Pillages répétés XVIe siècle (≈ 1650)
L'abbaye est pillée à plusieurs reprises.
1791
Abandon de l'abbaye
Abandon de l'abbaye 1791 (≈ 1791)
Abandon de l'abbaye et vente comme bien national.
XIXe siècle
Démolition partielle
Démolition partielle XIXe siècle (≈ 1865)
Une partie des bâtiments est démolie pour la vente des matériaux.
2012
Classement historique
Classement historique 2012 (≈ 2012)
L'ensemble est classé au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble de l'abbaye, incluant les vestiges et le terrain d'assiette, tel qu'il est délimité par un trait rouge sur le plan annexé à l'arrêté, en totalité (cad. D 157, 158, 161 à 166, 170 à 172, 231 à 234) : classement par arrêté du 5 septembre 2012
Personnages clés
Jean II
Évêque d'Orléans et fondateur de l'abbaye.
Origine et histoire de l'Abbaye de la Cour-Dieu
L'ancienne abbaye cistercienne Notre‑Dame de la Cour‑Dieu, située à Ingrannes dans le Loiret, a été fondée au début du XIIe siècle par Jean II, évêque d'Orléans, avec des moines venus de Cîteaux. Protégée par les papes et les rois, elle connut un développement rapide et donna naissance à plusieurs abbayes filles, parmi lesquelles Loroy, Notre‑Dame du Val, Olivet et Cercanceaux. L'abbaye a été affaiblie par la peste et par les troubles des guerres de Religion ; elle subit d'importants dégâts en 1399 et fut pillée à plusieurs reprises au XVIe siècle. La mise en commende a encore réduit la vie monastique, et la communauté s'est progressivement éteinte avant l'abandon de 1791 et la vente comme bien national. Au début du XIXe siècle, une partie des bâtiments fut démolie pour la vente des matériaux, mais le site a suscité un regain d'intérêt patrimonial au XXe et XXIe siècles.
Implantée au cœur d'une clairière de la forêt d'Orléans, l'abbaye conserve son plan d'origine : un quadrilatère fermé par un mur et complété de fossés, de jardins et d'un vivier alimenté par le ruisseau du Cens. De la porterie subsistent une grande porte en arc brisé et une maison qui servait d'accueil aux hôtes ou au portier. De l'église, commencée en 1170 et consacrée en 1216, ne demeurent que la façade ouest et le transept nord ; la nef précédait un transept saillant dont chaque bras comportait trois chapelles alignées, et le chœur était plat et peu profond. La façade, précédée d'un porche, est percée d'une porte en arc brisé et flanquée d'une tour d'escalier.
Parmi les bâtiments claustraux, seules quelques constructions de l'aile sud subsistent — chauffoir, une partie du réfectoire et les cuisines — tandis que du cloître ne demeure que le préau ; le bâtiment des convers, au sud‑ouest, a été dénaturé. À l'écart, la maison du prieur et celle de l'abbé, édifiée en 1720 et restaurée au XIXe siècle, présente un décor sobre composé de feuilles d'eau stylisées. Les vestiges ont fait l'objet de protections successives : l'église avait été inscrite en 1928, d'autres éléments inscrits en 2007 et l'ensemble classé au titre des monuments historiques par arrêté du 5 septembre 2012. Propriété privée, l'abbaye ne se visite pas.