Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Abbaye de Fontaine-les-Blanches à Autrèche en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Fontaine-les-Blanches

    104 Fontaine des Blanches
    37110 Autrèche
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
Vers 1125
Fondation par des ermites
1134
Devenue abbaye bénédictine
1147
Passage à l’ordre cistercien
1789–1792
Vente comme bien national
14 septembre 1949
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le logis abbatial ; le pavillon des cachots ; la porte Nord de l'abbaye et la porte de l'aile Ouest du cloître (cad. 2001 C4) : inscription par arrêté du 14 septembre 1949

Personnages clés

Geoffroi l'hermite - Fondateur et ermite Co-initiateur de la communauté vers 1125.
Hildebert de Lavardin - Archevêque de Tours Confirme la charte de 1127 et participe à la fondation de 1134.
Odon de Savigny - Premier abbé (1134) Nommé par Geoffroy, abbé de Savigny.
Thibaut IV de Blois - Comte de Blois Confirme les droits de justice en 1131.
Guillaume Dubaut - Acquéreur en 1792 Acheta l’abbaye comme bien national pour 19 200 livres.
Mathilde de Vendôme - Noble inhumée dans l’abbatiale Fille de Bouchard Ratepilate, morte en 1201.

Origine et histoire

L’abbaye de Fontaine-les-Blanches, fondée au début du XIIe siècle par des ermites dont Geoffroi l’hermite et Geoffroi Bullon, s’installe initialement à Autrèche sous le nom de Pont-de-Fontaine. Vers 1125, des seigneurs locaux, dont Renaud de Château-Renault, leur cèdent des terres et des droits (chasse, bois, glands), confirmés en 1127 par Hildebert de Lavardin, archevêque de Tours. En 1134, l’ermitage devient une abbaye bénédictine sous l’autorité de Savigny, avant de rejoindre l’ordre cistercien en 1147, adoptant alors l’habit blanc.

L’abbaye prospère grâce à des dons et des propriétés foncières étendues, incluant des métairies, des moulins et des bois. Au XIIIe siècle, elle possède déjà des droits de justice et une abbatiale dédiée à Notre-Dame, avec trois chapelles (Saint-Hubert, Sainte-Madeleine, Saint-Michel). Les moines y accueillent des sépultures de personnalités, comme Mathilde de Vendôme ou Barthélemy II, archevêque de Tours. Les revenus proviennent aussi de rentes, comme celle d’Isabelle de Blois en 1240 (harengs et huile convertis en 30 sous).

La Révolution française marque un tournant dramatique : l’abbaye est vendue comme bien national en 1792 à Guillaume Dubaut pour 19 200 livres, puis partiellement démolie. Ses stalles du XVe siècle, ses statues et sa cloche sont dispersées dans les églises voisines (Noizay, Pocé-sur-Cisse, Limeray). Aujourd’hui, il reste la porte nord (XVIe siècle), le logis abbatial (XVIIe siècle, avec une salle du XIIIe), un pavillon sur cachots, et des vestiges du cloître. Classée monument historique en 1949, elle illustre le patrimoine cistercien de Touraine.

L’abbaye dépendait initialement de Savigny, avant son rattachement à Cîteaux en 1147. Son nom, Fontaine-les-Blanches, viendrait de la couleur blanche des habits cisterciens, remplaçant les robes grises bénédictines. Parmi ses 48 abbés (1134–1790), certains relèvent de la commende à partir de 1534. Les archives mentionnent aussi des conflits internes lors de sa fondation, entre ermites souhaitant rester indépendants et ceux optant pour une règle monastique structurée.

Les fouilles et études ultérieures (notamment par Carré de Busserolle en 1880 ou Franck Tournadre en 2000) révèlent son importance régionale : avec 465 hectares de terres avant la Révolution, elle était le deuxième plus grand propriétaire foncier après les domaines d’Amboise. Ses vestiges, aujourd’hui sur une propriété privée, rappellent son rôle spirituel, économique et architectural en Touraine.

Liens externes