Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église Saint-Blaise de Saint-Sauveur-en-Rue dans la Loire

Loire

Église Saint-Blaise de Saint-Sauveur-en-Rue

    8 Rue de l'Église
    42220 Saint-Sauveur-en-Rue

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1900
2000
Fin XIe siècle
Construction de l'église médiévale
XIVe siècle
Renforcement des murs
1898-1902
Reconstruction de l'église
1905
Achèvement du bas-relief
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guy de Bourgogne (Calixte II) - Archevêque de Vienne puis pape Consacra l'église originale en fin XIe
Nectaire de Saint-Nectaire - Prieur au XVIe siècle Armes présentes sur la tribune médiévale
Sainte-Marie Perrin - Architecte de la reconstruction A aussi travaillé à Fourvière (Lyon)
Jean Roux - Maire de Saint-Sauveur-en-Rue (fin XIXe) Lança les démarches de rénovation en 1898
Famille Jarrosson - Mécènes locaux Finança largement la reconstruction de 1902
Marcellin Champagnat - Fondateur des Maristes Représenté sur le bas-relief de 1905

Origine et histoire

L'église Saint-Blaise, construite à la fin du XIe siècle, fut l'église principale du prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue. Consacrée par Guy de Bourgogne (futur pape Calixte II), elle remplaçait un édifice antérieur. Son architecture médiévale comprenait une abside semi-circulaire ornée de chapiteaux sculptés (dont un représentant un homme crachant des serpents), une crypte préexistante, et des murs renforcés au XIVe siècle pour servir de défense. Une tribune du XVIe siècle, portant les armes du prieur Nectaire de Saint-Nectaire, surplombait la nef, presque aveugle de vitraux.

En 1898, l'église, devenue vétuste, fut initialement prévue pour une rénovation confiée à l'architecte Sainte-Marie Perrin (connu pour la basilique de Fourvière). Cependant, en 1900, un rapport révéla l'impossibilité de sauver la structure : un mur s'était affaissé. Malgré l'opposition des habitants, l'église fut détruite en 1901, ne conservant que quelques vestiges (chapiteaux, crypte, armes de Nectaire de Saint-Nectaire). La famille Jarrosson finança largement la reconstruction, achevée en 1902.

L'église actuelle, agrandie et éclaircie, reprend des éléments roman (abside semi-circulaire, doubles colonnes à chapiteaux feuillagés) tout en adoptant des formes géométriques plus marquées. Son clocher surélevé abrite six cloches et quatre horloges. Un bas-relief de 1905, ornant le portail, célèbre des figures locales (Calixte II, Marcellin Champagnat) et des symboles de résistance anticléricale (Pie X, Jean-Marie Vianney). La crypte médiévale, toujours présente mais inaccessible, et les vestiges de l'ancienne église (exposés près de la salle des fêtes) témoignent de son passé.

Le monument illustre aussi les tensions politiques de l'époque : la destruction de 1901 coïncide avec la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), tandis que le bas-relief, commandé par la communauté, affiche une opposition marquée aux politiques anticléricales. Les personnages représentés — fondateurs du prieuré, saints locaux, ou figures de la reconquête catholique — soulignent l'ancrage religieux profond de Saint-Sauveur-en-Rue, lié à son histoire de prieuré bénédictin.

Liens externes