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Abbaye de la Blanche à Noirmoutier-en-l'Île en Vendée

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de la Blanche

    Le Bourg
    85330 Noirmoutier-en-l'Île
Propriété de la commune ; propriété privée
Abbaye de la Blanche
Abbaye de la Blanche
Abbaye de la Blanche
Abbaye de la Blanche
Crédit photo : Pierre Gouard - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1172
Fondation initiale
1205
Transfert à Noirmoutier
1611
Réforme trappiste
XVIe siècle
Période de commende
1797
Vente comme bien national
1926 et 1996
Inscriptions MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le portail (appelé porte aux Lions) : inscription par arrêté du 2 décembre 1926 - Vestiges de l'église ; bâtiments conventuels ; logis abbatial ; bâtiment dit La Prison ; bâtiments de la basse-cour ; murs de clôture ; réseau de canalisation avec partie de la digue formant limite des parcelles (cf plan annexé à l'arrêté) (cad. AR 49 à 52, 54 à 56, 61 à 64, 68 à 70, 75 à 77, 81, 88, 112, 113, 126, 127, 136) : inscription par arrêté du 25 novembre 1996

Personnages clés

Pierre V de La Garnache - Seigneur donateur Permet le transfert en 1205.
Jean-Corneille Jacobsen - Propriétaire post-Révolution Sauve la bibliothèque de l’abbaye.
Familles Rohan, Gondi et La Trémoille - Abbés commendataires Gèrent l’abbaye aux XVIe–XVIIIe siècles.

Origine et histoire

L’abbaye Notre-Dame de la Blanche, aussi appelée abbaye de l’Isle-Dieu, est une ancienne abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle par des moines de l’abbaye de Buzay. Initialement établie sur l’île du Pilier en 1172 sous le nom d’abbaye de l’Île-du-Pilier, elle est transférée en 1205 sur l’île de Noirmoutier en raison des conditions de vie trop rudes. Ce déplacement est rendu possible grâce à un don du seigneur Pierre V de La Garnache, permettant aux cisterciens de s’installer au nord de l’île, tandis que les bénédictins de Saint-Philibert occupent le centre depuis le VIIe siècle. Les deux abbayes, surnommées la « Noire » (bénédictine) et la « Blanche » (cistercienne), coexistent alors, cette dernière se distinguant par son dynamisme économique basé sur l’exploitation des marais salants (3 800 œillets au Moyen Âge).

Contrairement aux abbayes continentales vivrieres, les moines de la Blanche tirent leur subsistance du sel, qu’ils produisent et reçoivent en don à Noirmoutier et sur l’île de Bouin. Son isolement la préserve des destructions pendant la guerre de Cent Ans, mais elle tombe en commende au XVIe siècle après le concordat de Bologne, passant entre les mains de familles nobles comme les Rohan, les Gondi et les La Trémoille. Pour contrer ce déclin spirituel, la réforme trappiste y est introduite en 1611, marquant un retour à une vie monastique plus stricte.

À la Révolution, l’abbaye est fermée et vendue comme bien national en 1797. L’église et le cloître sont détruits, mais les bâtiments conventuels (XIVe siècle, remaniés au XVIIIe), l’hôtel abbatial (XVIIe) et des dépendances subsistent. Achetée par M. Jacobsen (fermier général) et M. Hocquart (parlementaire), elle est préservée en partie grâce à Jean-Corneille Jacobsen, qui sauve la bibliothèque. Le domaine sert ensuite d’hôpital militaire pendant la guerre de Vendée, puis de manufacture de soude au XIXe siècle. Acquise en 1869 par la famille Jeanneau, toujours propriétaire, l’abbaye est aujourd’hui un domaine privé non accessible. Deux inscriptions aux Monuments Historiques (1926 et 1996) protègent ses vestiges, dont le portail dit porte aux Lions et les murs de clôture.

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