Origine et histoire de l'Abbaye de Joyenval
L'abbaye de Joyenval est une ancienne abbaye de l'ordre des Prémontrés dont les vestiges se situent sur un golf en bordure de la forêt de Marly, près du désert de Retz, sur la commune de Chambourcy (Yvelines). Elle fut fondée ou refondée en 1221 par Barthélemy de Roye ou de Retz, chambrier de France au service du roi Philippe-Auguste, qui y fut enterré trois ans après. Plusieurs membres de la famille de Roye, dont son neveu Nicolas, pair de France et évêque et comte de Noyon de 1228 à 1240, furent également inhumés dans l'abbaye. Le monastère fut établi dans un vallon en contrebas du donjon de Montjoye, sur le lieu d'un ancien ermitage que la tradition rapporte comme visité par la princesse Clotilde. La Fontaine des Lys est, d'après la tradition, associée à la conversion du roi Clovis. Une Montjoie désignait une colline de surveillance ou un lieu dédié à Jovis (Jupiter); les abbés affirmaient que l'oriflamme dit Montjoie, remis à Charlemagne par le pape Léon III, aurait d'abord été conservé dans la forteresse de Montjoye proche du monastère avant d'être déposé à Saint-Denis. L'église abbatiale fut consacrée à saint Laurent et, après le transfert de ses reliques en 1261, également à saint Barthélémy. L'abbaye dépendait du diocèse de Chartres et n'apparaît pas dans le Dictionnaire des communes; des actes conservés aux Archives nationales attestent qu'une communauté de prêteurs juifs s'y était établie et que leurs biens furent vendus ou donnés après l'expulsion de 1306. En 1313, Philippe le Bel fit don à l'abbaye d'un four situé « In domo in qua solebant esse scole judeorum apud Joyenval ». Par lettres patentes datées de Saint-Germain en 1328, Philippe VI de Valois plaça Joyenval sous sa sauvegarde et sa protection royale. L'abbaye fut incendiée le 13 août 1346 lors de la chevauchée du roi d'Angleterre Édouard III durant la guerre de Cent Ans. Les moines de Joyenval possédaient un hôtel à Paris, dans une rue alors appelée rue Aux-Moines-de-Joienval (mentionnée sous diverses formes par la tradition et par Guillot de Paris), hôtel qui fut remplacé en 1698 par un grenier à sel. L'abbaye fut détruite pendant la Révolution française. Quelques vestiges de l'église abbatiale subsistent dans le golf de Joyenval; ils sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 24 octobre 1989. Selon M. H. Fisquet, la succession des abbés comprend Ansculphe († 1227), Thomas de Poissy († 1231), Simon de Maule († 1239), Jean Ier († 1243), Guillaume Ier de Picardie († 1268), Fromond († 1281), Barthélemy Ier († 1293), Pierre Ier de Vitry († 1299), Guillaume II († 1334), Guillaume III († 1347), Pierre II († 1366), Jean II († 1368), Jean III († 1385), Béraud Ier († 1387), Bertrand († 1400), Jean IV Poulain († 1416), Jacques Ier Élie de Louviers († 1432), Jean V Toppet († 1440), Jean VI († 1448), Jean VII de Hainaut († 1491), Eustache Béguet († 1493), Étienne Goupillon († 1493), Béraud II de la Chassaigne († 1498), Jacques II du Moulin († 1499), Lancelot du Fau († 1505), Bernard de La Vernade († 1509), Robert de L'Épée († 1515), Pierre III Marie († 1521), Jean VIII Bailleul († 1521), Jean IX Brutel († 1525), Michel Coupson († 1531), Barthélemy II Gauger († 1541), Nicolas Ier de Foville († 1555), Pierre IV de Foville ou de Faucille († 1559) et Nicolas II Brûlard de Crosne († 1597). Les membres de la famille Brûlart occupèrent ensuite l'abbatiat avec Charles Ier Brûlart de Genlis (1571‑† 25 juillet 1649), Pierre Brûlart de Genlis, Charles II Brûlart de Genlis († 14 mai 1669) et Charles III Brûlart de Genlis (1628‑1714); Georges d'Aubusson de La Feuillade (1609‑1697) lui succéda en 1668 et, à sa mort, l'abbaye fut transformée en prieuré. La paroisse de Montesson fut partagée entre les seigneuries de Montesson et de La Borde; en 1239 l'écuyer Jehan de Montjoie fit don du fief de Montesson à l'abbaye, puis la seigneurie passa au prieuré de Conflans-Sainte-Honorine qui la vendit en 1564 à la famille Le Pileur-Portal. La seigneurie de La Borde dépendait de Maisons; en 1489 Étienne de Vesc en était détenteur, puis la seigneurie fut acquise par de petits officiers royaux qui y établirent ferme et manoir, parmi lesquels les Brûlart, et le seigneur Henri Bertin, ministre de Louis XV et de Louis XVI, aménagea le parc seigneurial devenu l'actuel Parc Penet.