Abbaye de Hautefontaine à Ambrières dans la Marne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Hautefontaine

  • Haute Fontaine
  • 51290 Ambrières
Crédit photo : Sminiou - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1136
Fondation de l'abbaye
XIIe siècle
Construction initiale
1544
Destruction partielle
1552
Reconstruction et fortification
XVIIe siècle
Reconstruction complète
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Abbaye de Haute-Fontaine (vestiges) (cad. D 5) : inscription par arrêté du 10 mai 1979

Personnages clés

Isambard de Vitry Donateur du terrain pour la fondation de l'abbaye.
Raoul Premier abbé de l'abbaye de Hautefontaine, choisi par Bernard de Clairvaux.
Jean de Monluc Abbé commendataire qui lança une campagne de reconstruction en 1552.
Guillaume Le Roy Abbé commendataire qui fit reconstruire l’abbaye au XVIIe siècle et favorisa le jansénisme.

Origine et histoire de l'Abbaye de Hautefontaine

L’abbaye de Haute-Fontaine est une ancienne abbaye cistercienne située sur la commune d’Ambrières, dans la Marne. Elle a été fondée au XIIe siècle par des moines venus de l’abbaye de Trois-Fontaines, sur un terrain donné en 1136 par Isambard de Vitry ; le premier abbé, choisi par Bernard de Clairvaux, se nommait Raoul. Le nom de l’abbaye vient d’une source proche du sommet de la colline et la charte de fondation fixe les limites et les donations qui ont permis son établissement. Pillée pendant la guerre de Cent Ans, l’abbaye subit ensuite une destruction en 1544 par les troupes de Charles Quint. À la suite du concordat de Bologne, un abbé commendataire fut nommé : Jean de Monluc (1547-1559), qui lança une campagne de reconstruction en 1552 et fit entreprendre des travaux de fortification dont l’existence n’a toutefois pas été prouvée. Contrairement à d’autres maisons, Haute-Fontaine bénéficia de la gestion relativement favorable de ses abbés commendataires ; en 1670 l’abbé Le Roy fit reconstruire l’ensemble en conservant l’église du XIIe siècle. Aux XVIIe siècle l’abbaye devint un foyer janséniste ; Guillaume Le Roy, devenu abbé commendataire en 1653, y résida et gouverna effectivement à partir de 1663 jusqu’à sa mort en 1684, et il est vraisemblablement à l’origine d’un centre clandestin de publication d’ouvrages jansénistes prétendument imprimés à Amsterdam. Lors de la Révolution, alors que huit moines y vivaient encore en 1790, l’abbaye fut fermée puis vendue comme bien national à Henri Lepage, maître de forge. Elle passa ensuite entre plusieurs mains ; Williame, maire d’Ambrières, qui la posséda de 1837 à 1848, fit détruire l’abbatiale en 1840. Parmi les seuls éléments sauvegardés de l’abbatiale figurent le maître-autel et une cloche, aujourd’hui dans l’église de Sainte-Livière. Le plan de l’abbaye respectait scrupuleusement le dispositif cistercien : un cloître central bordé au nord par l’abbatiale, à l’est par les bâtiments des moines (salle capitulaire, dortoir), au sud par les cuisines et le réfectoire, et à l’ouest par les constructions des convers. Les bâtiments étaient encore en bon état dans les années 1950, mais leur dégradation s’est fortement accentuée dans les années 1970. Haute-Fontaine est fille de l’abbaye de Trois-Fontaines. À partir du Concordat de Bologne, une série d’abbés commendataires se succéda : parmi eux Jean de Monluc (1547-1559), Thomas Delvêche (1559), Henri Leclerc (1563), Dominique Vauthier (1569), N. de Luxembourg (1600), Tobie Tomelot (1601), Henri de Lambert (1621), Louis Stewart de Lanoi, Guillaume Le Roy (décédé en 1684), Jean-Baptiste de Noailles, Louis Simon Roynette, Antoine Laigneau, N. Descajeuls, Jean-Baptiste d’Arguel (1747) et N. Berthelot (1775-1789).

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