Fondation de Narbo Martius 78 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Création de la ville portuaire romaine.
30 av. J.-C.
Construction du vivarium
Construction du vivarium 30 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Vivarium de 65 mètres dans la villa.
59 apr. J.-C.
Abandon de La Nautique
Abandon de La Nautique 59 apr. J.-C. (≈ 100)
Zone portuaire désaffectée.
1971 et 2011
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques 1971 et 2011 (≈ 2011)
Protection des vestiges archéologiques.
2018
Redécouverte de la villa
Redécouverte de la villa 2018 (≈ 2018)
Fouilles révélant mosaïques et systèmes hydrauliques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le terrain de 23 000 m2 contenant un établissement gallo-romain, situé à Port-la-Nautique (cad. E 1258p, lieudit Garrigues de Saint-Laurent) : classement par arrêté du 15 octobre 1971 - Les parcelles cadastrées IN 66 et 67, avec les vestiges archéologiques qu'elles contiennent, situées rue des Nautiquards au lieudit Port La Nautique : classement par décret du 31 mai 2011 - La parcelle IN 68, rue des Nautiquards, avec les vestiges archéologiques qu'elle contient : classement par arrêté du 22 novembre 2011
Personnages clés
Ausone - Écrivain romain
Décrit Narbonne comme port majeur (IVᵉ siècle).
Auguste - Empereur romain (hypothèse)
Propriétaire présumé de la villa.
Capitaine Molins - Archéologue pionnier
Dirige les premières fouilles (1903-1907).
Origine et histoire
Le site archéologique de Port La Nautique fait partie d’un vaste système portuaire antique de Narbonne, actif durant la période gallo-romaine et le Haut-Empire. Ce complexe, lié à la province de Narbo Martius, comprenait des ports fluviaux sur l’Aude (alors appelée Atax), des installations maritimes, des entrepôts et des voies de communication. Il servait de plaque tournante pour le commerce entre l’Italie, la Gaule narbonnaise, l’Hispanie et l’Aquitaine, notamment pour le vin. L’écrivain Ausone, au IVe siècle, décrivait Narbonne comme un port où « tout ce qui navigue dans l’univers vient aborder à tes quais ». La fin de l’Antiquité marqua son déclin, avec la destruction de bâtiments luxueux pour renforcer les ouvrages portuaires, avant un abandon progressif au XIVe siècle en raison de l’ensablement.
La géographie antique de la zone était marquée par une mer intérieure, le Mare narbonesus, entourée d’îles comme Sainte-Lucie, Saint-Martin ou la Clape. L’Aude se jetait alors dans cette lagune navigable, formant un réseau idéal pour un port protégé. Le site de La Nautique abritait un débarcadère, des activités de production (poterie, vin) et une villa maritima exceptionnelle, construite vers 30 av. J.-C. Cette villa, peut-être liée à l’empereur Auguste, possédait un vivarium de 65 mètres (le plus grand connu), des piscines, des jardins en terrasse et des mosaïques. Volontairement détruite vers 69-70 apr. J.-C., elle fut classée monument historique en 1971 et 2011 après sa redécouverte.
Les fouilles, initiées dès 1903 par le capitaine Molins, ont révélé des infrastructures portuaires majeures : des digues de 16-17 mètres de large creusées à 3,50 mètres de profondeur pour canaliser l’Aude, des entrepôts (horrea), et des vestiges de docks du Ier siècle. Le port déclina à partir du IVe siècle, avec des réparations utilisant des pierres du Forum de Narbonne, avant d’être abandonné au Ve siècle. Son ensablement définitif serait lié à un changement de cours de l’Aude, possiblement après une crue catastrophique en 1316, ou à un abandon progressif des digues en amont.
Le site, aujourd’hui protégé et recouvert pour conservation, comprend 23 000 m2 de vestiges classés, dont des parcelles fouillées rue des Nautiquards. Les découvertes incluent des céramiques, des pièces d’accastillage, une ancre en chêne, et des structures en bois remarquablement conservées. Les fouilles du CNRS, en pause depuis 2022, ont confirmé l’importance stratégique de Narbonne comme second port méditerranéen après Rome, avant son déclin médiéval.