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Abbaye à Oigny en Côte-d'or

Abbaye
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Abbaye
Abbaye
Crédit photo : Claude PIARD - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1700
1800
1900
2000
1106
Fondation de l'abbaye
1269
Visite de Saint Louis
XVIIe siècle
Construction du logis abbatial
1796
Vente après la Révolution
1840
Incendie de l'abbatiale
1990
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiment conventuel ; logis abbatial ; dépendances ; grange ; colombier ; façades et toitures des remises, des écuries, du cellier à l'Est, de la tuilerie à l'Ouest et de la porterie ; sols de l'ancienne église et de l'ancien cloître ; terrasse qui borde la Seine, y compris la fontaine datée ; jardin de buis entre la Seine et le logis abbatial, y compris le vivier ; pont sur la Seine qui relie la terrasse et le jardin ; portail Est, vestiges du mur d'enceinte de l'abbaye ; vestiges des murs de l'ancienne église (cad. C 1 à 4, 7, 49, 58 à 62, 74) : inscription par arrêté du 12 juillet 1990

Personnages clés

Albéric de Cîteaux - Moine réformateur Refuge à Oigny avant Cîteaux.
Étienne Harding - Co-fondateur de Cîteaux Séjour à Oigny avant 1098.
Saint Louis - Roi de France Visita l’abbaye en 1269.
Claude Bouthillier - Abbé commendataire Modernisa l’abbaye au XVIIe siècle.
Octave Terrillon - Chirurgien Propriétaire et pionnier de l’asepsie.
Pierre Bouëttin - Abbé génovéfain Nommé en 1760 après un conflit religieux.

Origine et histoire

L’abbaye d’Oigny, initialement nommée « abbaye royale de Notre-Dame d’Oigny », fut fondée en 1106 par des chanoines augustins sur un site déjà occupé par une communauté monastique plus ancienne. Au XIe siècle, Albéric de Cîteaux et Étienne Harding, futurs fondateurs de l’ordre cistercien, y trouvèrent refuge avant de quitter Molesme. Le monastère connut une effervescence spirituelle au XIIe siècle, liée à la création des ordres cisterciens et prémontrés, grâce à des échanges de textes entre leurs initiateurs. Son développement matériel fut notable, malgré des ventes de terres aux XVIIe et XVIIIe siècles pour régler des litiges.

Au XIIIe siècle, l’abbaye, riche et influente, bénéficia de la visite de Saint Louis en 1269 avant son départ pour la Terre Sainte. Elle abritait alors des reliques de saint Baudry et possédait un hôtel particulier à Dijon. Les guerres de Religion et la commende (abbés nommés par le roi) marquèrent son déclin, avec des conflits internes et une gestion parfois négligente. Au XVIIe siècle, la famille Bouthillier de Chavigny, proche de Louis XIII et XIV, modernisa les lieux en construisant un logis abbatial et en aménageant des jardins en terrasse inspirés de l’Italie.

La Révolution française entraîna la saisie des biens de l’abbaye en 1789 et sa vente en 1796 à des familles locales, les Dumaine puis les Terrillon. Ces derniers transformèrent une partie des bâtiments en exploitation agricole et en demeure bourgeoise, appelée « château d’Oigny ». Un incendie en 1840 détruisit l’abbatiale, dont les vestiges furent démolis. La famille Terrillon, propriétaire pendant deux siècles, y inclut le chirurgien Octave Terrillon, pionnier de l’asepsie. En 1990, l’abbaye fut inscrite aux Monuments Historiques, et en 2017, une partie fut vendue à de nouveaux propriétaires, ouvrant certains espaces au public.

L’architecture de l’abbaye, hétéroclite, reflète ses transformations successives. Le bâtiment conventuel du XIIIe siècle, long de 60 mètres, abrite une charpente remarquable en « coque de bateau renversée ». Le logis abbatial du XVIIe siècle, construit sur l’emplacement des anciennes cuisines, illustre l’embourgeoisement des moines. Les jardins en terrasse, redécouverts en 2018, et l’ermitage Notre-Dame du Val de Seine, lieu de pèlerinage jusqu’au XVIIIe siècle, témoignent de son patrimoine paysager et spirituel.

L’abbaye d’Oigny joua un rôle clé dans l’histoire monastique bourguignonne, notamment comme intermédiaire entre les ordres cisterciens et prémontrés. Son coutumier servit de modèle pour l’organisation de l’ordre des Prémontrés, bien qu’elle n’ait jamais essaimé en congrégation. Les archives, conservées aux Archives départementales de Côte-d’Or, offrent un aperçu précis de sa gestion et de ses possessions, s’étendant sur des communes comme Alise-Sainte-Reine ou Venarey-les-Laumes. Aujourd’hui, une partie des bâtiments reste privée, tandis que d’autres espaces, dont les jardins, sont accessibles au public.

Liens externes