Frise chronologique
1172
Fondation initiale
Fondation initiale
1172 (≈ 1172)
Ermitage cistercien sur l’île du Pilier.
1205
Transfert à Noirmoutier
Transfert à Noirmoutier
1205 (≈ 1205)
Don de Pierre V de La Garnache.
1611
Réforme trappiste
Réforme trappiste
1611 (≈ 1611)
Retour à une règle monastique stricte.
XVIe siècle
Période de commende
Période de commende
XVIe siècle (≈ 1650)
Abbés nobles (Rohan, Gondi, La Trémoille).
1797
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1797 (≈ 1797)
Destruction de l’église et du cloître.
1926 et 1996
Inscriptions MH
Inscriptions MH
1926 et 1996 (≈ 1996)
Protection des vestiges (portail, bâtiments).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail (appelé porte aux Lions) : inscription par arrêté du 2 décembre 1926 - Vestiges de l'église ; bâtiments conventuels ; logis abbatial ; bâtiment dit La Prison ; bâtiments de la basse-cour ; murs de clôture ; réseau de canalisation avec partie de la digue formant limite des parcelles (cf plan annexé à l'arrêté) (cad. AR 49 à 52, 54 à 56, 61 à 64, 68 à 70, 75 à 77, 81, 88, 112, 113, 126, 127, 136) : inscription par arrêté du 25 novembre 1996
Personnages clés
| Pierre V de La Garnache - Seigneur donateur |
Permet le transfert en 1205. |
| Jean-Corneille Jacobsen - Propriétaire post-Révolution |
Sauve la bibliothèque de l’abbaye. |
| Familles Rohan, Gondi et La Trémoille - Abbés commendataires |
Gèrent l’abbaye aux XVIe–XVIIIe siècles. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de la Blanche, aussi appelée abbaye de l’Isle-Dieu, est une ancienne abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle par des moines de l’abbaye de Buzay. Initialement établie sur l’île du Pilier en 1172 sous le nom d’abbaye de l’Île-du-Pilier, elle est transférée en 1205 sur l’île de Noirmoutier en raison des conditions de vie trop rudes. Ce déplacement est rendu possible grâce à un don du seigneur Pierre V de La Garnache, permettant aux cisterciens de s’installer au nord de l’île, tandis que les bénédictins de Saint-Philibert occupent le centre depuis le VIIe siècle. Les deux abbayes, surnommées la « Noire » (bénédictine) et la « Blanche » (cistercienne), coexistent alors, cette dernière se distinguant par son dynamisme économique basé sur l’exploitation des marais salants (3 800 œillets au Moyen Âge).
Contrairement aux abbayes continentales vivrieres, les moines de la Blanche tirent leur subsistance du sel, qu’ils produisent et reçoivent en don à Noirmoutier et sur l’île de Bouin. Son isolement la préserve des destructions pendant la guerre de Cent Ans, mais elle tombe en commende au XVIe siècle après le concordat de Bologne, passant entre les mains de familles nobles comme les Rohan, les Gondi et les La Trémoille. Pour contrer ce déclin spirituel, la réforme trappiste y est introduite en 1611, marquant un retour à une vie monastique plus stricte.
À la Révolution, l’abbaye est fermée et vendue comme bien national en 1797. L’église et le cloître sont détruits, mais les bâtiments conventuels (XIVe siècle, remaniés au XVIIIe), l’hôtel abbatial (XVIIe) et des dépendances subsistent. Achetée par M. Jacobsen (fermier général) et M. Hocquart (parlementaire), elle est préservée en partie grâce à Jean-Corneille Jacobsen, qui sauve la bibliothèque. Le domaine sert ensuite d’hôpital militaire pendant la guerre de Vendée, puis de manufacture de soude au XIXe siècle. Acquise en 1869 par la famille Jeanneau, toujours propriétaire, l’abbaye est aujourd’hui un domaine privé non accessible. Deux inscriptions aux Monuments Historiques (1926 et 1996) protègent ses vestiges, dont le portail dit porte aux Lions et les murs de clôture.