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Abbatiale Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille au Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbatiale Eglise romane

Abbatiale Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille

  • Place de l'Abbatiale
  • 43150 Le Monastier-sur-Gazeille
43150 Le Monastier-sur-Gazeille, Place de l'Abbatiale

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIe siècle
Fondation ermite
817
Adoption règle bénédictine
1074–XIIe siècle
Construction abbatiale romane
1518
Installation de l’orgue
XVe siècle
Reconstruction chœur gothique
1787
Fermeture de l’abbaye
1840
Classement Monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Calminius - Fondateur ermite (VIIe siècle) Seigneur gallo-romain à l’origine du monastère.
Saint Théofrède (saint Chaffre) - Abbé et saint patron Neveu de saint Eudes, adopte la règle bénédictine.
Guillaume III - Abbé constructeur (XIe siècle) Lance la construction de l’abbatiale romane.
Gaspard de Tournon - Commanditaire de l’orgue (1518) Fait installer l’un des plus vieux orgues d’Europe.
Robert Louis Stevenson - Écrivain voyageur (1878) Débute son périple cévenol depuis Le Monastier.

Origine et histoire de l'Abbatiale Saint-Chaffre

L’abbatiale Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille, située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes, trouve ses origines au VIIe siècle. Calminius, un seigneur gallo-romain inspiré par saint Martin de Tours, s’installe en ermite au lieu-dit le Villars et fonde une communauté religieuse. Au IXe siècle, sous l’influence de saint Théofrède (ou saint Chaffre), le monastère adopte la règle bénédictine en 817 et connaît un essor majeur. L’église actuelle, construite à partir de 1074 sous l’abbé Guillaume III, remplace plusieurs édifices instables, dont une grande église du Xe siècle effondrée en raison de fondations défaillantes.

L’abbatiale, achevée au XIIe siècle, devient un chef-d’œuvre de l’art roman auvergnat, célèbre pour sa façade polychrome et sa frise sommitale unique. Au XVe siècle, le chœur gothique est reconstruit par les abbés Vital Hérailh et François d’Estaing, tandis que la tour des cloches et le jubé sont ajoutés. L’abbaye, rattachée à Cluny à la fin du XVIe siècle, décline jusqu’à sa fermeture définitive en 1787. Son orgue de 1518, restauré en 1985, compte parmi les plus anciens d’Europe.

Le monastère joue un rôle central dans la vie locale, notamment grâce à l’institution des Béates au XVIIe siècle, qui alphabétise la population. Le bourg, prospère sur une voie commerciale entre le Massif central et la vallée du Rhône, subit pillages (guerre de Cent Ans) et incendies (guerres de Religion). Au XIXe siècle, l’abbatiale est classée Monument historique (1840), préservant son héritage architectural. Aujourd’hui, elle abrite des expositions et concerts, tandis que le château adjacent, reconstruit au XVIe siècle, accueille un musée.

Le site est aussi marqué par des figures comme Robert Louis Stevenson, qui entame en 1878 son Voyage avec un âne dans les Cévennes depuis Le Monastier. La Transcévenole, ligne ferroviaire inachevée du XXe siècle, illustre les espoirs de désenclavement du village. L’abbatiale reste un symbole de la richesse historique et culturelle du Velay, entre patrimoine religieux, artisanat (dentelle) et traditions linguistiques (patois vellave).

Liens externes

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