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Abbaye de Clarisses-Urbanistes à Montigny-lès-Vesoul en Haute-Saône

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Haute-Saône

Abbaye de Clarisses-Urbanistes

    3-5 Cour de l'Abbaye
    70000 Montigny-lès-Vesoul
Propriété du département ; propriété privée ; propriété d'une société privée
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Abbaye de Clarisses-Urbanistes
Crédit photo : Ginette Mathis - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1700
1800
1900
2000
1286
Fondation de l'abbaye
1725-1729
Construction de l'église
1731
Règlement de Louis XV
1769
Rénovation de la maison abbatiale
1789
32 chanoinesses présentes
1997
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye, y compris le clos et les anciens communs du quartier abbatial (cad. AB 310, 311, 98, 329, 328, 327, 83, 85 à 92, 324, 323, 322, 309, 306, 308, 95, 307, 377, 82, 72, 71, 73, 100) : inscription par arrêté du 9 novembre 1994 - Ensemble des maisons canoniales subsistantes de l'abbaye, y compris le cas échéant leur jardin ; église abbatiale ; quartier abbatial ; cour, y compris les murs de soutènement sur la rue au sud, et jardin en contrebas de l'entrée ouest (actuelle parcelle no 100) (cad. AB 310, 311, 98, 329, 328, 327, 85 à 92, 324, 323, 322, 309, 306, 308, 95, 307, 377, 100) : classement par arrêté du 25 avril 1997

Personnages clés

Héloïse de Joinville - Fondatrice de l'abbaye Sœur de Jean de Joinville, vicomtesse de Vesoul.
Louis XV - Roi de France Édicte un règlement en 1731 sur la noblesse.
Jean-François Tripard - Architecte Conçoit l'église abbatiale (1725-1729).
Jean-Charles Colombot - Architecte Réaménage la maison abbatiale en 1769.
Marie-Charlotte Tricornot du Trembloy - Abbesse Commanditaire de l'escalier en 1769.
Jacques François Marca - Sculpteur Auteur du retable de l'église (1737).

Origine et histoire

L'abbaye de Montigny-lès-Vesoul, dite « abbaye des dames nobles », est fondée en 1286 par Héloïse de Joinville, sœur de Jean de Joinville et veuve de Jean de Faucogney. Initialement conçue comme un couvent de clarisses urbanistes, elle devient un chapitre de dames nobles au XVIIIe siècle. Les religieuses, issues de l’aristocratie, vivent dans des maisons individuelles autour d’une chapelle, avec des règles strictes de noblesse et de dot fixées par Louis XV en 1731.

L’abbaye subit de multiples destructions : ravagée par les Routiers en 1356, les Écorcheurs en 1437, puis incendiée en 1595 et abandonnée pendant la guerre de Dix Ans (1636-1648). En 1686, un nouvel incendie détruit les bâtiments, et faute de fonds, les religieuses obtiennent l’autorisation de construire des maisons privées dans l’enclos abbatial, marquant une individualisation de leur mode de vie.

La reconstruction majeure a lieu au XVIIIe siècle en deux phases : entre 1700 et 1720 (ailes nord et ouest), puis entre 1720 et 1740 (extension du clos capitulaire, église, et maisons canoniales). L’église, construite par Jean-François Tripard (1725-1729), abrite un retable de Jacques François Marca (1737). En 1769, Jean-Charles Colombot réaménage la maison abbatiale, ajoutant un escalier aux armes de l’abbesse Marie-Charlotte Tricornot du Trembloy.

En 1789, l’abbaye compte 32 chanoinesses logeant dans 18 maisons. Vendue comme bien national pendant la Révolution, certaines religieuses rachètent leurs logements ou l’église. Après 1827, le site accueille successivement des carmes déchaussés (1844-1864) et des bénédictines (1874), avant d’être vendu en 1905 après la loi de séparation des Églises et de l’État.

Les vestiges actuels incluent le portail de l’abbatiale (1556), réemployé dans la sacristie, et des éléments des XVIIIe siècle. L’ensemble est classé monument historique en 1994 (inscription) et 1997 (classement), couvrant les maisons canoniales, l’église, le quartier abbatial et ses jardins.

L’abbaye illustre l’évolution des couvents nobles en Franche-Comté, passant d’une communauté religieuse stricte à un chapitre aristocratique, reflétant les tensions entre règles monastiques et privilèges nobiliaires sous l’Ancien Régime.

Liens externes