Abbatiale Saint-Sauveur d'Aniane dans l'Hérault

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbatiale Eglise de style classique

Abbatiale Saint-Sauveur d'Aniane

  • 16 Rue Porte Montpellier
  • 34150 Aniane
Abbatiale Saint-Sauveur dAniane
Abbatiale Saint-Sauveur dAniane
Abbatiale Saint-Sauveur dAniane
Abbatiale Saint-Sauveur dAniane
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Abbatiale Saint-Sauveur dAniane
Abbatiale Saint-Sauveur dAniane
Abbatiale Saint-Sauveur dAniane
Crédit photo : Michel Germain (1645–1694) Autres noms Dom Germain - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat ; propriété de la commune

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1500
1600
1700
1800
1900
2000
782
Fondation de l'abbaye
777 ou 782
Fondation de l'abbaye
20 mars 822
Donation par Louis le Pieux
1562-1572
Destruction des bâtiments
1633
Réforme mauriste
1635
Arrivée des Mauristes
1661-1680
Première campagne de construction
1679-1714
Construction de l'abbatiale
1714
Achèvement des travaux
1810
Transformation en filature
1845
Création d'une maison centrale
1885
Colonie industrielle
2 février 1945
Institution publique d'éducation surveillée
1994
Désaffectation
2002
Classement Monument historique
9 septembre 2002
Classement de l'église
2 novembre 2004
Classement des bâtiments
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble formé par l'ancienne abbaye et l'ancien pénitencier : en totalité, les sols et sous-sols des parcelles correspondantes à l'ancien enclos abbatial et pénitentiaire et, en totalité, tous les anciens bâtiments monastiques avec leurs prolongements pénitentiaires en connexion avec l'église et le cloître (antérieurs au XXe siècle, à l'exclusion des bâtiments indépendants qui ne leur sont pas physiquement reliés) (cad. BD 173 (parc au sud-est) , 174 (aire et bâtiments principaux) , 175 (aire de l'ancien quartier d'isolement à l'est) , 191 à 193 (bâtiments annexes du nord-ouest) , 889 (aire de l'ancienne maison Vernière) ) : classement par arrêté du 2 novembre 2004 - Le sol d'un terrain de l'ancien domaine monastique situé en prolongement à l'est de l'ancien enclos monastique et pénitentiaire (cad. BD 165, 685, 686, lieudit La Brèche) : inscription par arrêté du 2 novembre 2004

Personnages clés

Benoît d'Aniane Fondateur de l'abbaye et conseiller de Charlemagne.
Denis Plouvier Auteur d'un plan de reconstruction de l'abbaye en 1656.
Saint Benoît d'Aniane Fondateur de l'abbaye et réformateur de l'ordre bénédictin.
Louis le Pieux Empereur carolingien ayant fait une donation à l'abbaye en 822.
Balthazar Pierre Étienne Olive Organiste ayant joué sur l'orgue de l'église abbatiale.
Marie Rouanet Auteur ayant consacré un chapitre aux révoltes de l'institution pénitentiaire.

Origine et histoire de l'Abbatiale Saint-Sauveur

L'ancienne abbaye bénédictine Saint-Benoît, dite abbaye Saint-Sauveur, et l'ancien pénitencier se situent à Aniane, dans l'Hérault. Elle a été fondée en 777 ou 782 par saint Benoît d'Aniane, réformateur de l'ordre bénédictin et conseiller des empereurs carolingiens, acteur de la renaissance intellectuelle et spirituelle de la fin du VIIIe et du début du IXe siècle. Parmi ses biens figuraient des salines dans le pagus de Narbonne, la première mention étant une donation faite par Louis le Pieux le 20 mars 822. Les bâtiments monastiques furent entièrement détruits entre 1562 et 1572. En 1633, la communauté adhéra à la réforme de la Congrégation de Saint-Maur. Un projet de 1661, qui prévoit une église au nord avec une nef rectangulaire bordée de chapelles latérales, sans transept et à chœur réduit, entourée des bâtiments conventuels, correspond au plan réalisé ; la reconstruction commença peu après. La construction de l'abbatiale Saint-Sauveur s'étendit de 1679 à 1714, puis le grand bâtiment ouest et le cloître furent rebâtis, et les travaux se poursuivirent jusqu'à la Révolution. Des parties importantes, notamment le logis abbatial orné dans un style Louis XVI archaïsant, ont été préservées ; à la veille de la Révolution l'église disposait d'un orgue sur lequel joua l'organiste Balthazar Pierre Étienne Olive. Après la Révolution l'église devint paroissiale tandis que les anciens bâtiments conventuels furent transformés en 1810 en filature de coton.

En 1845 l'administration pénitentiaire regroupe les propriétés morcelées de l'ancien enclos abbatial pour créer une maison centrale de détention relevant du ministère de la Justice, accueillant plus de 800 détenus, avec l'ajout de deux ailes parallèles à l'est et d'une caserne. En 1885 la maison centrale devint une « colonie industrielle pour jeunes détenus », puis une Institution publique d'éducation surveillée le 2 février 1945, pouvant recevoir jusqu'à 200 enfants et adolescents pour l'enseignement de métiers industriels ; des extensions furent réalisées en 1951. L'établissement évolua en Institut spécialisé d'éducation surveillée en 1975 avant d'être désaffecté en 1994. Plusieurs révoltes et tentatives d'évasion, durement réprimées, ont marqué l'histoire de cette institution, notamment en 1898 et 1938, période à laquelle Marie Rouanet consacre un chapitre dans Les Enfants du bagne (1994).

Malgré ces vicissitudes, l'abbaye d'Aniane reste l'un des rares ensembles monastiques complets conservés en Languedoc. L'ancienne église abbatiale, toujours affectée au culte catholique comme église paroissiale Saint-Sauveur, a été classée monument historique par arrêté du 9 septembre 2002 ; les bâtiments monastiques et l'ancien pénitencier ont été classés le 2 novembre 2004, une partie du domaine étant inscrite à la même date. En 2010 la Communauté de communes Vallée de l'Hérault a acquis les bâtiments hors église et divers projets de réhabilitation ont été étudiés. Des fouilles archéologiques menées par le CNRS en 2011 ont mis au jour des éléments carolingiens (750-900) et médiévaux, notamment une fontaine du XVIIe siècle et le dallage d'un bassin probablement destiné à l'élevage de poissons pour la communauté monastique. La bibliographie et les ressources disponibles comprennent des travaux de Dom Michel Germain, Honoré Fisquet, Claude Devic, Léon Cassan et Edmond Maynial, Louis Barthès, Jean‑Marie Pérouse de Montclos et Geneviève Durand, Jacques Bourquin, André Bonnery, Laurent Schneider, ainsi que des notices et documents en ligne dans l'inventaire Mérimée, les bases VIAF et BnF et les sites de la Communauté de communes Vallée de l'Hérault et de la région.

Liens externes