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Abbaye de Fontainejean à Saint-Maurice-sur-Aveyron dans le Loiret

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye Eglise gothique

Abbaye de Fontainejean

    Fontainejean
    45230 Saint-Maurice-sur-Aveyron
Propriété privée
Abbaye de Fontainejean
Abbaye de Fontainejean
Abbaye de Fontainejean
Abbaye de Fontainejean
Crédit photo : Ange-René Ravault - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1124
Fondation de l’abbaye
1148
Abbaye royale
1173
Consécration de l’église
1217
Canonisation de Guillaume de Bourges
1359
Destruction par Robert Knolles
1562
Massacre des moines
1790
Vente comme bien national
1925
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye de Fontainejean (ruines) : inscription par arrêté du 6 octobre 1925

Personnages clés

Milon de Courtenay - Fondateur et seigneur Initiateur de l’abbaye en 1124.
Pierre Ier de Courtenay - Frère de Louis VII En fait une abbaye royale (1148).
Guillaume de Bourges - Abbé puis archevêque Canonisé en 1217, attire les pèlerins.
Robert Knolles - Capitaine anglais Détruit l’abbaye en 1359.
Odet de Coligny - Abbé commendataire protestant Responsable du massacre de 1562.
Hélène de Courtenay - Dernière descendante Son cœur repose dans l’abbaye (1768).

Origine et histoire

L’abbaye de Fontainejean fut fondée vers 1124 par Milon de Courtenay, seigneur de Cerdagne, comme 8e fille de l’abbaye cistercienne de Pontigny. Les premiers moines, menés par l’abbé Étienne, s’installèrent dans des cellules de branchages avant d’assécher les marécages et d’édifier l’abbaye à partir de 1140. En 1148, Pierre Ier de Courtenay, frère de Louis VII, en fit une abbaye royale, et l’église fut consacrée à Notre-Dame en 1173. À son apogée en 1189, elle abritait 80 moines et 400 étudiants, attirant des pèlerins grâce à la canonisation de Guillaume de Bourges en 1217.

Durant la guerre de Cent Ans (1359), l’Anglais Robert Knolles détruisit le monastère, forçant les moines à se réfugier dans leur maison abbatiale de Montargis. L’abbaye, déjà affaiblie, fut pillée à nouveau en 1422. Au XVIe siècle, elle passa sous commende : Odet de Coligny, devenu protestant, y massacra les moines en 1562. Malgré des restaurations partielles, l’abbaye déclina jusqu’à sa vente comme bien national en 1790. Ses pierres furent dispersées, et ses tombes royales profanées.

Les vestiges actuels, inscrits en 1925, incluent des colonnes du mausolée des Courtenay, une grille abbatiale, et des fragments de l’église gothique primitive (84 m de long, voûtes sexpartites). Le site conserve aussi des reliques et une plaque marquant l’emplacement du cœur d’Hélène de Courtenay, dernière descendante de la lignée. Les fouilles du XIXe siècle ont révélé des ossements et des statues brisées, témoignages de sa grandeur passée.

L’architecture de Fontainejean, mêlant roman et gothique primitif, se distinguait par ses chapiteaux sculptés de feuilles de chêne et ses piliers alternativement ronds et carrés. Le domaine monastique s’étendait sur des étangs, moulins, et villages, jusqu’à son déclin accéléré par les conflits religieux et la Révolution. Aujourd’hui, les ruines — mur sud de la nef, collatéral est du transept, et grange dîmière — rappellent son rôle spirituel et politique dans le Centre-Val de Loire.

La controverse sur la date de construction de l’église oppose les historiens : l’abbé Jarossay (1894) lit 1173 sur le maître-autel, tandis que Marcel Aubert (1943) propose 1233. Une hypothèse évoque deux églises successives, une romane remplacée par une gothique intégrant des éléments anciens, comme la porte des morts encore visible. L’inventaire des Monuments Historiques (1925) retient quant à lui le début du XIIIe siècle.

Fontainejean fut aussi un lieu de sépulture pour les Courtenay, famille aspirant à la reconnaissance royale. Leur mausolée de marbre noir, détruit en 1794, abritait Jacques II et Jean II de Courtenay, ainsi que le cœur d’Hélène, transporté depuis Paris en 1768. Les tombes, vendues comme pierres de construction, ne subsistent plus que par des fragments exhumés en 1858.

Liens externes