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Église Saint-Martin de Molliens-Dreuil dans la Somme

Somme

Église Saint-Martin de Molliens-Dreuil

    23 Ter Rue du Général Leclerc
    80540 Molliens-Dreuil

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
XVIIIe siècle
Construction de l'édifice actuel
1878
Installation de l'orgue
1894–1896
Étude du presbytère voisin
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Martin - Évêque de Tours (IVe siècle) Patron de l'église, plusieurs statues lui sont dédiées.
Paul Deldine - Facteur d'orgues (XIXe siècle) Constructeur de l'orgue en 1878.
Henri Zimmermann - Artisan tuyautier (XIXe siècle) Auteur de la tuyauterie de l'orgue.
Alcius Ledieu - Historien local (XIXe siècle) A étudié le presbytère et l'église.

Origine et histoire

L'église Saint-Martin de Molliens-Dreuil se dresse dans le département de la Somme, à l'ouest d'Amiens, sur la commune éponyme. L'édifice actuel, construit au XVIIIe siècle, remplace probablement une structure plus ancienne, bien que les sources ne précisent pas son existence antérieure. Son architecture reflète les canons de l'époque, avec une nef à deux bas-côtés et un chœur polygonal, dépourvu de transept. Le clocher-porche, coiffé d'une flèche en ardoise, domine l'ensemble, tandis que des contreforts renforcent les murs extérieurs. Les fenêtres, de style gothique, rappellent les influences médiévales persistantes dans la région.

À l'intérieur, l'église abrite un riche mobilier classé monument historique, couvrant une période du XVe au XIXe siècle. Parmi les pièces majeures figurent un Christ aux limbes en bois polychrome (XVe siècle), une statue de saint Michel terrassant le dragon (XVe siècle), ou encore une Vierge à l'Enfant en pierre polychrome (XVIe siècle). Le XIXe siècle a apporté des éléments comme trois lustres en laiton et un orgue de tribune construit en 1878 par Paul Deldine, avec une tuyauterie signée Henri Zimmermann. Ces objets illustrent l'évolution artistique et liturgique de l'édifice, marqué par des donations ou des commandes locales.

L'église s'inscrit dans un paysage religieux picard où le culte de saint Martin, évêque de Tours, était particulièrement vénéré. Le mobilier dédié à ce saint (statues des XVe, XVIIe et XVIIIe siècles) souligne son importance pour la communauté. Les fonts baptismaux en marbre et la chaire à prêcher (XVIIIe siècle) témoignent également de son rôle central dans la vie paroissiale. Bien que les archives mentionnent un presbytère voisin étudié en 1894 par Alcius Ledieu, peu d'informations subsistent sur les transformations majeures de l'édifice après sa construction.

Architecturalement, le plan basilical sans transept et le chevet polygonal rappellent les églises rurales de la région, adaptées aux besoins d'une population majoritairement agricole. Les contreforts extérieurs, typiques des constructions en pierre, répondent aux contraintes techniques des sols picards, tandis que la toiture en ardoise reflète les ressources locales. L'absence de transept pourrait indiquer une construction modeste, peut-être liée à des moyens financiers limités ou à une communauté de taille réduite.

Les œuvres d'art classées, en bois polychrome ou pierre, révèlent l'habileté des artisans locaux et les échanges culturels avec d'autres régions. Par exemple, les statues de sainte Cécile ou sainte Barbe (XVIe–XVIIe siècles) évoquent des dévotions partagées dans toute la France. Le mobilier du XVIIIe siècle, comme le fauteuil Louis XVI ou la chaire, suggère une période de relative prospérité, peut-être liée à l'essor économique de la Picardie sous l'Ancien Régime. L'orgue de 1878, quant à lui, marque l'adaptation de l'église aux évolutions musicales liturgiques du XIXe siècle.

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