Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Abbaye d'Auchy à Auchy-lès-Hesdin dans le Pas-de-Calais

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye

Abbaye d'Auchy

    9 Rue de la Place
    62770 Auchy-lès-Hesdin
Propriété de la commune
Abbaye dAuchy
Abbaye dAuchy
Abbaye dAuchy
Abbaye dAuchy
Abbaye dAuchy
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
710
Fondation de l’abbaye
1072
Reconstruction post-normande
1269
Protection de Robert II d’Artois
1415
Sépultures après Azincourt
1616
Reconstruction des voûtes
1804
Conversion en filature
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : inscription par arrêté du 10 juin 1926

Personnages clés

Adalscar - Comte d’Hesdin et fondateur Fonda l’abbaye en 710 avec sa famille.
Saint-Sylvain de Toulouse - Évêque et évangélisateur Enterré dans l’abbaye en 718.
Robert II d’Artois - Protectorat en 1269 Prit l’abbaye sous sa protection.
Jacques Dampierre de Châtillon - Amiral de France Enterré ici après Azincourt (1415).
Jean-Baptiste Say - Industriel et entrepreneur Installa une filature en 1804.

Origine et histoire

L’abbaye d’Auchy trouve ses origines en 710, lorsque Adalscar, comte d’Hesdin, son épouse Aneglia et leur fille Sicherdre la fondent pour honorer Saint-Sylvain de Toulouse (ou Sylvin), ancien courtisan de Thierry III devenu évêque. Ce dernier, après des pèlerinages à Jérusalem et Rome, évangélisa la région de Thérouanne (Pas-de-Calais) avant d’y être enterré en 718. Le monastère, initialement détruit par les Normands, est reconstruit en 1072 par les comtes d’Hesdin, puis confié en 1077 aux bénédictins de l’abbaye Saint-Bertin. La première charte connue, datée de 1079, est souvent confondue à tort avec l’acte de fondation.

Au XIIIe siècle, l’abbaye prospère sous la protection de Robert II d’Artois (à partir de 1269). Un effondrement partiel en 1280 laisse subsister des vestiges de l’église primitive, dont les piles de la nef (milieu XIIe siècle) et du chœur (vers 1200). Le site devient un lieu d’inhumation notable après la bataille d’Azincourt (1415), accueillant des chevaliers tués au combat, comme l’amiral Jacques Dampierre de Châtillon. La guerre contraignit les moines à fuir entre 1435 et 1457, période durant laquelle l’abbaye reste déserte.

Les XVIe et XVIIe siècles marquent une ère de destructions et reconstructions : incendiée en 1537, l’abbaye est restaurée au début du XVIIe siècle, mais ses voûtes, effondrées, sont reconstruites en 1616 à un niveau inférieur. Après la Révolution, les bâtiments sont convertis en filature de coton (à partir de 1804) par Jean-Baptiste Say, en partenariat avec les financiers parisiens Grivel et Delessert. Un incendie en 1834 détruit une grande partie des structures, épargnant seulement l’abbatiale, aujourd’hui classée.

L’église abbatiale, dédiée à saint Sylvain puis à saint Georges, présente une façade éclectique : un portail du XIIIe siècle, une fenêtre néo-gothique, et un fronton classique ajouté vers 1840, le tout encadré de tourelles polygonales coiffées de toits d’ardoise. À l’intérieur, la nef compte sept travées couvertes de voûtes reconstruites, tandis que l’abside à pans conserve des traces des modifications successives. Le site, propriété de la commune depuis le XIXe siècle, témoigne de près de 13 siècles d’histoire, entre spiritualité, conflits et révolution industrielle.

Liens externes