Frise chronologique
974
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
974 (≈ 974)
Par Hugues IV de Nordgau et Helwilde.
999
Création de l’atelier monétaire
Création de l’atelier monétaire
999 (≈ 999)
Concession de l’empereur Otton III.
1153
Confirmation du droit monétaire
Confirmation du droit monétaire
1153 (≈ 1153)
Charte de Frédéric Ier pour les monnaies.
1262
Destruction partielle
Destruction partielle
1262 (≈ 1262)
Par les troupes strasbourgeoises en révolte.
1606
Affiliation à Bursfelde
Affiliation à Bursfelde
1606 (≈ 1606)
Réforme de la congrégation bénédictine.
1724–1728
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1724–1728 (≈ 1726)
Par l’architecte Peter Thumb, style baroque.
1791
Suppression de l’abbaye
Suppression de l’abbaye
1791 (≈ 1791)
Conséquence de la Révolution française.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maître-autel : classement par décret du 12 mai 1932 ; Façade à pignon sur rue et portail Renaissance de l'ancienne maison abbatiale actuellement presbytère : inscription par arrêté du 28 juillet 1937 ; Eglise, actuellement église paroissiale Saint-Cyriaque (cad. A 180) : classement par arrêté du 21 mars 1983
Personnages clés
| Hugues IV de Nordgau - Comte d’Eguisheim et fondateur |
Fonda l’abbaye en 974 avec Helwilde. |
| Léon IX - Pape (XIe siècle) |
Consacra l’autel et offrit des reliques. |
| Frédéric Ier Barberousse - Empereur romain germanique |
Confirma le droit monétaire en 1153. |
| Peter Thumb - Architecte (XVIIIe siècle) |
Reconstruit chœur et bâtiments conventuels. |
| Cyriakus Spitz - Dernier abbé d’Altorf |
Présent lors de la suppression en 1791. |
Origine et histoire
L’abbaye d’Altorf, située dans le village alsacien d’Altorf (Bas-Rhin), fut fondée en 974 par Hugues IV de Nordgau, comte d’Eguisheim, et son épouse Helwilde, famille dont est issu le pape Léon IX. La chapelle initiale fut consacrée par l’évêque de Strasbourg, Erchenbald, en présence de l’abbé de Cluny, Maïeul. Destinée à servir de sépulture familiale, l’abbaye bénéficia dès l’origine du droit de battre monnaie, confirmé en 1153 par l’empereur Frédéric Ier. Ses monnaies portaient l’effigie de saint Cyriaque, devenu patron principal après la consécration d’un autel par Léon IX au XIe siècle, remplaçant saints Barthélemy et Grégoire le Grand.
La nef romane de l’église abbatiale, construite entre les XIIe et XIIIe siècles, fut complétée par un transept et un chœur baroque au XVIIIe siècle. L’abbaye connut de multiples destructions, notamment en 1262 par les troupes strasbourgeoises, puis lors des guerres des Paysans (1525) et de Trente Ans (1618–1648). Reconstruite à plusieurs reprises, elle fut affiliée à la Congrégation de Bursfelde en 1606, puis incorporée à celle de Strasbourg en 1624. Son atelier monétaire, actif depuis 999, cessa définitivement en 1296, ses droits passant à l’évêché de Strasbourg. Le reliquaire de saint Cyriaque, orné de plaques d’argent et de médaillons en cuivre doré, devint un objet de vénération majeur, attirant des pèlerins souffrant d’épilepsie ou de fièvre.
Au XVIIIe siècle, l’abbaye fut profondément remaniée : Peter Thumb, architecte autrichien, reconstruit le chœur et le transept (1724–1728), tandis que les bâtiments conventuels furent réorganisés autour d’un cloître et d’un jardin intérieur. L’étang abbatial, élargi en 1734, servait à l’élevage de poissons, conformément à la règle bénédictine. Supprimée en 1791 lors de la Révolution, l’abbaye fut temporairement convertie en hôpital militaire. Aujourd’hui, l’église Saint-Cyriaque, classée monument historique en 1983, conserve des éléments romans, baroques, et le buste reliquaire de saint Cyriaque, restauré au XIXe siècle.
L’abbaye abritait également une chapelle dédiée à saint Michel, fondée avant 1192 pour une communauté de moniales disparue en 1262. Les fouilles du XVIIIe siècle révélèrent des vestiges de ce monastère, situé dans l’enceinte de l’abbaye. Le site, marqué par des reconstructions successives, témoigne de huit siècles d’histoire monastique, depuis sa fondation par les Eguisheim jusqu’à sa dissolution. Les derniers bâtiments conventuels, partiellement démolis après 1791, laissent place à des vestiges comme la porterie du XVIIe siècle et une grille datée de 1753.
Parmi les abbés marquants, Cyriakus Spitz assista à la suppression de l’abbaye en 1791, tandis que Laurent Klein, décédé en 1732, est commémoré par une croix funéraire près du chœur. L’abbaye, propriété de la commune depuis le XIXe siècle, est protégée pour son maître-autel (classé en 1932), sa façade Renaissance (1937), et l’église elle-même (1983). Son histoire est documentée par des archives et des fouilles, révélant son rôle religieux, économique (droit monétaire), et social en Alsace.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site de la ville ci-dessus.