Frise chronologique
672
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
672 (≈ 672)
Création par saint Berchaire sur don royal.
998
Consécration de l'abbatiale
Consécration de l'abbatiale
998 (≈ 998)
Par l’évêque de Châlons-sur-Marne.
1499
Abbaye en commende
Abbaye en commende
1499 (≈ 1499)
Début des réformes et réparations.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l’abbatiale.
1940-1950
Reconstruction post-bombardement
Reconstruction post-bombardement
1940-1950 (≈ 1945)
Restauration complète de la nef.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saint Berchaire - Fondateur de l'abbaye |
Dota le monastère de terres et reliques. |
| Adson - Abbé (Xᵉ siècle) |
Initiateur de la construction de l’abbatiale. |
| François de Dinteville - Évêque d'Auxerre et abbé commendataire |
Restaura l’abbatiale au XVIᵉ siècle. |
| Émile Boeswillwald - Architecte (XIXᵉ siècle) |
Restaura chœur et chapelle axiale. |
| Jacques Laurent - Architecte en chef (XXᵉ siècle) |
Dirigea la reconstruction post-1940. |
Origine et histoire
L’abbatiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul est l’église d’une ancienne abbaye bénédictine, l’abbaye Notre-Dame de Montier-en-Der, fondée au VIIe siècle par saint Berchaire sur un domaine donné par Childéric II. Située entre la Voire et le Magnentin, elle fut dotée de 21 villages et abritait des reliques prestigieuses, comme le diptyque des Nicomaque et Symmaque. Les premiers habitants furent des prisonniers rachetés par Berchaire, et le bourg se développa autour du monastère.
L’abbatiale actuelle, consacrée en 998 par l’évêque de Châlons-sur-Marne, fut construite sous l’abbatiat d’Adson († 992) et achevée par son successeur Béranger. Sa nef pré-romane, parmi les plus anciennes de France, et son chœur gothique champenois (XIIe siècle) en font un exemple architectural unique. L’abbaye connut son apogée spirituel et intellectuel avec Adson, lié aux grandes figures de son époque.
Au Moyen Âge, l’abbaye fut réformée à plusieurs reprises, notamment en 827 par Haudo, abbé de Stavelot, avec l’appui de Louis le Pieux. Au XIe siècle, la nef fut dotée de tribunes et d’un massif antérieur à tours, tandis que le chœur et la tour de façade furent construits vers 1200. Les XIIIe et XIVe siècles virent la reconstruction des bâtiments monastiques et du chœur, sous l’impulsion de l’abbé Ferry.
L’abbaye, donnée en commende en 1499, subit des dommages durant les guerres (Cent Ans, succession de Bourgogne). François de Dinteville, évêque d’Auxerre, y fit d’importantes réparations au XVIe siècle, incluant la reconstruction de la façade et l’affranchissement des habitants. En 1556, le cardinal Charles de Lorraine finança la réparation des clochers et la fortification de l’enceinte.
À la Révolution, l’abbatiale, épargnée, devint l’église paroissiale après la destruction de Saint-Rémy. Au XIXe siècle, elle fut restaurée par Émile Boeswillwald (chœur, chapelle axiale) et son fils Paul (nef, clocher). Endommagée en 1940 par un bombardement, elle fut reconstruite dès 1941 sous la direction de Jacques Laurent. Aujourd’hui, seule l’abbatiale subsiste, classée Monument Historique depuis 1862.
Le site abrite depuis 1806 le haras de Montier-en-Der, dédié à la race des chevaux ardennais. Les bâtiments abbatiaux, rasés en 1860, furent remplacés par des constructions inscrites aux Monuments Historiques en 2015. L’abbatiale marque le départ de la « route des églises à pans de bois et vitraux de Champagne ».