Achèvement du manoir vers 1525 (≈ 1525)
Construction commanditée par Yves de Parcevaux.
1er août 1594
Pillage par Yves du Liscouët
Pillage par Yves du Liscouët 1er août 1594 (≈ 1594)
Trahison et capture d’Hervé de Parcevaux.
1595
Enlèvement de Marie Le Chevoir
Enlèvement de Marie Le Chevoir 1595 (≈ 1595)
Par Guy Éder de La Fontenelle.
1603
Procès pour pillage
Procès pour pillage 1603 (≈ 1603)
Hervé de Parcevaux réclame 70 000 écus.
1630
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire 1630 (≈ 1630)
Mariage de Françoise de Parcevaux avec René Barbier.
9 avril 2002
Classement monument historique
Classement monument historique 9 avril 2002 (≈ 2002)
Protection totale du manoir et de sa cour.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le manoir dans sa totalité, ainsi que le sol de la cour, le mur de clôture sud de la cour et le bassin qu'elle contient (cad. G 78, 1231) : classement par arrêté du 9 avril 2002
Personnages clés
Yves de Parcevaux - Seigneur et commanditaire
Fait construire le manoir vers 1525.
Hervé de Parcevaux - Seigneur trahi en 1594
Victime du pillage d’Yves du Liscouët.
Yves du Liscouët - Traître et pilleur
Capture Hervé de Parcevaux en 1594.
Guy Éder de La Fontenelle - Ravisseur en 1595
Enlève Marie Le Chevoir, jeune héritière.
Françoise de Parcevaux - Dernière héritière Parcevaux
Épouse René Barbier en 1630.
Renée de Coëtlogon - Seconde épouse d’Hervé
Mère de Marie Le Chevoir.
Origine et histoire
Le manoir de Mézarnou, situé à Plounéventer dans le Finistère, est un édifice du début du XVIe siècle construit sur l’emplacement d’une bâtisse féodale plus ancienne. Commandité par Yves de Parcevaux et Jeanne de Kerven, il fut achevé vers 1525 et se distingue par son plan en équerre, son escalier monumental en granit, et un décor gothique flamboyant particulièrement riche sur la façade nord. Le manoir, entouré de douves et d’un mur d’enceinte, était au cœur d’un domaine de 17 hectares, incluant un vivier, un moulin, et une chapelle aujourd’hui disparus.
Pendant les guerres de la Ligue, le manoir fut le théâtre de violents épisodes. Le 1er août 1594, Yves du Liscouët, invité par son cousin Hervé de Parcevaux, trahit ce dernier en le faisant prisonnier, pillant le manoir et les églises voisines. Hervé de Parcevaux, libéré après une rançon de 9 500 écus, dut remeubler sa demeure en puisant dans ses autres propriétés. Un an plus tard, en 1595, Guy Éder de La Fontenelle enleva Marie Le Chevoir, jeune héritière de 9 à 12 ans, fille de Renée de Coëtlogon, seconde épouse d’Hervé de Parcevaux.
Au XVIIe siècle, après la paix revenue, Hervé de Parcevaux intenta un procès à la veuve d’Yves du Liscouët pour le pillage de 1594, estimant les pertes à 70 000 écus. Un inventaire de 1603 révèle l’opulence passée du manoir : argenterie, meubles luxueux, et un domaine agricole prospère avec bétail et réserves abondantes. La famille de Parcevaux, seigneurs de Mézarnou depuis au moins le XIe siècle, conserva le fief jusqu’en 1630, date à laquelle il passa par mariage à la famille Barbier. Le manoir, classé monument historique en 2002, fut restauré à partir de 2001 après des décennies d’abandon.
La construction de Mézarnou reflète l’architecture seigneuriale bretonne de la Renaissance, avec des éléments défensifs comme les douves et des espaces de réception fastueux. L’escalier en vis, d’une seule pierre par marche, et les cheminées monumentales témoignent du prestige de ses propriétaires. Le manoir, partiellement démoli au XVIIIe siècle, perdit une partie de ses dépendances, mais conserve une lisibilité exceptionnelle de sa distribution intérieure originale, notamment la séparation entre les espaces seigneuriaux et les communs.
La famille de Parcevaux, dont plusieurs membres occupèrent des charges prestigieuses (sénéchaux de Léon, conseillers au Parlement de Bretagne), marqua l’histoire du manoir. Parmi eux, Pierre de Parcevaux participa à la septième croisade en 1250, tandis qu’Yvon de Parcevaux et son fils Maurice II contribuèrent à l’édification du manoir actuel. La seigneurie passa ensuite aux mains de familles bourgeoises au XVIIIe siècle, avant d’être vendue comme bien national pendant la Révolution.
Aujourd’hui, le manoir de Mézarnou, après des siècles de transformations et de déclin, incarne à la fois le faste de la noblesse bretonne de la Renaissance et les violences des guerres de Religion. Sa restauration récente permet de redécouvrir un patrimoine architectural et historique majeur du Finistère, classé et protégé pour les générations futures.
Avis
Veuillez vous connecter pour poster un avis