Origine et histoire de l'Abbaye
L'abbaye de La Bénisson-Dieu est un monastère cistercien situé dans la commune de La Bénisson-Dieu, dans le département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes ; elle est classée monument historique depuis 1840. Le chanoine Jean-Marie de La Mure rapporte les premiers éléments de son histoire. L'abbaye a été fondée le 29 septembre 1138 par Albéric, disciple de Bernard de Clairvaux, et le site a alors reçu les aménagements habituels d'une fondation cistercienne, avec une abbaye et son église abbatiale. Vers 1500 l'abbaye, gérée en commende, voit Pierre de La Fin lui adjoindre un clocher fortifié et une flèche surplombant le chœur. Le 3 juillet 1612, l'abbaye masculine, ruinée par les guerres, devient une abbaye de femmes dirigée par Françoise de Nérestang, fille de Philibert de Nérestang, ancien ligueur rallié au roi Henri IV, assassiné en 1610. L'abbaye alors en ruines est restaurée et remaniée ; une chapelle baroque est achevée en 1651 et la communauté masculine s'installe à Mègemont. Sous la Révolution l'abbaye est évacuée, ses bâtiments sont vendus et les bâtiments conventuels démantelés pour servir de carrière de pierres ; quelques années plus tard l'église est rachetée par les habitants et devient l'église paroissiale. L'abbé Dard a rédigé une histoire très complète de l'abbaye, publiée en 1880 et rééditée depuis.
Guillaume Revel a représenté l'abbaye fortifiée dans son Armorial d'Auvergne, Forez et Bourbonnais ; le dessin montre la porte d'accès protégée par des fossés et des palissades, dispositifs destinés à gêner la progression d'éventuels assaillants. Les illustrations et vues connues présentent notamment le clocher et le porche de l'église, les tuiles vernissées vues depuis le clocher, une rosace éclairant l'entrée des moines pour la prière du matin, ainsi que un dessin et une vue datés du 25 juin 1618.
La Bénisson-Dieu est fille de l'abbaye de Clairvaux.
La liste des abbés se succédant à La Bénisson-Dieu comprend, entre autres, Albéric (1138-1165), Odon (1165-1190), Hugues Ier (1190-1206), Guy Ier (1206-1211), Jean Ier (1211-12??), Zacharie (12??-1238), Guichard (1238-1250), Bernard (1250-1275), Raymond (1275-1277), Robert (1277-1279), Guillaume (1279-1300), Guy II de Bourbon (1300-1312), Aymon (1312-1336), Jean II (1336-1356), Thomas Lessent (1356-1399), Pierre Ier de Longueval (1399-1418), Hugues II de Longueval (1418-1425), Hugues III Fournier (1425-1442), Hugues IV Tardinat (1442-1460), Pierre II de La Fin (1460-1504), période de vacance (1504-1506), Gilbert de La Fin (1506-1516), Antoine Ier de Lévis (1516-1558), Antoine II de Sennecterre (1558-1584), Pierre III d’Espinac (1584-1599), Jean III de Louveau (1599-1608), Jean-Pierre Camus (1608-1609) et Claude de Nérestang (1609-1612). Les abbesses qui ont dirigé la communauté féminine incluent Françoise Ire de Nérestang (1612-17/03/1652), Aymare-Catherine de Nérestang (17/03/1652-21/03/1652), Françoise II de Nérestang (21/03/1652-1675), une vacance (1675-1676), Louise Ire Hoüvel de Morainville (1676-1695), Anne de Rochefort de La Voirette (1695-1702), Marie Ire de Thiard de Bragny (1702-1738), Marie II Jacqueline de Chabannes (1738-1755), Louise II Anne de Clermont-Chaste de Gessans (1755-1773), Marie II Marguerite-Thérèse de Jarente de Sénas (1773-1789) et Émilie-Thérèse de Saqui des Tourès (1789-1791).
La bibliographie signale notamment l'histoire de l'abbé Dard (1880), une description détaillée d'Édouard Jeannez (1889), le Routier cistercien de Bernard Peugniez et la thèse dirigée par Emmanuelle Marie Bouvard et Nicolas Reveyron (2016). Des ressources et notices d'autorité sont accessibles dans les bases Mérimée, VIAF, BnF et IdRef, ainsi que sur des sites et portails consacrés à l'architecture chrétienne, au monachisme et à l'ordre cistercien.