Abbaye de Francou à Lafrançaise dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Francou

  • Francou
  • 82130 Lafrançaise
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1166
Donation initiale
1192
Ajout de terres
Seconde moitié du XIIe siècle
Construction du prieuré
1295
Recensement des clercs
1317
Élévation en prieuré collégial
Fin du XIVe siècle
Attaques des routiers
1567
Dévastation du prieuré
1678
Rénovation du bâtiment sud
XVIIe siècle
Restauration et remaniement
1791
Vente comme bien national
1843
Refonte du corps central
1850
Démolition de l'abside
XIXe siècle
Transformations agricoles
1890
Agrandissement du logis
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Couloir du cimetière ; façades et toitures de l'ancienne maison de maître, des bâtiments de la ferme et du pigeonnier (cad. ZH 37) : inscription par arrêté du 16 février 1989 ; Eglise ; sacristie ; salle capitulaire ; réfectoire ; oratoire d'hiver au premier étage ; dortoirs au premier étage ; cheminée monumentale de brique au rez-de-chaussée ; aire du cloître (cad. ZH 37) : classement par arrêté du 17 janvier 1991

Personnages clés

Richard Cœur de Lion Ajouta des terres au prieuré en 1192.

Origine et histoire de l'Abbaye de Francou

Le prieuré de Francou, souvent appelé abbaye de Francou, est un ancien prieuré de l’ordre de Grandmont situé au lieu-dit Francour-en-Quercy, près de Lafrançaise (Tarn‑et‑Garonne). En 1166 le site fut donné à l’ordre de Grandmont et un prieuré y fut construit peu après, dans la seconde moitié du XIIe siècle ; Richard Cœur de Lion lui ajouta des terres en 1192. Au recensement de 1295 Francour comptait huit clercs ; en 1317, dans le cadre de la réformation de l’ordre, il fut élevé au rang de prieuré collégial et la communauté atteignait vingt-deux clercs. Le prieuré possédait plusieurs cellules rattachées et, isolé au milieu des bois, il souffrit des bandes de routiers à la fin du XIVe siècle. Placé en commende à la fin du XVe siècle, il connut un relâchement de la discipline et des difficultés financières liées aux pensions des commendataires. En 1567 le prieuré fut dévasté au cours des guerres de Religion ; il fallut un siècle pour restaurer les bâtiments et la communauté s’en trouva réduite. Le bâtiment sud fut remanié en 1678 et divers aménagements datent du XVIIe siècle, notamment au niveau du dortoir et de la cuisine. L’ordre fut supprimé avant la Révolution ; les revenus furent affectés à la cathédrale de Cahors et le prieuré fut vendu comme bien national en 1791. Transformé en exploitation agricole, le domaine a ensuite été remanié au XIXe siècle : le corps central a été refait en 1843, un pigeonnier édifié en 1844, une aile d’habitation ajoutée et des dépendances agricoles construites, puis le logis agrandi vers 1890 ; l’abside de l’église a été démolie en 1850 (selon certaines sources en 1918). Francour est remarquable pour être le seul prieuré grandmontain subsistant construit en briques roses dites « anglaises ». L’ensemble est organisé comme un quadrilatère autour de l’aire de l’ancien cloître, où se trouvent réunis les bâtiments cultuels, communautaires et agricoles. L’église, aujourd’hui utilisée comme grange, conserve sa nef voûtée en berceau ; la façade ouest est éclairée par une haute fenêtre en plein cintre et la porte nord présente une archivolte triple. La salle capitulaire a gardé ses six travées voûtées d’arêtes, reposant sur des colonnettes engagées en brique aux chapiteaux taillés dans la même matière, et s’ouvre côté cloître par trois baies. À l’étage subsistent l’ancien oratoire d’hiver et le dortoir remanié au XVIIe siècle. Le logis sud présente une travée axiale surmontée d’un fronton triangulaire daté de 1843 ; les ailes, datées de 1890, accompagnent une aile orientale ajoutée au XIXe siècle. Le rez-de-chaussée de l’aile droite conserve une imposante cheminée en brique, d’origine médiévale et réemployée au XVIIe siècle, issue des anciennes cuisines des moines. Un retable en bois doré et polychrome du XVIIIe siècle provenant de l’église de Francour se trouve depuis 1850 dans l’église Saint‑Saturnin de Rouzet. L’ensemble est une propriété privée exploitée comme ferme ; il n’est ouvert au public que lors des Journées du patrimoine et sur rendez‑vous, et plusieurs éléments sont protégés au titre des monuments historiques par arrêtés de 1989 et 1991.

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