Origine et histoire de l'Abbaye cistercienne de Bellebranche
L'abbaye Notre-Dame de Bellebranche, fondée en 1152 par Robert III de Sablé, est une abbaye cistercienne située à Saint-Brice, dans le sud-est de la Mayenne. Elle est la 389e fondation de l'ordre de Cîteaux, née sous l’influence des seigneurs de Sablé, Château-Gontier et Anthenaise. Les moines y établissent un domaine prospère, incluant étangs, bois, vignes et métairies, grâce aux dons des familles nobles locales.
Au XIVe siècle, l’abbaye subit de graves destructions pendant la guerre de Cent Ans, notamment par les troupes anglaises. Les moines se réfugient alors dans la maison abbatiale, tandis que les bâtiments sont pillés et incendiés. Malgré des tentatives de restauration, comme celle initiée par l’évêque Jean d’Hierray en 1451, l’abbaye peine à retrouver sa splendeur passée. Les conflits religieux du XVIe siècle, notamment les pillages par les huguenots, aggravent encore son déclin.
En 1607, l’abbaye est unie au collège jésuite de La Flèche par une bulle papale, marquant la fin de son autonomie monastique. Les religieux résistent d’abord, mais la mense conventuelle est finalement intégrée au collège en 1686. Les derniers moines quittent les lieux, et les bâtiments, vendus comme biens nationaux en 1793-1794, disparaissent progressivement. Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges, dont la maison abbatiale et la tour Saint-Michel, inscrits aux Monuments historiques.
L’abbaye de Bellebranche était organisée autour d’une église abbatiale en croix latine, d’un cloître et de dépendances comme une infirmerie et des métairies. Son architecture, partiellement documentée par des dessins du XVIIIe siècle, révèle une nef simple avec un clocher en charpente et des baies romanes. Les objets liturgiques, décrits dans un procès-verbal de 1762, témoignent d’un patrimoine artistique modeste mais significatif, avec des antependiums et un buffet d’orgue.
Les archives de l’abbaye, conservées aux Archives départementales de la Sarthe et de la Mayenne, offrent un éclairage précieux sur son histoire. Parmi les documents figurent des chartes médiévales, des registres de dons et des correspondances liées aux conflits qui ont marqué son existence. Ces sources permettent de retracer son évolution, depuis sa fondation jusqu’à sa disparition progressive après la Révolution.
L’abbaye était étroitement liée aux familles nobles de la région, comme les Sablé et les Château-Gontier, qui y furent inhumées. Leurs tombes, pillées lors des guerres, symbolisent le déclin de ce monastère autrefois puissant. Aujourd’hui, le site, partiellement restauré, rappelle l’importance des abbayes cisterciennes dans le paysage religieux et économique de l’Ouest de la France.