Patrimoine classé
Façades et toitures du bâtiment d'entrée, du palais abbatial et de l'aile en retour (ancienne bibliothèque) ; sol et sous-sol de la cour de l'abbaye, des maisons construites sur l'emplacement des bâtiments détruits fermant la cour, du square du 8-Mai (emplacement de l'église abbatiale) ; vestiges du moulin et de son bief au sous-sol du 20, rue Marcel-Aymé ; façades et toitures du bâtiment du XVIIIe siècle séparant le square du 8-Mai de l'impasse Wincart ; dépendances de la fontaine Sainte-Aldegonde : portail, façades et toitures des bâtiments situés de part et d'autre du portail (cad. AO 686, 691 à 697, 699, 703, 763, 791, 792, 823, 846, 847, 849, 850, 893 à 895, 910, 983, 984) : inscription par arrêté du 16 juin 1992 ; Les façades et toitures non protégées par mesures d'inscription du 16 juin 1992 des bâtiments de la fontaine Sainte-Aldegonde et de l'aile d'entrée, les façades et toitures de l'aile ouest en totalité, de manière à préserver le quadrilatère originel de la cour (en appuyant la délimitation côté cour sur les éléments subsistants de façade du XVIIIe siècle), l'ensemble situé place du général-de-Gaulle et 2 à 20 rue Marcel-Aymé sur les parcelles n°9 à 12, 17, 18, 20, 25, 26 et 33 section BH : inscription par arrêté du 30 novembre 2020
Personnages clés
|
|
|
| Maldegaire |
Comte fondateur de l'abbaye, également connu sous le nom de saint Vincent. |
| Dagobert |
Roi ayant soutenu la fondation de l'abbaye. |
| Fulcuin |
Responsable de la reconstruction ou des agrandissements en 1025. |
| Gaspard Hanot |
Abbé ayant entrepris des travaux de reconstruction en 1588. |
| Paul Lejeune |
Responsable des travaux de reconstruction à partir de 1625. |
| Charlemagne |
Visiteur prestigieux de l'abbaye selon la tradition. |
Origine et histoire de l'Abbaye
L'abbaye bénédictine de Hautmont, fondée en 643 par le comte Maldegaire — dit saint Vincent — au lieu nommé Altus Mons, est consacrée aux apôtres Pierre et Paul. Maldegaire, époux de sainte Waudru, entreprit cette fondation avec le soutien du roi Dagobert, qui offrit notamment les reliques du pape saint Marcel. Rapidement, des moines venus d'Irlande s'y installèrent et la communauté prit une importance considérable, accueillant plus de 300 membres et, selon la tradition, des visiteurs prestigieux tels que Charlemagne. À partir du XIe siècle, des bénédictins occupèrent l'abbaye jusqu'à l'exil des religieux en 1791. L'abbaye connut son âge d'or du XVIe siècle jusqu'à la Révolution, sous l'abbatiat de Gaspard Hanot, et reprit alors une vie religieuse, économique et politique intense. Selon l'étude des Frères Minon, l'ensemble s'est structuré entre 1588 et 1791 en trois pôles : la cour d'honneur, le noyau religieux et la basse-cour économique. La cour d'honneur formait un quadrilatère dont le bâtiment le plus ancien, situé au fond avec un grand escalier, recevait les hôtes de l'abbé ; l'aile droite, datée de 1720, abritait probablement la bibliothèque et le réfectoire, l'aile gauche fut modifiée vers 1750 et l'aile jouxtant la place-de-Gaulle est la dernière édifiée. Le noyau religieux comprenait l'église et son cloître, tandis que la basse-cour, derrière l'actuel centre culturel, regroupait les activités économiques, notamment une brasserie puis une savonnerie, bâtiment depuis démoli. Les artisans logeaient à proximité, dans l'impasse Wincart, et un potager fournissait fruits et légumes frais sur l'emplacement de la rue de Maubeuge ; l'ancienne mairie servait d'entrepôt pour le bois, la poudre et les cordes. L'abbaye fut affectée par de nombreuses violences et reconstructions : ravages au IXe siècle, reconstruction ou agrandissements par Fulcuin en 1025, par Dom Gaspard Hanot en 1588 (selon l'Album de Croy) et par Paul Lejeune à partir de 1625. La reconstruction complète des bâtiments s'est achevée principalement au XVIIIe siècle, avec le palais abbatial vers 1700, les ailes datées de 1720 et l'aile du midi vers 1750. La vente des biens eut lieu en 1791 ; les locaux furent ensuite réutilisés pour une verrerie au début du XIXe siècle, une brasserie réactivée sous Louis-Philippe, un atelier de construction mécanique en 1894 et des habitations, entraînant de nombreux aménagements. L'espace religieux fut en grande partie détruit entre 1791 et 1811. Les bâtiments visibles aujourd'hui correspondent en grande partie à l'ancienne cour d'honneur ; l'intérieur présente des éléments qui peuvent être d'origine — plafonds moulurés, peintures murales, cheminée et une galerie voûtée pouvant être l'ancien cloître — mais ces décors ont souvent été modifiés par les usages industriels et brassicoles du XIXe siècle. Au XVIIIe siècle, l'abbaye détenait une part importante du territoire d'Hautmont, avec 40 % des terres, 25 fermes, trois moulins et quinze exploitations. L'élévation antérieure a été inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 16 juin 1992, protection qui a été étendue le 30 novembre 2020 à d'autres éléments, notamment les bâtiments de la fontaine Sainte-Aldegonde, l'aile d'entrée et l'aile ouest.