Frise chronologique
541
Prédiction de saint Eusice à Childebert
Prédiction de saint Eusice à Childebert
541 (≈ 541)
Childebert visite Eusice avant sa victoire.
542
Mort de saint Eusice
Mort de saint Eusice
542 (≈ 542)
Childebert construit une église sur son tombeau.
903
Destruction par les Vikings
Destruction par les Vikings
903 (≈ 903)
L'église mérovingienne est ravagée.
1145
Donation aux chanoines augustiniens
Donation aux chanoines augustiniens
1145 (≈ 1145)
Début de la reconstruction romane.
1563
Saccage par les protestants
Saccage par les protestants
1563 (≈ 1563)
Coligny détruit chœur et trésor.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l'édifice.
1882
Restauration par Anatole de Baudot
Restauration par Anatole de Baudot
1882 (≈ 1882)
Retour à l'état roman primitif.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saint Eusice - Ermite et fondateur spirituel |
Inspira la fondation du monastère au VIe. |
| Childebert Ier - Roi mérovingien |
Fit bâtir la première église en 542. |
| Pierre de La Châtre - Évêque de Bourges (XIIe) |
Attribua l'abbaye aux augustiniens en 1145. |
| Gaspard de Coligny - Chef protestant |
Détruisit le chœur en 1563. |
| Anatole de Baudot - Architecte restaurateur |
Reconstruit l'abbatiale en 1882. |
| Jean-François de La Trémoille - Abbé commendataire (XVe) |
Cardinal et figure influente de l'abbaye. |
Origine et histoire
L’abbatiale Notre-Dame-la-Blanche, également connue sous le nom de Saint-Eusice, est un édifice religieux emblématique de Selles-sur-Cher, dans le Loir-et-Cher. Fondée au XIIe siècle, elle fut reconstruite après des destructions successives, notamment par les Vikings au IXe siècle. Son histoire est intimement liée à celle de saint Eusice, ermite du VIe siècle dont la sainteté attira les foules et incita le roi Childebert à ériger une première église sur son tombeau.
Saint Eusice, né en 465 en Périgord, vécut comme ermite près du Cher après avoir servi comme serf dans un monastère. Sa réputation de sainteté, renforcée par des miracles et une prédiction victorieuse faite au roi Childebert en 541, conduisit à la fondation d’un monastère sur son ermitage. L’abbatiale actuelle, reconstruite au XIIe siècle par des chanoines augustiniens, mêle styles roman et gothique après des effondrements partiels et des restaurations, notamment au XIIIe et XIVe siècles.
L’édifice subit de graves dommages au fil des siècles : destruction partielle par les troupes protestantes de Coligny en 1563, effondrement de la voûte du chœur, et transformations sous les Feuillants au XVIIe siècle. Classée monument historique en 1862, elle fut restaurée à partir de 1882 par l’architecte Anatole de Baudot, qui lui rendit son aspect roman d’origine. Aujourd’hui, elle conserve des éléments remarquables comme une crypte abritant le tombeau de saint Eusice et des frises sculptées du XIIe siècle illustrant sa vie et celle du Christ.
Architecturalement, l’abbatiale se distingue par sa nef à collatéraux, son transept surmonté d’une coupole à pendentifs, et un chevet orné de frises historiques. Le portail principal, peut-être issu de la basilique mérovingienne, et les chapiteaux témoignent de son riche passé. Malgré les vicissitudes (foudre en 1523, Révolution française), elle reste un joyau du patrimoine religieux de la région Centre-Val de Loire.
Les abbés marquants incluent saint Eusice lui-même, ainsi que des figures comme Raymond Jordan (XIVe siècle) ou le cardinal Jean-François de La Trémoille (XVe siècle). L’abbatiale, propriété de la commune, illustre l’évolution des pratiques religieuses et architecturales, des origines mérovingiennes à sa restauration moderne.