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Abbaye de Hautmont dans le Nord

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Hautmont

    17 Place du Général-de-Gaulle
    59330 Hautmont
Propriété privée ; propriété d'une société privée ; propriété de la commune
Abbaye de Hautmont
Abbaye de Hautmont
Abbaye de Hautmont
Abbaye de Hautmont
Abbaye de Hautmont
Abbaye de Hautmont
Crédit photo : Chatsam - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
800
900
1500
1600
1700
1800
1900
2000
643
Fondation par saint Vincent Madelgaire
880
Pillage danois
1565-1625
Âge d'or sous Gaspard Hanot
1789
Sauvetage pendant la Révolution
1791
Exil des moines et vente
1992 et 2020
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du bâtiment d'entrée, du palais abbatial et de l'aile en retour (ancienne bibliothèque) ; sol et sous-sol de la cour de l'abbaye, des maisons construites sur l'emplacement des bâtiments détruits fermant la cour, du square du 8-Mai (emplacement de l'église abbatiale) ; vestiges du moulin et de son bief au sous-sol du 20, rue Marcel-Aymé ; façades et toitures du bâtiment du XVIIIe siècle séparant le square du 8-Mai de l'impasse Wincart ; dépendances de la fontaine Sainte-Aldegonde : portail, façades et toitures des bâtiments situés de part et d'autre du portail (cad. AO 686, 691 à 697, 699, 703, 763, 791, 792, 823, 846, 847, 849, 850, 893 à 895, 910, 983, 984) : inscription par arrêté du 16 juin 1992 ; Les façades et toitures non protégées par mesures d'inscription du 16 juin 1992 des bâtiments de la fontaine Sainte-Aldegonde et de l'aile d'entrée, les façades et toitures de l'aile ouest en totalité, de manière à préserver le quadrilatère originel de la cour (en appuyant la délimitation côté cour sur les éléments subsistants de façade du XVIIIe siècle), l'ensemble situé place du général-de-Gaulle et 2 à 20 rue Marcel-Aymé sur les parcelles n°9 à 12, 17, 18, 20, 25, 26 et 33 section BH : inscription par arrêté du 30 novembre 2020

Personnages clés

Saint Vincent Madelgaire (Madelgaire) - Fondateur et comte du Hainaut Ancien ambassadeur de Dagobert Ier.
Sainte Waudru - Épouse de Madelgaire Fondatrice du monastère de Mons.
Gaspard Hanot - Abbé (XVIe–XVIIe siècles) Modernise l’abbaye et rapatrie les reliques.
Dom Ghuislain Dusart - Moine sauveur en 1789 Négocie avec les paysans révoltés.
Ansbert de Rouen - Évêque exilé Meurt à l’abbaye en 695.
Jean Brisselot - Abbé et confesseur Conseiller de Charles Quint.

Origine et histoire

L’abbaye bénédictine de Hautmont, fondée en 643 par saint Vincent Madelgaire (ou Maldegaire), comte du Hainaut et ambassadeur du roi Dagobert Ier, s’implante sur un site nommé Altus Mons (« Haut Mont »). Ce monastère, dédié aux apôtres Pierre et Paul, accueille initialement des moines irlandais et devient l’une des plus grandes abbayes mérovingiennes, abritant jusqu’à 300 membres. Madelgaire, après avoir épousé sainte Waudru, se consacre à la vie monastique avec elle, fondant ainsi deux communautés religieuses : Hautmont pour les hommes et Mons (Belgique) pour les femmes. L’abbaye reçoit des reliques prestigieuses, comme celles du pape saint Marcel, et accueille des figures telles que saint Ansbert, évêque de Rouen exilé par Pépin de Herstal.

Au IXe siècle, l’abbaye subit des pillages, notamment par les Danois en 880, après avoir été intégrée à l’Empire carolingien sous Lothaire Ier. Reconstruite à plusieurs reprises, elle connaît un âge d’or entre 1565 et 1625 sous l’abbatiat de Gaspard Hanot, qui modernise les bâtiments et y installe une brasserie. En 1589, Hanot rapatrie les reliques de saint Marcel, précédemment mises à l’abri à Mons. L’abbaye, prospère avec 40 % des terres locales et 25 fermes, survit à la Révolution française grâce à l’intervention de Dom Ghuislain Dusart, qui évite sa destruction en 1789 en négociant avec les paysans révoltés.

Après 1791, les moines sont exilés et les bâtiments transformés en manufacture (verrerie, brasserie) ou en habitations. Au XVIIIe siècle, l’abbaye est entièrement reconstruite : le palais abbatial vers 1700, l’aile est (bibliothèque et réfectoire) vers 1720, et l’aile ouest vers 1750. Classée Monument Historique en 1992, puis étendue en 2020, elle conserve des vestiges comme le portail d’honneur, des plafonds moulurés et une galerie voûtée. Aujourd’hui, ses bâtiments, en partie privés, témoignent de son passé religieux, économique et architectural, bien que son église et son cloître aient disparu entre 1791 et 1811.

L’abbaye de Hautmont jouait un rôle central dans la région, combinant pouvoir spirituel (accueil de pèlerins, reliques), influence politique (liens avec les rois mérovingiens et carolingiens) et prospérité économique (terres, moulins, brasserie). Son organisation en trois pôles — civil (cour d’honneur), religieux (église et cloître), et économique (basse-cour) — reflétait une autonomie quasi féodale. Les moines y développaient aussi des activités intellectuelles, comme une école fondée en 829, et des productions artisanales (savon, bière), faisant d’Hautmont un moteur local jusqu’à la Révolution.

Parmi les personnages marquants, saint Vincent Madelgaire, fondateur et ancien comte, incarne la transition entre noblesse laïque et vie monastique. Gaspard Hanot (XVIe–XVIIe siècles) redynamise l’abbaye, tandis que Dom Ghuislain Dusart (1723–?) la sauve de la destruction en 1789. D’autres figures, comme l’évêque Ansbert de Rouen ou l’abbé Jean Brisselot (confesseur de Charles Quint), illustrent son rayonnement. Les vestiges actuels, bien que fragmentaires, offrent un aperçu de son architecture classique et de son adaptation aux usages industriels post-révolutionnaires.

Liens externes