Frise chronologique
IVe siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
IVe siècle (≈ 450)
Attribuée à saint Germain ou Garnier.
451
Destruction par les Huns
Destruction par les Huns
451 (≈ 451)
Rebâtie grâce à un trésor découvert.
VIIe siècle
Miracle de sainte Odile
Miracle de sainte Odile
VIIe siècle (≈ 750)
Guérison de sa cécité lors du baptême.
1738-1760
Reconstruction de l’abbatiale
Reconstruction de l’abbatiale
1738-1760 (≈ 1749)
Style néo-roman par Nicolas Nicole, inachevée.
1791
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1791 (≈ 1791)
Conséquence de la Révolution française.
2001
Début de la réhabilitation
Début de la réhabilitation
2001 (≈ 2001)
Restauration complète de l’abbatiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne église abbatiale : classement par arrêté du 12 juillet 1886 - L 'ensemble des façades et toitures des bâtiments, l'ensemble des sols et des sous-sols avec les vestiges archéologiques qu'ils comprennent et les parties suivantes, en totalité : l'entrée dans l'abbaye ; la sacristie sud de l'église ; la cave voûtée des communs ; la partie du logis abbatial, 2, place de l'Abbaye ; les maisons, 6 et 8, place de l'Abbaye (cad. AH 275, 277, 279, 280, 282, 284, 268 à 288, 292, 554, 760, 291, 293 à 300, 759) : inscription par arrêté du 7 mai 2007
Personnages clés
| Sainte Odile (v. 660-720) - Figure religieuse et miraculée |
Retrouva la vue dans l’abbaye. |
| Garnier - Maire du palais de Bourgogne |
Fondateur présumé et donateur du trésor. |
| Angélique-Henriette d'Amas - Abbesse au XVIIIe siècle |
Commanditaire de la reconstruction inachevée. |
| Nicolas Nicole - Architecte bisontin |
Conçut l’abbatiale néo-romane. |
| Jacob de Haan - Compositeur néerlandais |
Auteur d’*Odilia* (2012), hommage musical. |
Origine et histoire
L'abbaye de Baume-les-Dames, aussi appelée abbaye Sainte-Odile, est une abbaye bénédictine fondée au IVe siècle, selon la tradition, par saint Germain, archevêque de Besançon, ou par Garnier, maire du palais de Bourgogne. Son nom est associé à sainte Odile (v. 660-720), qui y aurait retrouvé la vue lors de son baptême, attirant dès lors de nombreux pèlerins. L'abbaye, détruite par les Huns en 451, fut reconstruite grâce à un trésor découvert miraculeusement par le roi Gontran et Garnier.
L'abbaye connut son apogée sous Charlemagne et Louis le Débonnaire, qui en firent mention dans leurs capitulaires. Elle abritait le tombeau du comte Garnier, ouvert en 1768, et possédait des reliques prestigieuses comme celles de saint Maur. Au VIIe siècle, le miracle de sainte Odile, fille aveugle du duc d'Alsace guérie après son baptême, renforça sa renommée. L'abbaye était dirigée par des abbesses nobles, à la tête d’un chapitre de quinze chanoinesses, et jouissait de pouvoirs étendus sur les terres environnantes.
L’église abbatiale actuelle, construite entre 1738 et 1760 dans un style néo-roman par l’architecte Nicolas Nicole, fut commandée par l’abbesse Angélique-Henriette d'Amas. Les travaux s’arrêtèrent en 1760 faute de fonds, laissant inachevée une nef prévue à 44 mètres. L’intérieur, orné de marbres blancs et roses, de stucs et d’un mobilier luxueux, fut en partie dispersé après la Révolution. L’abbaye, fermée en 1791, servit ensuite d’entrepôt, de halle aux grains et de salle des fêtes avant d’être partiellement restaurée à partir de 1982.
Classée Monument Historique en 1886, l’abbatiale a bénéficié depuis 2001 d’un vaste chantier de réhabilitation. Les colonnes détruites lors de l’incendie des Tuileries en 1870 (emportées par Napoléon) ont été remplacées par des colonnes monolithes en calcaire blanc. Aujourd’hui, l’édifice, doté d’un chauffage au sol et d’un éclairage moderne, accueille concerts, expositions et spectacles, redevenant un lieu culturel majeur. Les vestiges archéologiques et les façades des bâtiments annexes ont été protégés en 2007.
L’abbaye était aussi un centre économique : les abbesses exploitaient une papeterie depuis 1464, produisant du papier de chiffe, et un pont à péage sur le Doubs. Elles possédaient les revenus de plusieurs églises locales, comme Saint-Hippolyte ou Dampierre-sur-le-Doubs. La Révolution mit fin à cette prospérité, dispersant mobilier et archives. Des œuvres musicales contemporaines, comme Odilia de Jacob de Haan (2012), perpétuent la légende de sainte Odile.
Les protections actuelles couvrent l’ancienne église abbatiale, classée en 1886, ainsi que les façades, toitures, sols et vestiges archéologiques des bâtiments annexes, inscrits en 2007. L’abbaye, propriété partagée entre la commune et des particuliers, reste un témoignage exceptionnel de l’architecture religieuse du XVIIIe siècle et de l’histoire monastique franc-comtoise.