Construction initiale XIe siècle (≈ 1150)
Édification de la nef et du chœur romans.
XVIe siècle
Réconstructions et pillages
Réconstructions et pillages XVIe siècle (≈ 1650)
Réconstructions partielles et pillages pendant les guerres de religion.
1902-1905
Restauration de la façade
Restauration de la façade 1902-1905 (≈ 1904)
Remplacement de la façade antérieure.
2016-2018
Restauration du clocher
Restauration du clocher 2016-2018 (≈ 2017)
Restauration du clocher menacé d'effondrement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise abbatiale : classement par liste de 1862
Personnages clés
Raoul Glaber
Historien qui a décrit la charpente renversée par un ouragan
Louis XI
Accordé des privilèges à l'abbaye en 1463
Arnaud de Saint-Jouan
Architecte en chef des monuments historiques responsable de la restauration du clocher en 2016-2018
Origine et histoire de l'Abbatiale Saint-Pierre-Saint-Paul
L'abbatiale Saint-Pierre-Saint-Paul de Beaulieu-lès-Loches est l'ancienne église de l'abbaye de la Trinité, édifiée sur les restes d'une fondation du début du XIe siècle attribuée à Foulques Nerra. La fondation et la consécration de l'abbaye font l'objet d'études et de débats : plusieurs chartes ont été analysées par des historiens et la date de la consécration est discutée entre 1007 et 1012. L'édifice primitif se présentait comme une nef unique large de 14 mètres, dont la charpente fut jadis renversée par un ouragan, selon Raoul Glaber. La nef d'origine a été transformée en trois vaisseaux voûtés portés par des piliers et demi-colonnes engagées lors d'une reconstruction qui a substitué des voûtes de pierre à une toiture charpentée. Les parties romanes conservées datent en grande partie du milieu du XIe siècle et sont attribuées à Geoffroy Martel pour abriter le tombeau de son père Foulques, décédé en 1040 ; cette église secondaire aurait été probablement consacrée vers 1052. L'hétérogénéité des maçonneries et les modifications entreprises peu après l'achèvement rendent cependant la datation de l'édifice complexe. La largeur de la nef et l'emploi de pierre de taille témoignent d'un chantier prestigieux et d'un patronage important. Un grand clocher, élevé contre le mur nord de la nef et aligné sur la façade occidentale, a été daté par l'étude des bois de charpente : les poutres proviennent d'arbres abattus entre 1163 et 1164, ce qui situe sa construction dans la décennie 1160-1170 ; il s'élève à 61 mètres. L'abbatiale a souffert des guerres et des calamités : pillages pendant la guerre de Cent Ans, incendie et destruction en 1412 lors du siège de Loches, puis reconstructions partielles aux XVe et début XVIe siècles sous plusieurs abbés qui refirent notamment quatre travées de la nef et la tour-lanterne renversée par un ouragan en 1451. Louis XI accorda des privilèges à l'abbaye en 1463 et l'abbé obtint en 1480 le titre de seigneur baron avec justice basse, moyenne et haute. Au XVIe siècle, pendant les guerres de religion, la ville et l'abbaye furent pillées en 1562, les reliques seules ayant été sauvées. Le toit de l'église fut emporté à deux reprises par des ouragans, notamment le 9 juillet 1598, qui renversa la charpente sur une grande longueur tout en laissant les murs debout. La réforme de Saint-Maur fut introduite à l'abbaye en 1662 et, au XVIIIe siècle, le clocher du Saint-Sépulcre menaçant ruine fut abattu en 1743 ; à la Révolution il ne restait plus que cinq moines. Après la Révolution, l'église devint paroissiale sous la dédicace Saint-Pierre-Saint-Paul ; au XIXe siècle elle fut classée monument historique en 1862. La façade actuelle de la nef date de 1902-1905 et remplace une façade antérieure figurée sur le dessin de Gaignières après l'adjonction d'une travée. Le grand clocher, menacé d'effondrement, a fait l'objet d'une restauration de septembre 2016 à avril 2018 sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques Arnaud de Saint-Jouan : environ 5 000 blocs de pierre de la flèche ont été déposés, une partie des pierres d'origine réutilisée, et les cloches ont retrouvé leur sonnerie le 1er avril 2018.