Fondation de l’abbaye vers 604 (≈ 604)
Création par Glossinde de Champagne, fille du duc Wintrio.
951
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église 951 (≈ 951)
Ordonnée par l’évêque Adalbéron Ier.
1552
Prise de Metz par les Français
Prise de Metz par les Français 1552 (≈ 1552)
Le monastère est partiellement enseveli sous des fortifications.
1647
Mort de Louise de La Valette
Mort de Louise de La Valette 1647 (≈ 1647)
Abbesse ayant restauré l’abbaye et l’église.
1752-1756
Construction de l’église rococo
Construction de l’église rococo 1752-1756 (≈ 1754)
Dirigée par les sœurs Hotman et les architectes Barlet et Louis.
1792
Expulsion des religieuses
Expulsion des religieuses 1792 (≈ 1792)
L’abbaye devient dépôt militaire pendant la Révolution.
1802
Siège de l’évêché de Metz
Siège de l’évêché de Metz 1802 (≈ 1802)
Attribution à l’évêque Pierre-François Bienaymé.
1978
Classement monument historique
Classement monument historique 1978 (≈ 1978)
Protection de la chapelle et de ses décors.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle Sainte-Glossinde, y compris le porche ; les petit et grand vestibules ; la chapelle de l'Evêque au premier étage ; la salle du tribunal ecclésiastique (ancienne salle du Chapitre) avec son décor, au rez-de-chaussée (cad. 29 47, 95/45) : classement par arrêté du 7 septembre 1978 - Les façades et toitures du pavillon d'entrée ; les façades et toitures du palais épiscopal proprement dit ainsi que le grand escalier, la pièce voutée avec la grande cheminée, l'ancienne cuisine, la bibliothèque, la salle du conseil au rez-de-chaussée ; les façades et toitures du bâtiment administratif, ainsi que les pièces du rez-de-chaussée (sauf salle du tribunal ecclésiastique classée) ; le jardin avec ses murs de clôture (cad. 29 47, 95/48, 49) : inscription par arrêté du 7 septembre 1978
Personnages clés
Glossinde de Champagne - Fondatrice de l’abbaye
Fille du duc Wintrio, devenue moniale en 604.
Adalbéron Ier - Évêque de Metz
Restaure l’abbaye et construit une église en 951.
Louise de La Valette - Abbesse réformatrice
Rebâtit l’église et rétablit la règle bénédictine (1606-1647).
Marguerite-Vincente et Marguerite-Éléonore Hotman - Abbesses bâtisseuses
Commanditent l’église rococo (1752-1756).
Jean Girardet - Peintre de la coupole
Auteur de la fresque apocalyptique en 1756.
Élisabeth Claire de Choiseul Beaupré - Dernière abbesse
Expulsée en 1792 pendant la Révolution.
Origine et histoire
L’abbatiale Sainte-Glossinde de Metz est l’église d’une ancienne abbaye bénédictine fondée vers 604 par Glossinde de Champagne, fille du duc Wintrio. Selon la légende, Glossinde, refusant un mariage forcé, se réfugie à la cathédrale de Metz où un ange lui remet le voile des moniales. Son père, résigné, lui offre alors un terrain près des remparts pour y fonder un monastère bénédictin, peuplé de cent vierges consacrées. Glossinde meurt en 610, et ses reliques, vénérées pour leurs miracles, sont transférées en 836 dans l’église principale du couvent, qui prend son nom.
Au fil des siècles, l’abbaye subit de nombreuses transformations. Au Xe siècle, l’évêque Adalbéron Ier restaure ses biens et fait construire une nouvelle église en 951. Au XVe siècle, des fortifications militaires imposent la destruction partielle du monastère. En 1552, Metz passe sous contrôle français, et le monastère est partiellement enseveli sous des remparts. Au XVIIe siècle, l’abbesse Louise de La Valette restaure l’abbaye, rebâtit l’église et rétablit la règle bénédictine. Son épitaphe, gravée en 1647, témoigne de son œuvre.
Entre 1680 et 1719, les sœurs Texier d’Hautefeuille, soutenues par Bossuet, réforment spirituellement et matériellement l’abbaye. En 1752, face à la ruine de l’édifice, les abbesses Marguerite-Vincente et Marguerite-Éléonore Hotman lancent la construction d’une nouvelle église de style rococo, achevée en 1756. Charles de Belle-Isle, gouverneur des Trois-Évêchés, participe à sa reconstruction. La fresque de la coupole, peinte par Jean Girardet en 1756, et le maître-autel en marbre du XVIIIe siècle en sont les joyaux.
La Révolution française marque un tournant brutal. En 1792, les religieuses, dont l’abbesse Élisabeth Claire de Choiseul Beaupré, sont expulsées. L’église, vidée de son mobilier, sert de dépôt de grains puis d’étable pour les bœufs de l’armée. Les bâtiments deviennent un hôpital ambulant. En 1802, l’abbaye est attribuée à l’évêque Pierre-François Bienaymé, marquant le début de sa vocation actuelle comme siège épiscopal. Entre 1805 et 1827, elle abrite aussi les grands et petits séminaires.
Au XIXe siècle, l’architecte Nicolas-Maurice Derobe restaure l’abbaye et construit un nouveau portail ionique en 1816. L’orgue Cavaillé-Coll, installé en 1864, et les vitraux du choriste Fritz Geiges (1908) complètent son patrimoine. En 1909, une dernière restauration précède son classement partiel comme monument historique en 1978. Aujourd’hui, l’abbatiale reste le siège de l’évêché de Metz, avec des espaces administratifs et une chapelle ouverte exceptionnellement lors des Journées du patrimoine.
L’architecture rococo de l’abbatiale, unique à Metz, se distingue par sa nef courte réservée aux moniales et son transept pour les laïcs. Le décor sculpté, la fresque apocalyptique de Girardet, et le mobilier liturgique (autels, confessionnaux, lutrin) en font un chef-d’œuvre baroque. Les cryptes gallo-romaines, les épitaphes des religieuses dans la crypte, et l’armoire-autel de la Révolution rappellent son histoire millénaire, mêlant spiritualité, pouvoir politique et adaptations militaires.
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