Frise chronologique
880
Fondation par Richarde
Fondation par Richarde
880 (≈ 880)
Création de l’abbaye par l’impératrice carolingienne.
1049
Béatification de Richarde
Béatification de Richarde
1049 (≈ 1049)
Canonisation par le pape Léon IX.
1160
Reconstruction après incendie
Reconstruction après incendie
1160 (≈ 1160)
Église rebâtie avec voûtes gothiques.
1288
Titre de princesse d’Empire
Titre de princesse d’Empire
1288 (≈ 1288)
Droit de vote aux Diètes impériales.
1686
Traité avec Louis XIV
Traité avec Louis XIV
1686 (≈ 1686)
Autonomie confirmée malgré l’annexion française.
1789
Fin de l’abbaye
Fin de l’abbaye
1789 (≈ 1789)
Dissolution à la Révolution.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Richarde de Souabe - Fondatrice et impératrice |
Épouse de Charles III le Gros, béatifiée. |
| Léon IX - Pape (1049–1054) |
Canonisa Richarde et visita Andlau. |
| Hadewitz - Abbesse (vers 1130) |
Commanda le portail roman sculpté. |
| Brigitte de Bavière - Princesse-abbesse (1024–1056) |
Sœur de l’empereur Henri II. |
| Louis XIV - Roi de France |
Confirma les privilèges en 1686. |
Origine et histoire
L'abbaye d'Andlau, fondée en 880 par l'impératrice Richarde, épouse de Charles III le Gros, est une abbaye bénédictine située dans le val d'Eléon, à Andlau (Bas-Rhin). Selon la légende, Richarde, accusée à tort d’inconduite, aurait prouvé son innocence par l’épreuve du feu avant de fonder le monastère à l’emplacement indiqué par une ourse, symbole encore associé à l’abbaye. Béatifiée en 1049 par le pape Léon IX, elle y vécut ses dernières années après sa répudiation.
L’abbaye, dédiée au Saint-Sauveur puis à Notre-Dame, jouissait d’un statut exceptionnel : ses abbesses, nommées princesses d’Empire, disposaient d’un droit de vote aux Diètes du Saint-Empire germanique dès 1288. Les chanoinesses, issues de la noblesse, pouvaient quitter le couvent pour se marier, seule l’abbesse prononçant des vœux perpétuels. Ce privilège fut confirmé par Louis XIV en 1686, malgré l’annexion française de l’Alsace, grâce à la résistance des religieuses.
L’église abbatiale, reconstruite après un incendie en 1160, mêle influences romanes et gothiques. Son portail et sa frise, commandés vers 1130 par l’abbesse Hadewitz, témoignent de son rayonnement artistique. La crypte, dédiée à Notre-Dame, accueillait un pèlerinage marial quotidien. L’abbaye posséda des domaines en Alsace (Marlenheim, Wagenbourg) et en France (abbaye d’Étival), et conservait des bulles papales aux Archives du Bas-Rhin.
La Révolution mit fin à son prestige en 1789. Aujourd’hui, seuls subsistent l’église abbatiale, classée Monument Historique dès 1846, et quelques bâtiments comme le porche. L’abbaye illustre l’indépendance des institutions ecclésiastiques féminines face aux pouvoirs séculiers, ainsi que l’héritage carolingien en Alsace.
Parmi les 40 princesses-abbesses recensées, certaines marquèrent l’histoire, comme Brigitte de Bavière (sœur de l’empereur Henri II) ou Mathilde de Carinthie (sœur de Conrad II le Salique). Leur titre de princesse d’Empire reflétait l’autonomie politique de l’abbaye, même après son rattachement à la France sous Louis XIV.