Frise chronologique
1221
Fondation ou refondation
Fondation ou refondation
1221 (≈ 1221)
Par Barthélemy de Roye, chambrier de Philippe Auguste.
1224
Inhumation de Barthélemy de Roye
Inhumation de Barthélemy de Roye
1224 (≈ 1224)
Fondateur enterré dans l’abbaye.
1261
Transfert des reliques
Transfert des reliques
1261 (≈ 1261)
Dédiée aussi à saint Barthélemy.
1306
Expulsion des Juifs
Expulsion des Juifs
1306 (≈ 1306)
Biens confisqués au profit de l’abbaye.
1346
Incendie pendant la guerre de Cent Ans
Incendie pendant la guerre de Cent Ans
1346 (≈ 1346)
Par Édouard III d’Angleterre.
1989
Classement des vestiges
Classement des vestiges
1989 (≈ 1989)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges de l'Abbaye de Joyenval situés sur les parcelles n° 110 et 111, figurant au cadastre - section C : inscription par arrêté du 13 mars 1989
Personnages clés
| Barthélemy de Roye (ou de Retz) - Fondateur et chambrier de France |
Inhumé dans l’abbaye en 1224. |
| Philippe Auguste - Roi de France (1180–1223) |
Soutien de la fondation via Barthélemy. |
| Nicolas de Roye - Évêque de Noyon et pair de France |
Neveu de Barthélemy, inhumé à Joyenval. |
| Charles Brûlart de Genlis - Abbé commendataire et diplomate (XVIIe) |
Conseiller d’État et ambassadeur sous Louis XIII. |
| Georges d’Aubusson de La Feuillade - Dernier abbé (1668–1697) |
Transformation en prieuré après sa mort. |
| Jehan de Montjoie - Seigneur local (XIIIe) |
Don du fief de Montesson en 1239. |
Origine et histoire
L’abbaye de Joyenval, située à Chambourcy dans les Yvelines, fut fondée ou refondée en 1221 par Barthélemy de Roye (ou de Retz), chambrier du roi Philippe-Auguste, qui y fut inhumé en 1224. Ce monastère prémontré s’éleva dans le vallon de Montjoye, sur l’emplacement d’un ermitage légendaire lié à la princesse Clotilde, épouse de Clovis, et à la Fontaine des Lys, symbole de la conversion du roi franc. Les moines revendiquaient aussi la garde primitive de l’oriflamme Montjoie, relique royale ultérieurement transférée à Saint-Denis.
L’église abbatiale, dédiée à saint Laurent puis à saint Barthélemy après 1261, devint un lieu d’inhumation pour la famille de Roye, dont Nicolas de Roye, évêque de Noyon. En 1306, après l’expulsion des Juifs de France, leurs biens locaux furent confisqués au profit de l’abbaye, comme en témoigne un four offert par Philippe le Bel en 1313. Protégée par Philippe VI de Valois en 1328, l’abbaye fut incendiée le 13 août 1346 lors de la chevauchée d’Édouard III pendant la guerre de Cent Ans.
Les moines possédaient un hôtel parisien dans la rue Aux-Moines-de-Joienval (actuelle rue des Moines), remplacé en 1698 par un grenier à sel. L’abbaye, détruite à la Révolution, ne subsiste plus que par des vestiges inscrits aux monuments historiques depuis 1989, intégrés au golf de Joyenval. Son histoire reflète les liens entre pouvoir royal, noblesse (famille Brûlart de Genlis aux XVIe–XVIIe siècles) et vie monastique, ainsi que les bouleversements politiques et religieux de la France médiévale et moderne.
Parmi les abbés notables figurent Charles Brûlart de Genlis (1571–1649), diplomate et conseiller d’État sous Louis XIII, ou Georges d’Aubusson de La Feuillade, dernier abbé avant la transformation en prieuré en 1697. Les archives révèlent aussi des dons seigneuriaux, comme celui de Jehan de Montjoie en 1239, cédant le fief de Montesson à l’abbaye, illustrant son rôle économique et spirituel dans la région.