Frise chronologique
720
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
720 (≈ 720)
Création par saint Sigisbaud, évêque de Metz.
765
Transfert des reliques
Transfert des reliques
765 (≈ 765)
Arrivée des reliques de saint Nabor.
1515–1520
Reconstruction romane
Reconstruction romane
1515–1520 (≈ 1518)
Édifice remplacé au XVIIIe siècle.
1754–1769
Construction actuelle
Construction actuelle
1754–1769 (≈ 1762)
Style classique par Dom Léopold Durand.
1792
Désaffectation monastique
Désaffectation monastique
1792 (≈ 1792)
Devenue église paroissiale après la Révolution.
5 avril 1930
Classement MH
Classement MH
5 avril 1930 (≈ 1930)
Protection de l’édifice et de ses boiseries.
2 août 1944
Bombardement allié
Bombardement allié
2 août 1944 (≈ 1944)
Destruction partielle (vitraux, retable).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Boiseries anciennes ainsi que le bas-relief : classement par arrêté du 10 septembre 1923 ; Eglise, sauf parties classées : inscription par arrêté du 5 avril 1930
Personnages clés
| Saint Sigisbaud - Évêque de Metz (VIIIe s.) |
Fondateur de l’abbaye originale. |
| Saint Chrodegang - Évêque de Metz et ministre |
Introduit la règle bénédictine en 765. |
| Dom Léopold Durand - Architecte bénédictin |
Conçoit l’abbatiale actuelle (1754–1769). |
| Jean des Porcelets de Maillane - Abbé commendataire (1582–1624) |
Lié à la crucifixion du XVIe siècle. |
| Barthélémy Chevreux - Facteur d’orgues (1770) |
Auteur des grandes orgues classées. |
| Arthur Schouler - Maître-verrier (XXe s.) |
Créateur des vitraux actuels (1969–1971). |
Origine et histoire
L’abbatiale Saint-Nabor, située à Saint-Avold en Moselle, est l’unique vestige du prieuré bénédictin fondé au VIIIe siècle par saint Sigisbaud, évêque de Metz. L’abbaye, placée sous le vocable de saint Pierre, adopte la règle bénédictine sous saint Chrodegang (ministre de Pépin le Bref) et accueille en 765 les reliques de saint Nabor, martyr romain. La bourgade se développe autour du monastère, prenant son nom actuel par évolution linguistique. Le scriptorium et la protection des évêques de Metz renforcent son prestige médiéval.
L’église abbatiale actuelle, reconstruite entre 1754 et 1769 en style classique par Dom Léopold Durand, remplace un édifice roman du XIe siècle. Elle devient paroissiale en 1792 après la dissolution du monastère lors de la Révolution. Classée monument historique en 1930, elle abrite un riche patrimoine : statues (XVIe siècle), orgues de Chevreux (1770), et vitraux modernes d’Arthur Schouler. Son clocher culmine à 45 mètres, dominant une nef en croix latine couverte de voûtes variées.
L’abbatiale, étape du chemin de Compostelle, symbolise la transition entre le Moyen Âge et l’époque moderne. Son mobilier, comme les boiseries du XVIIIe siècle ou le tableau de l’Assomption (classé en 1979), témoigne de son rôle culturel et religieux. Les bombardements de 1944 détruisent une partie des vitraux et du retable marial du XVe siècle, mais le bourdon de 1920 (6 tonnes) survit, rappelant son histoire tourmentée.
La Révolution marque un tournant : la Constitution civile du clergé (1791) divise la population, provoquant l’émigration de 63 personnes en 1793. L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, paroissiale depuis le XIIIe siècle, est désaffectée en 1792 et partiellement démolie. Ses vestiges, rue de la Salle, révèlent des sarcophages mérovingiens (VIIIe siècle) et un ossuaire médiéval. L’abbatiale, épargnée, incarne la résilience du patrimoine local.
Les artistes lorrains et étrangers (Melling, Metzinger) participent à son embellissement aux XVIIe–XVIIIe siècles. L’orgue, sculpté par Jacques Gounin en 1769, et les peintures munichoises (1905) illustrent cet héritage. La sacristie, avec ses boiseries classées, conserve les armoiries d’un prince-évêque et d’un pape, soulignant les liens entre l’abbaye et les pouvoirs spirituels et temporels.