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Abbaye de Cercanceaux à Souppes-sur-Loing en Seine-et-Marne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Cercanceaux

    Le Bourg77460 Souppes-sur-Loing
Abbaye de Cercanceaux
Abbaye de Cercanceaux
Abbaye de Cercanceaux
Crédit photo : Thor19 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1181
Fondation de l'abbaye
1185
Ambassade à Rome
1201
Quatrième croisade
1323
Scandale de sorcellerie
1429
Siège d'Orléans
1514
Début de la commende
1567
Pillage protestant
1792
Fermeture révolutionnaire
1926
Protection patrimoniale
1995
Début des restaurations
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye de Cercanceau : inscription par arrêté du 14 avril 1926

Personnages clés

Henri Ier Clément - Maréchal de France et fondateur Offrit les terres pour l’abbaye.
Philippe Auguste - Roi de France, protecteur Soutint financièrement l’abbaye.
Eudes - Premier abbé de Cercanceaux Organisateur et ambassadeur à Rome.
Antoine Héroët - Abbé commendataire et humaniste Poète proche de Marguerite de Navarre.
Jean-Jacques Olier - Abbé et fondateur de Saint-Sulpice Démissionna en 1649.
Jeanne d’Arc - Figure historique liée Abbé blessé à ses côtés.
Henry Théodore Dupont - Acheteur révolutionnaire Transforma l’abbaye en papeterie.

Origine et histoire de l'Abbaye de Cercanceaux

L’abbaye de Cercanceaux, fondée en 1181 par les moines de l’abbaye de la Cour-Dieu, s’implante sur des terres offertes par Henri Ier Clément, maréchal de France. Construite en pierre calcaire blanc, elle bénéficie rapidement du soutien de Philippe Auguste, devenant une abbaye « royale ». Les moines cisterciens y défrichent la vallée du Loing, et l’abbaye prospère jusqu’à la Renaissance, malgré des crises comme la guerre de Cent Ans.

Au Moyen Âge, l’abbaye connaît un essor sous l’impulsion d’abbés influents, comme Eudes, envoyé en ambassade à Rome par Philippe Auguste en 1185. En 1201, l’abbé participe même à la quatrième croisade. Cependant, des scandales, comme l’affaire de sorcellerie en 1323 impliquant un abbé et un chat noir, ainsi que les pillages pendant la guerre de Cent Ans, affaiblissent l’abbaye. À la fin du XVe siècle, un abbé combat aux côtés de Jeanne d’Arc lors du siège d’Orléans en 1429.

À partir de 1514, l’institution de la commende marque le déclin de l’abbaye : les abbés, nommés par le roi et non élus par les moines, gèrent les revenus sans respecter la règle monastique. Malgré des réparations sous l’humaniste Antoine Héroët (1538-1567), les guerres de Religion ravagent les lieux. En 1567, le protestant Chevalier du Boulay pille l’abbaye, qui sert aussi de lieu de négociation en 1576 pendant les guerres de Religion. Au XVIIe siècle, la pauvreté de l’abbaye décourage même Jean-Jacques Olier, fondateur de Saint-Sulpice, qui démissionne en 1649.

La Révolution française sonne le glas de l’abbaye : fermée en 1792, ses bâtiments sont vendus comme biens nationaux et transformés en papeterie par Henry Théodore Dupont. L’activité industrielle se poursuit jusqu’au XXe siècle, tandis que les vestiges sont partiellement protégés en 1926. À partir de 1995, une restauration permet de convertir l’abbaye en lieu de réception et de tourisme, ne conservant que la chapelle de l’abbé comme témoin de son passé religieux.

Liens externes

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