Fondation de l'abbaye 1131 (≈ 1131)
Donation de Garnier de Sombernon à Étienne Harding.
1132
Incendie initial
Incendie initial 1132 (≈ 1132)
Destruction du premier site à Aseraule.
1172
Consécration de l'église
Consécration de l'église 1172 (≈ 1172)
Achevée grâce à Ponce de Mont-Saint-Jean.
1360
Pillage par les Anglais
Pillage par les Anglais 1360 (≈ 1360)
Fuite des moines pendant la guerre de Cent Ans.
1683 et 1706
Incendies dévastateurs
Incendies dévastateurs 1683 et 1706 (≈ 1706)
Destruction partielle de l’église et des bâtiments.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1791 (≈ 1791)
L’église devient paroissiale après la Révolution.
XIXe siècle
Restauration par Hély d’Oissel
Restauration par Hély d’Oissel XIXe siècle (≈ 1865)
Travaux néo-gothiques dirigés par Charles Suisse.
1981
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1981 (≈ 1981)
Protection de l’église et du cellier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte d'enceinte située à la sortie ouest du village (cad. NON CADASTRE ; DOMAINE PUBLIC) : inscription par arrêté du 17 novembre 1966 ; Eglise ; cellier avec le pressoir (cad. AS 37, 42, 46) : classement par arrêté du 22 novembre 1981 ; Chapelle dite chapelle des Fondateurs ; réfectoire ; pigeonnier circulaire ; vestiges et sol de l'ancien cloître (cad. AS 37, 54) : inscription par arrêté du 22 novembre 1981
Personnages clés
Garnier de Sombernon - Fondateur de l’abbaye
Dona les terres initiales en 1131.
Étienne Harding - Abbé de Cîteaux
Envoya les premiers moines en 1131.
Marguerite de Ventadour - Comtesse de Joigny
Enterrée dans l’église en 1399.
Loys de la Trémoille - Sire de Bourbon-Lancy
Sépulture dans l’abbaye en 1465.
Jean le Bon - Roi de France
Finança la reconstruction post-1360.
Charles Suisse - Architecte du XIXe siècle
Dirigea la restauration néo-gothique.
Origine et histoire
L'abbaye de la Bussière, aussi appelée abbaye Notre-Dame des Trois Vallées, fut fondée en 1131 par Garnier de Sombernon sur des terres données à Étienne Harding, abbé de Cîteaux. Initialement installée au lieu-dit Aseraule (ou Tres Valles), elle fut détruite par un incendie en 1132, puis reconstruite à son emplacement actuel près de la confluence de l’Arvo. L’église, consacrée en 1172, fut agrandie au XIIIe siècle, tandis que les bâtiments conventuels (cellier, réfectoire, dortoir) furent édifiés dans un style cistercien sobre. L’abbaye devint un lieu de sépulture pour les épouses des ducs de Bourgogne et s’enrichit rapidement grâce à des donations de seigneurs locaux et de la noblesse bourguignonne.
Au XIVe siècle, l’abbaye subit les conséquences de la guerre de Cent Ans : en 1360, les Anglais pillent la région, forçant les moines à fuir à Dijon. Le roi Jean le Bon aida à sa reconstruction après 1361. Malgré des conflits avec les évêques d’Autun sur les droits de visite, la Bussière conserva ses privilèges, confirmés par les papes Luce III et Nicolas IV. Au XVe siècle, le régime de la commende affaiblit son rayonnement spirituel, transformant l’abbaye en un bénéfice ecclésiastique. Deux incendies, en 1683 et 1706, endommagèrent gravement les bâtiments, dont l’église, partiellement reconstruite au XVIIIe siècle avec une nef raccourcie.
À la Révolution, l’abbaye fut vendue comme bien national en 1791, mais l’église devint paroissiale. Au XIXe siècle, la famille Hély d’Oissel entreprit une restauration majeure, confiant les travaux à l’architecte Charles Suisse. Les bâtiments, transformés en lieu de retraites spirituelles au XXe siècle, abritent aujourd’hui un hôtel de luxe. L’église, classée Monument Historique en 1981, conserve des éléments roman et gothique, dont des tombes médiévales et un bas-relief marial remarquable. Le cellier du XIIIe siècle, avec son pressoir, et les vestiges du cloître témoignent de son passé monastique.
L’abbaye de la Bussière illustre l’architecture cistercienne bourguignonne, marquée par la simplicité et la fonctionnalité. Son histoire reflète les tensions entre pouvoir ecclésiastique et séculier, ainsi que les aléas politiques et militaires de la Bourgogne médiévale. Les restaurations des XIXe et XXe siècles ont préservé ce patrimoine, tout en l’adaptant à des usages contemporains, mêlant mémoire historique et modernité.
Parmi les personnages clés liés à l’abbaye figurent Marguerite de Ventadour (morte en 1399), comtesse de Joigny enterrée dans l’église, et Loys de la Trémoille (mort en 1465), sire de Bourbon-Lancy. Les ducs de Bourgogne, comme Eudes III et Eudes IV, y exercèrent leur protection et y firent des donations. L’abbaye fut aussi un lieu de conflits avec les évêques d’Autun, notamment Guy de la Chaume au XIVe siècle, qui tenta sans succès d’imposer sa juridiction.
Aujourd’hui, l’abbaye se visite partiellement, avec son église, son cellier voûté, et ses jardins. Le site, classé et protégé, attire pour son histoire, son architecture, et son cadre naturel préservé. Les restaurations récentes ont permis de mettre en valeur des éléments comme la chapelle des Fondateurs (ancien armarium) et le cadran solaire analemmatique installé en 1988, soulignant le lien entre patrimoine et innovation.
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