Frise chronologique
Néolithique final
Création des statues
Création des statues
Néolithique final (≈ 2770 av. J.-C.)
Sculpture et utilisation initiale
1879
Découverte de la 1ère statue
Découverte de la 1ère statue
1879 (≈ 1879)
Par M. Teste lors de travaux
1886
Premières fouilles
Premières fouilles
1886 (≈ 1886)
Par A. Lombard-Dumas
1888
Découverte de la 2ème statue
Découverte de la 2ème statue
1888 (≈ 1888)
Par H. Nicolas
9 mai 1927
Classement Monuments Historiques
Classement Monuments Historiques
9 mai 1927 (≈ 1927)
Décret de protection
2018
Restauration
Restauration
2018 (≈ 2018)
Avant exposition permanente
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Statues-menhirs (deux) , provenant du tumulus du Mas de l'Aveugle : classement par décret du 9 mai 1927
Personnages clés
| M. Teste - Propriétaire terrien |
Découvreur de la 1ère statue (1879) |
| A. Lombard-Dumas - Archéologue |
Identification et fouilles (1886) |
| H. Nicolas - Fouilleur et découvreur |
Exhumation de la 2ème statue (1888) |
| Jean Arnal - Chercheur |
Identification de la pendeloque spirale |
Origine et histoire
Les statues-menhirs de Collorgues, aussi appelées statues-menhirs de Teste ou du Mas de l'Aveugle, font partie du groupe languedocien (sous-groupe gardois) et comptent parmi les 42 stèles connues dans cette zone. Elles ont été taillées dans du grès oligocène au Néolithique final, avec des motifs typiques : visage en « T », bras stylisés, seins schématisés, et objets en forme de crosse interprétés comme des haches emmanchées. Leur découverte révèle un réemploi ultérieur, l’une servant de linteau dans un hypogée, l’autre masquant son entrée.
La première statue (1,75 m de haut) fut exhumée en 1879 par M. Teste lors de travaux agricoles au lieu-dit Mas Gaillard, sur un site comprenant des hypogées et des puits d’extraction de silex. Identifiée comme statue-menhir par Lombard-Dumas, elle présente un collier à pendeloque en double spirale (visible en lumière rasante) et une hache emmanchée sous les avant-bras. La seconde statue (1,35 m), découverte en 1888 par H. Nicolas, était utilisée comme linteau dans l’hypogée, sa face sculptée tournée vers le sol. Les deux pièces furent classées Monuments Historiques en 1927 et restaurées en 2018. Elles sont aujourd’hui exposées au Musée de Lodève.
Le site de Mas Gaillard fut fouillé à deux reprises : une première exploration en 1886 par A. Lombard-Dumas, puis une campagne systématique en 1888 par H. Nicolas, qui mit au jour les statues et des structures funéraires. Ces fouilles révélèrent un contexte archéologique riche, lié à l’extraction du silex et à des pratiques sépulcrales. Les statues-menhirs, par leur iconographie et leur réemploi, illustrent les transitions culturelles entre le Néolithique final et les âges des métaux en Occitanie.
Les deux œuvres se distinguent par leur style gardois : têtes dégagées du corps, épaules marquées, et bras en arcade tenant des objets symboliques. Leur datation et leur morphologie les rattachent à un réseau d’échanges et de croyances couvrant l’est de l’Hérault et le Gard. Leur conservation au Musée de Lodève permet d’étudier les techniques de sculpture et les rituels funéraires de cette période charnière.
Les sources écrites (Lombard-Dumas, Nicolas) et les publications récentes (Galant et al., 2023) soulignent leur importance pour comprendre l’art mégalithique régional. Leur classement en 1927 et leur restauration en 2018 témoignent de leur valeur patrimoniale, tandis que leur exposition permanente (« Empreintes de l’Homme ») en fait des ambassadrices du Néolithique occitan.