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Ancienne CAF-CPAM à Maubeuge dans le Nord

Nord

Ancienne CAF-CPAM

    1 Place de Wattignies la Victoire
    59600 Maubeuge
Crédit photo : Upl14 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1940
Destruction de Maubeuge
1945
Nomination d’André Lurçat
1958-1962
Construction de la CAF-CPAM
1962
Fin de la reconstruction
4 novembre 2024
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le soubassement, les façades et toitures, le système constructif et le jardin (incluant la cour et sa clôture) de l’ancienne CAF-CPAM, situé rue du maréchal Leclerc, sur la parcelle n° 32 figurant au cadastre section K : inscription par arrêté du 4 novembre 2024

Personnages clés

André Lurçat - Architecte et urbaniste en chef Concepteur du plan de reconstruction de Maubeuge.
Émile Fays - Architecte collaborateur Associé à Lurçat pour ce projet.
Henri Lafitte - Architecte collaborateur Remplacé par son fils Eric Lafitte.
Eric Lafitte - Architecte collaborateur Fils de Henri Lafitte, impliqué dans le projet.

Origine et histoire

L’ancienne CAF-CPAM de Maubeuge s’inscrit dans le vaste projet de reconstruction de la ville, détruite à 90 % en 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1945, l’architecte et urbaniste André Lurçat est nommé pour superviser cette reconstruction, achevée en 1962. Bien qu’il ait conçu le plan d’ensemble de la ville, il n’y construit que sept édifices, dont l’église Saint-Pierre-Saint-Paul. La CAF (Caisse d’Allocations Familiales) et la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) interviennent tardivement dans ce processus, après le rejet des projets de Lurçat pour l’hôtel de ville. Ce bâtiment, situé dans l’ilot K au sud de la ville, est l’un de ses derniers projets à Maubeuge, reflétant son expérience dans la conception de caisses de sécurité sociale.

Le projet de la CAF-CPAM, mené entre 1958 et 1962, évolue d’un plan en H vers un plan en L pour permettre une extension future. Lurçat collabore avec les architectes Émile Fays et Henri Lafitte (remplacé ensuite par son fils Eric Lafitte), ainsi qu’avec des ingénieurs. Le bâtiment, conçu pour être accueillant et rejetant toute monumentalité, se distingue par son horizontalité, sa sobriété, et une rigueur des proportions. Les façades, en brique recouverte de carreaux de grès-cérame gris clair et peintes en partie, intègrent des menuiseries en aluminium et des systèmes de ventilation dans les séparations en verre fumé. L’accès se fait par une terrasse surélevée, et un jardin, dont Lurçat a choisi les essences, complète l’ensemble.

L’intérieur, organisé selon un système poteau-poutre, offrait une grande modularité pour les aménagements, allant des bureaux individuels aux plateaux ouverts. Bien que des modifications et rénovations aient altéré certains espaces intérieurs, l’extérieur a peu changé, à l’exception de la couleur des saillies et des encadrements de baies. Le bâtiment, situé en position centrale, a bénéficié d’un soin égal pour toutes ses façades, y compris latérales et arrière. Le jardin conserve une partie de la végétation d’origine et des parterres à bordure de ciment. Ce projet incarne les principes du mouvement moderne, avec une volonté d’industrialisation, de rationalisation et de standardisation, tout en intégrant des éléments de verdure et de lumière.

Classé Monument Historique, le bâtiment est protégé pour son soubassement, ses façades et toitures, son système constructif, et son jardin (incluant la cour et sa clôture). Cette protection, effective depuis un arrêté du 4 novembre 2024, souligne l’importance patrimoniale de cet édifice, symbole de la reconstruction et de l’innovation urbaine de l’après-guerre à Maubeuge.

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