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Abbaye de Hautefontaine à Ambrières dans la Marne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Hautefontaine

    Haute Fontaine
    51290 Ambrières
Propriété privée
Crédit photo : Sminiou - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1136
Fondation de l’abbaye
1141
Charte de fondation
1544
Destruction par Charles Quint
1547–1559
Abbé Jean de Monluc
XVIIe siècle
Foyer janséniste
1790
Fermeture révolutionnaire
1840
Destruction de l’abbatiale
1979
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye de Haute-Fontaine (vestiges) (cad. D 5) : inscription par arrêté du 10 mai 1979

Personnages clés

Isambard de Vitry - Fondateur Dona le terrain en 1136.
Bernard de Clairvaux - Figure spirituelle Choisit le premier abbé, Raoul.
Jean de Monluc - Abbé commendataire (1547–1559) Reconstruit l’abbaye après 1544.
Guillaume Le Roy - Abbé janséniste (1663–1684) Dirige l’atelier d’impression clandestin.
Henri Lepage - Acquéreur révolutionnaire Acheta l’abbaye comme bien national.
Williame - Maire d’Ambrières (1837–1848) Fit détruire l’abbatiale en 1840.

Origine et histoire

L’abbaye de Hautefontaine, fondée en 1136 par Isambard de Vitry, est une ancienne abbaye cistercienne située à Ambrières (Marne). Le terrain fut donné aux moines de l’abbaye de Trois-Fontaines, avec pour condition d’y édifier un monastère. Raoul, premier abbé choisi par Bernard de Clairvaux, supervise sa construction. Le nom Hautefontaine provient d’une source située près du sommet de la colline où elle fut bâtie. Une charte latine de 1141, signée par le comte Thibaud de Blois, officialise les dons de terres et droits (pâturages, bois) faits par Isambard et d’autres seigneurs locaux comme Pagan de Verzy ou Lefard de Barro.

Au XVIe siècle, l’abbaye subit pillages et destructions : ravagée pendant la guerre de Cent Ans, puis rasée en 1544 par les troupes de Charles Quint. François Ier nomme alors des abbés commendataires, dont Jean de Monluc (1547–1559), qui entreprend une reconstruction partielle en 1552. Contrairement à d’autres abbayes, Hautefontaine est relativement préservée par ces abbés laïcs. Au XVIIe siècle, sous l’impulsion de Guillaume Le Roy (1663–1684), elle devient un foyer janséniste et abrite un atelier clandestin d’impression d’ouvrages interdits, prétendument publiés à Amsterdam.

La Révolution française sonne son glas : fermée en 1790, l’abbaye est vendue comme bien national à Henri Lepage, puis démantelée progressivement. En 1840, le maire d’Ambrières, Williame, fait détruire l’abbatiale du XIIe siècle, ne sauvant que le maître-autel et une cloche, aujourd’hui conservés dans l’église de Sainte-Livière. Les vestiges, classés Monument Historique en 1979, se dégradent fortement à partir des années 1970. Son plan cistercien typique (cloître central, abbatiale au nord, bâtiments conventuels) en faisait un exemple remarquable d’architecture monastique.

Fille de l’abbaye de Trois-Fontaines, Hautefontaine illustre l’évolution des monastères cisterciens, du rayonnement médiéval à leur déclin sous l’Ancien Régime, en passant par leur rôle dans les controverses religieuses du XVIIe siècle. Les fouilles et archives (comme la charte de 1141) témoignent de son importance historique, malgré la disparition quasi totale de ses bâtiments.

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