Origine et histoire de l'Abbatiale Sainte-Valérie
L’abbatiale Sainte-Valérie, située à Chambon-sur-Voueize (Creuse, Nouvelle-Aquitaine), fut fondée en 857 par les moines de l’abbaye Saint-Martial de Limoges pour abriter les reliques de sainte Valérie, menacées par les incursions normandes. Une chapelle est construite vers 985, suivie de l’église romane actuelle, rattachée plus tard à l’ordre de Cluny. Devenue abbatiale au XIIIe siècle, elle fut pillée aux XVe et XVIe siècles par les protestants, puis restaurée et remaniée au XIXe siècle.
En 1412, Jacques II, comte de la Marche, offrit un buste-reliquaire en argent doré pour sainte Valérie, accompagné d’un panneau représentant son martyre. L’abbatiale, de style roman limousin (87 m de long, transept de 38 m), possède deux clochers distincts : la tour des Bourgeois (XIIIe, quadrangulaire) et la tour du Chartrier (XVe, restaurée, abritant archives et trésor). Son porche à voussures et son chevet à cinq absidioles illustrent son importance architecturale.
À l’intérieur, on trouve des boiseries du XIIIe siècle, une chaire du XIXe ornée de statues (saint Michel, saint Jean), et un retable baroque (XVIIe) dans la chapelle Sainte-Valérie. Le trésor, logé dans la tour du Chartrier, conserve un bras reliquaire de saint Julien, le buste de sainte Valérie (XIVe), et un panneau peint du Martyre de sainte Valérie (XIVe). Classée dès 1840, l’abbatiale incarne l’héritage monastique et artistique du Limousin.
Après la Révolution, l’abbatiale devint paroissiale. Ses vitraux modernes, comme celui représentant la décollation de sainte Valérie par son fiancé (légende locale), rappellent son histoire mouvementée. Les fouilles et études récentes (Congrès archéologique de France, 2024) soulignent son rôle dans l’architecture romane régionale, notamment via ses sculptures léonines typiques du comté de la Marche (XIe–XIIIe siècles).