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Ferme de la Belleforière à Beuvry dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé
Patrimoine rural
Ferme

Ferme de la Belleforière à Beuvry

    1 Rue Jules-Weppe
    62660 Beuvry
Propriété privée
Ferme de la Belleforière à Beuvry
Ferme de la Belleforière à Beuvry
Ferme de la Belleforière à Beuvry
Ferme de la Belleforière à Beuvry
Ferme de la Belleforière à Beuvry
Crédit photo : Floflo62 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1306
Première mention écrite
1499
Acquisition par Jacques de Coupigny
1698
Reconstruction des bâtiments
1833
Cadastre napoléonien
1914-1918
Destruction partielle pendant la Première Guerre mondiale
2007
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures (cad. AS 569) : inscription par arrêté du 3 août 2007

Personnages clés

Hachin Faverel - Ancien propriétaire Vend le site en 1306 à Ernoul Caffet.
Ernoul Caffet - Acquéreur en 1306 Receveur d’Artois, achète la seigneurie.
Martin de Le Val et Hutin de Le Val - Propriétaires au XVe siècle Vendent la seigneurie en 1499.
Jacques de Coupigny - Seigneur de Sallau Acquiert la seigneurie en 1499.
Marquis de Baynast de Septfontaines - Propriétaire au XIXe siècle Possède la ferme à partir de 1876.

Origine et histoire

La ferme de la Belleforière, située à Beuvry, est une ferme au carré entourée de fossés (dits « douves »), édifiée sur des soubassements en grès et renforcée par des chaînages d’angle en pierre. Ses murs en brique, ornés d’une corniche décorative à dents d’engrenage, et ses toits à deux pans en tuiles mécaniques, datent principalement du 1er quart du XIVe siècle et du 4e quart du XVIIe siècle. Le logis, les bâtiments agricoles (granges, écuries) et une tour pigeonnier à toit en pavillon d’ardoise composent l’ensemble. Deux passages charretiers, dotés de ponts en bois et d’arcatures en grès, permettent l’accès à la cour intérieure.

La première mention de la ferme remonte à 1306, quand Hachin Faverel vend le « château de Belleforière » avec ses terres à Ernoul Caffet, receveur d’Artois. Au XVe siècle, elle appartient à la famille de Le Val, puis est acquise en 1499 par Jacques de Coupigny, seigneur de Sallau, qui en fait une seigneurie vicomtière relevant du comte de Beuvry. La ferme, alors entourée de douves et dotée d’une première justice, reste dans cette famille près de trois siècles. En 1698, après les troubles de la guerre de Trente Ans, les bâtiments actuels sont reconstruits sur les anciennes fondations, comme l’atteste une pierre datée dans le mur est.

Au XIXe siècle, le cadastre napoléonien de 1833 confirme une implantation similaire à aujourd’hui, révélant aussi l’importance des fossés liés à la rivière La Loisne. En 1876, la propriété passe à la famille du marquis de Baynast de Septfontaines, décrite comme une ferme de 24 hectares avec granges et étables. Endommagée pendant la Première Guerre mondiale, une partie du logis est reconstruite après 1918. Au XXe siècle, la ferme est transformée pour l’élevage porcin et la culture d’endives, avant d’être inscrite aux Monuments historiques en 2007 pour ses façades et toitures. Aujourd’hui, elle sert de lieu d’habitation et de réception.

La tour d’angle, ancien pigeonnier, servait aussi d’observatoire dans une ligne de défense protégeant Béthune. Une seconde tour, détruite pendant la Première Guerre mondiale, complétait autrefois l’ensemble. Les fenêtres hautes à encadrement de brique et voûte en anse de panier, ainsi que les lucarnes nombreuses, témoignent des adaptations successives. Les fossés, initialement défensifs, étaient alimentés par l’ancien marais de Beuvry et de La Loisne, soulignant le lien historique entre le site et son environnement hydrique.

Les matériaux — brique, grès et pierre de taille — reflètent les techniques locales, tandis que les éléments décoratifs (corniches, appareils en dents d’engrenage) révèlent un souci esthétique malgré la vocation agricole. La ferme illustre ainsi l’évolution des exploitations rurales du Moyen Âge à l’époque moderne, mêlant fonctions défensives, résidentielles et productives. Son inscription en 2007 reconnaît sa valeur patrimoniale, tant architecturale qu’historique.

Liens externes