Frise chronologique
828
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
828 (≈ 828)
Création par Wilfred, comte de Bourges.
830
Confirmation royale
Confirmation royale
830 (≈ 830)
Pépin Ier d’Aquitaine valide la fondation.
868
Transfert des reliques
Transfert des reliques
868 (≈ 868)
Corps de saint Genou placé dans l’abbatiale.
994
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
994 (≈ 994)
Travaux de l’abbatiale actuelle initiés.
1066
Consécration par Aymon de Bourbon
Consécration par Aymon de Bourbon
1066 (≈ 1066)
Autel provisoire dans la nef disparue.
1580
Destruction des archives
Destruction des archives
1580 (≈ 1580)
Par l’abbé commendataire Gilles Quinault.
1676
Démolition de la nef
Démolition de la nef
1676 (≈ 1676)
Ordonnée par Louis Fumée, abbé commendataire.
1776
Cession au diocèse de Bourges
Cession au diocèse de Bourges
1776 (≈ 1776)
Bâtiments cédés par Claude de Bonnal.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l’abbatiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Wilfred - Comte de Bourges |
Fondateur de l’abbaye en 828. |
| Ode - Épouse de Wilfred |
Co-fondatrice de l’abbaye. |
| Pépin Ier d’Aquitaine - Roi d’Aquitaine |
Confirme la fondation en 830. |
| Dodon - Abbé de Saint-Savin-sur-Gartempe |
Premier responsable de l’abbaye (828-843/844). |
| Saint Genou (Genulphe) - Évêque de Cahors et évangélisateur |
Reliques transférées dans l’abbatiale. |
| Aymon de Bourbon - Archevêque de Bourges |
Consacre l’abbatiale en 1066. |
| Gilles Quinault - Abbé commendataire |
Détruit les archives en 1580. |
| Louis Fumée - Abbé commendataire |
Ordone la démolition de la nef (1676). |
| Claude de Bonnal - Abbé commendataire |
Cède les bâtiments en 1776. |
Origine et histoire
L’abbatiale Saint-Genou est le seul vestige subsistant de l’abbaye bénédictine fondée en 828 par Wilfred, comte de Bourges, et son épouse Ode, au hameau de Strada (devenu Estrées). Confirmée par Pépin Ier d’Aquitaine en 830, l’abbaye fut d’abord dirigée par Dodon, abbé de Saint-Savin-sur-Gartempe, avant d’être détruite par les Normands et les Hongrois. Reconstruite à proximité de son emplacement initial, elle abritait depuis une date indéterminée les reliques de saint Genou, un évangélisateur de la Gaule au IIIe siècle, dont le corps fut transféré dans la nouvelle abbatiale en 868, accompagné d’un diplôme attribuée à Pépin le Bref (dont l’authenticité est douteuse).
La reconstruction de l’abbatiale débuta vers 994, selon les sources, et fut consacrée en 1066 par l’archevêque de Bourges, Aymon de Bourbon. Cependant, les archives de l’abbaye, détruites en 1580 par l’abbé commendataire Gilles Quinault, limitent les connaissances précises sur cette période. L’analyse architecturale révèle que le chœur actuel, influencé par les abbatiales de Saint-Benoît-sur-Loire (1080-1110) et de Plampied (début XIIe siècle), daterait du début du XIIe siècle. L’acte de consécration de 1066 concernerait ainsi un autel provisoire dans une nef aujourd’hui disparue.
Au XVIIe siècle, l’abbatiale, mal entretenue, vit sa nef démolie en 1676 par l’abbé commendataire Louis Fumée, qui préféra cette solution à une restauration. Un siècle plus tard, en 1776, l’abbé Claude de Bonnal céda les bâtiments restants au diocèse de Bourges, conservant seulement les revenus du domaine. Classée monument historique dès 1862, l’abbatiale dépend aujourd’hui de l’archidiocèse de Bourges et de la paroisse de Buzançais, témoignant d’un passé religieux et architectural riche, malgré les destructions et les transformations subies au fil des siècles.
La Vita sancti Genulphi évoque l’envoi de saint Genou (ou Genulphe) par le pape Sixte IV pour évangéliser la Gaule au IIIe siècle. Consacré évêque de Cahors, il mourut à Selles-sur-Nahon (anciennement Selles-sur-le-Diable), où il aurait accompli des miracles. Les moines d’Estrées reçurent son corps dans des circonstances restées obscures, renforçant le prestige spirituel de l’abbaye. Les reliques, transférées dans l’abbatiale avec d’autres objets donnés par Pépin le Bref, firent de ce lieu un centre de pèlerinage et de dévotion médiéval.
L’abbatiale s’inscrit dans la région naturelle du Boischaut Nord, à l’ouest du département de l’Indre. Son architecture, marquée par des influences romanes, reflète les échanges artistiques de l’époque entre les grands centres monastiques de la région, comme Saint-Benoît-sur-Loire. Malgré la perte de sa nef et de ses archives, elle reste un exemple significatif du patrimoine religieux du Centre-Val de Loire, illustrant à la fois les vicissitudes historiques et la persistance de la foi chrétienne dans cette zone rurale.