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
11 mars 1879
Déclaration d'utilité publique
10 avril 1884
Mise en service
2 février 1939
Arrivée des réfugiés espagnols
années 1980
Fermeture ferroviaire
9 septembre 2011
Inscription patrimoniale
2012
Rachat par une association
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La gare (cad. YO 44, lieudit A Gazy) : inscription par arrêté du 9 septembre 2011

Personnages clés

Fils du chef de gare (anonyme) - Témoin historique A décrit l'arrivée des réfugiés en 1939.

Origine et histoire

La gare de Borredon fut construite par l'État dans le cadre de la ligne Montauban-Cahors, déclarée d'utilité publique en 1879. Inaugurée en 1884 par la Compagnie du PO, elle desservait initialement les communes de Montpezat et Lapenche. Son bâtiment, adjugé en 1883, s’inscrivait dans un projet plus large visant à relier Toulouse à Paris via une voie ferrée stratégique.

En février 1939, la gare devint un point d’arrivée tragique pour des milliers de réfugiés républicains espagnols. Ces prisonniers, transférés depuis les camps de la Côte Vermeille, furent dirigés vers le camp de concentration de Judes à Septfonds. Les témoignages évoquent des conditions inhumaines : absence d’abris, pluie, et marches forcées pour les 3 000 premiers arrivants en deux jours. Les autorités choisirent cette gare isolée pour éviter tout mouvement de sympathie publique.

La gare cessa son activité ferroviaire dans les années 1980. Ses bâtiments, vendus par la SNCF dans les années 1990, furent d’abord transformés en restaurant. Depuis 2012, ils abritent un lieu de mémoire géré par l’association Mémoire de l’Espagne Républicaine, après une inscription aux monuments historiques en 2011. Ce site commémore aujourd’hui le sort des 16 000 soldats espagnols internés à proximité.

Architecturalement modeste, la gare tire son importance de son rôle historique. Son inscription patrimoniale souligne sa dimension mémorielle, liée à l’exil républicain espagnol et aux prémices des déportations vers les camps nazis. Les baraquements du camp de Judes, construits par les internés eux-mêmes, symbolisent les souffrances endurées sur ce site.

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