Frise chronologique
vers 1071
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
vers 1071 (≈ 1071)
Par Roger d'Ivry, comte anglo-normand.
1087
Incendie de l'abbaye
Incendie de l'abbaye
1087 (≈ 1087)
Premier sinistre majeur enregistré.
1563
Pillage calviniste
Pillage calviniste
1563 (≈ 1563)
Perte de l'église abbatiale pendant les guerres de Religion.
1668
Réforme par Saint-Maur
Réforme par Saint-Maur
1668 (≈ 1668)
Reconstruction sous Philippe de Vendôme.
1791
Suppression révolutionnaire
Suppression révolutionnaire
1791 (≈ 1791)
Vente comme bien national.
30 janvier 1932
Classement MH partiel
Classement MH partiel
30 janvier 1932 (≈ 1932)
Portail et arcade romane protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Portail avec statue et arcade romane contiguë : classement par arrêté du 30 janvier 1932
Personnages clés
| Roger d'Ivry - Fondateur et comte anglo-normand |
Proche de Guillaume le Conquérant, initiateur de l'abbaye. |
| Philibert Delorme - Abbé (1548–1560) |
En poste lors du pillage de 1563. |
| Philippe de Vendôme - Abbé commendataire (à partir de 1668) |
Supervise la réforme et reconstruction mauriste. |
| Gustave de Reiset - Collectionneur et donateur |
Offrit une gravure du plan original à la mairie. |
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame d'Ivry, fondée vers 1071 par Roger d'Ivry, comte anglo-normand et proche de Guillaume le Conquérant, était un monastère bénédictin situé à l'écart de la ville-enclose d'Ivry-la-Bataille. Issu de la famille des seigneurs d'Ivry, Roger d'Ivry en fit un lieu de pouvoir, marqué par les armes familiales : d'or à trois chevrons de gueules. L'abbaye fut incendiée dès 1087, puis pillée en 1563 par les Calvinistes pendant les guerres de Religion, perdant son église abbatiale sous l'abbatiat de Philibert Delorme.
Au XVIIe siècle, l'abbaye fut réformée par la congrégation de Saint-Maur, qui engagea des reconstructions majeures à partir de 1668 sous l'abbé commendataire Philippe de Vendôme. Comme d'autres monastères normands, elle bénéficia de travaux visant à restaurer la discipline monastique et le patrimoine architectural. Cependant, son déclin s'accéléra avec la Révolution : l'abbaye fut supprimée en 1791 et vendue comme bien national, marquant la fin de son rôle religieux.
Après 1791, le site fut converti en filature de coton en 1805, avant qu'un incendie ne ravage les lieux en 1869. Aujourd'hui, seuls subsistent le portail du XIIe siècle — orné d'une statue-colonne similaire à celles de Chartres — et une arcade romane, classés monuments historiques en 1932. Les vestiges témoignent de son passé prestigieux, tandis que des substructions et contreforts sont encore visibles dans les propriétés voisines. Les œuvres d'art de l'abbaye, comme des statues en bois et des tableaux, furent transférées à l'église Saint-Martin d'Ivry après la Révolution.
L'iconographie de l'abbaye est documentée par le Monasticon Gallicanum (planche XXII, 1687) et une gravure du plan original, offerte à la mairie par Gustave de Reiset. Ces sources, combinées aux archives locales, permettent de retracer partiellement son histoire, de sa fondation médiévale à sa disparition progressive. Les armes des seigneurs d'Ivry, toujours associées au monument, rappellent son lien avec l'aristocratie normande des XIe et XIIe siècles.