Origine et histoire de l'Abbaye
L'ancienne abbaye Notre-Dame d'Ivry, fondée vers 1071 par Roger d'Ivry, est une ancienne abbaye bénédictine dont les vestiges se dressent à Ivry-la-Bataille, dans l'Eure, en Normandie. Ces vestiges font l'objet d'un classement partiel au titre des monuments historiques par arrêté du 30 janvier 1932 : seuls le portail avec sa statue et l'arcade romane contiguë sont classés. Située au nord et à l'écart de la ville close, l'abbaye a connu plusieurs épisodes marquants : elle fut incendiée en 1087 puis pillée en 1563 lors de la première guerre de Religion, entraînant la perte de l'église abbatiale sous l'abbatiat de Philibert Delorme, qui sera relevée sous Jacques de Poitiers. L'abbaye portait les armes des seigneurs d'Ivry, « d'or à trois chevrons de gueules ». À partir de 1668, Philippe de Vendôme, abbé commendataire, introduisit la réforme de la Congrégation de Saint-Maur, visant à restaurer la discipline monastique, le travail intellectuel et les travaux d'érudition. Supprimée à la Révolution, l'abbaye fut vendue comme bien national en 1791. En 1805, le domaine accueillit une filature de coton, Ritouret Castel, qui installa des mull jennies ; un incendie s'y produisit en avril 1869. Parmi les vestiges visibles subsistent le portail d'entrée, qui a conservé une partie de son décor du troisième quart du XIIe siècle et une statue-colonne, une arcade romane, ainsi que des substructions et un mur renforcé de puissants contreforts dans les propriétés voisines. Selon François-Joseph Mauduit, l'église était richement décorée de tableaux et de statues en bois de hauteur humaine représentant notamment le Christ portant sa croix, la Vierge, saint Benoît et un ange ; ces œuvres furent données par l'acquéreur Levaigneur à l'église paroissiale Saint‑Martin. Les deux cloches de l'abbatiale furent transférées à Breuilpont, échangées avec celles de l'église Saint‑Martin, puis refondues en 1834. L'iconographie conserve une représentation de l'abbaye dans le Monasticon Gallicanum (planche XXII, 1687) et la mairie signale qu'une gravure du plan d'origine, offerte par le collectionneur Gustave de Reiset, figure parmi les documents. Une liste connue des abbés couvre la période 1071–1790 et comporte de nombreux noms cités dans l'histoire de l'abbaye, dont Philibert Delorme, Jacques de Poitiers, Philippe de Vendôme et Jean‑Marie Dulau.