Frise chronologique
1140
Fondation par Ascelin l’Ermite
Fondation par Ascelin l’Ermite
1140 (≈ 1140)
Début de la communauté monastique.
1160
Début construction des bâtiments
Début construction des bâtiments
1160 (≈ 1160)
Église et cloître financés par Maurice de Sully.
1188
Rattachement aux Augustins
Rattachement aux Augustins
1188 (≈ 1188)
Mort d’Ascelin, officialisation de l’ordre.
1632
Incendie du logis abbatial
Incendie du logis abbatial
1632 (≈ 1632)
Reconstruction jusqu’en 1634.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Achat par Benjamin Constant en 1795.
1926
Classement des ruines
Classement des ruines
1926 (≈ 1926)
Protection des vestiges de l’église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes de l'église : inscription par arrêté du 2 novembre 1926
Personnages clés
| Ascelin l’Ermite - Fondateur de l’abbaye |
Seigneur de Marly-la-Ville, ermite. |
| Maurice de Sully - Évêque de Paris, mécène |
Finança église et cloître. |
| François Molé - Abbé commendataire (1647-1712) |
Gestion désastreuse des finances. |
| Benjamin Constant - Propriétaire post-révolutionnaire |
Ordonna la démolition en 1796. |
| Georges Mauboussin - Propriétaire au XXe siècle |
Restaura le site entre-deux-guerres. |
Origine et histoire
L’abbaye d’Hérivaux fut fondée en 1140 par Ascelin, surnommé « l’Ermite », seigneur de Marly-la-Ville, qui s’installa dans un vallon isolé près de Luzarches. Rejoint par des compagnons, il défricha les terres et construisit les premiers bâtiments. En 1160, la construction des édifices définitifs débuta, et l’évêque de Paris Maurice de Sully rattacha l’abbaye à l’ordre des Augustins en 1188. L’abbaye prospéra grâce aux dons des seigneurs locaux et aux revenus de nombreuses terres en Île-de-France.
Au XIIIe siècle, Hérivaux devint une paroisse et connut une période de croissance, avec une centaine d’habitants répartis entre le hameau et ses alentours. L’abbaye joua un rôle économique majeur, introduisant des cultures comme la gaude (plante tinctoriale) ou le pavot. Cependant, dès le XVe siècle, la vie monastique déclina : les abbés devinrent commendataires, et la gestion se détériora, notamment sous l’abbé François Molé (1647-1712), dont les dépenses excessives menacèrent les bâtiments.
En 1632, un incendie endommagea gravement le logis abbatial, nécessitant des réparations jusqu’en 1634. Malgré une reconstruction partielle en 1735 financée par le duc de Bourbon-Condé, l’abbaye périclita. La Révolution française sonna son glas : déclarée bien national, elle fut vendue en 1791 à Benjamin Constant, qui fit démolir la plupart des bâtiments entre 1796 et 1801, ne conservant que la ferme et un pavillon. Les ruines actuelles, dont l’église et la grange dîmière, furent classées monuments historiques au XXe siècle.
Au XIXe siècle, le site fut transformé en propriété privée. L’architecte Paul Ruaud y ajouta des ailes néoclassiques pour le joaillier Georges Mauboussin dans l’entre-deux-guerres. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’abbaye servit de lieu de repos pour les officiers allemands. Aujourd’hui, le domaine est divisé en lotissements, mais les vestiges de l’église et la grange dîmière, datée de 1187, restent visibles depuis la route. La grange, remarquable pour ses arcades en arc brisé et ses piliers déversés, témoigne de l’architecture médiévale adaptée à un sol marécageux.
L’église Sainte-Marie, construite entre 1160 et le XIIIe siècle, présentait une nef unique et un transept menant à un logis. Démolie après 1796, il en subsiste des murs partiels et des fondations dégagées en 1913. Trois statues des XIIe-XVIe siècles, non originales, ornent aujourd’hui la façade. Le logis abbatial, reconstruit après l’incendie de 1632, fut transformé en « château » au XXe siècle, perdant toute trace de son aspect médiéval. Les communs, datant de 1820, intègrent des éléments lapidaires d’origine incertaine.