Origine et histoire de l'Abbaye de la Réau
L'abbaye Notre‑Dame de la Réau, située sur la rive gauche du Clain à Saint‑Martin‑l'Ars (Vienne), occupe un site isolé aux confins du Poitou et de la Basse‑Marche. Sa fondation remonte au XIIe siècle et les chanoines l'ont toujours présentée comme d'origine royale ; une bulle d'Honorius III de 1219 confirme ses possessions et rappelle des libertés attribuées par Henri II d'Angleterre, ce qui atteste l'existence du monastère avant 1189. Au XIIIe siècle, La Réau possède seize prieurés et rayonne largement grâce à ses nombreuses filiales. Fortifiée déjà en 1370, elle est incendiée et saccagée par les Anglais en 1372, puis rebâtie et protégée par des ouvrages défensifs. En 1531, l'abbaye est surprise et pillée par Antoine de Guillerville et sa bande ; l'auteur du forfait est finalement capturé et exécuté, sa tête étant exposée en exemple sur une tour de l'abbaye. Vers 1550, sous l'abbé Aufort, le monastère passe momentanément au calvinisme, avant de revenir à l'obédience romaine. La réforme des Génovéfains est introduite en 1653, entraînant des réparations et des remaniements ; sous le prieur François Henin, des travaux importants aux XVIIe et XVIIIe siècles conduisent à la démolition d'ailes jugées vétustes et à la restauration du reste. À la Révolution, l'abbaye, déjà en déclin, voit ses bâtiments et son mobilier vendus comme biens nationaux ; le domaine a ensuite appartenu à la famille de Frémond de La Merveillère. Aujourd'hui subsistent l'église en ruine, un bâtiment prolongeant le transept, une aile formant le côté nord du cloître, la grange et des communs, dont le moulin, témoins d'un ensemble monastique organisé autour de l'autarcie. Longée à l'est par le Clain et à l'ouest par une large douve franchie autrefois par deux ponts‑levis et des poternes, l'église présente un plan en croix avec chœur et chapelles presque carrées ; ses angles sont pourvus d'échauguettes couronnées de mâchicoulis datés du XVe siècle. Le croisillon nord se prolonge par un bâtiment jusqu'à la rivière, avec une aile perpendiculaire qui limitait le cloître, et deux tours rondes renforcent les angles de l'enceinte ; le clocher octogonal s'est effondré au XXe siècle. Les anciens bâtiments monastiques, remaniés au XVIIe siècle, comportent un grand escalier à balustrade de pierre du XVIIe siècle et la salle capitulaire romane du XIIe siècle, voûtée d'arêtes avec doubleaux sculptés de masques humains. L'abbaye a été inscrite au titre des monuments historiques : en 1941 pour les vestiges de l'abbatiale, la salle capitulaire, la grosse tour nord, le grand escalier et les vestiges de la tour de l'enceinte, les autres bâtiments étant classés en 1994. Après son étude historique et archéologique, François Eygun la qualifiait en 1970 d'« un des monuments les plus prestigieux du Haut‑Poitou ».
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Glissez-vous dans la peau d'un moine et observez le silence. Cherchez où se cache le moine gourmand, exercez-vous à l'enluminure et à la calligraphie, taillez la pierre, dégustez du pain dans les cuisines, cueillez des plantes magiques, binez au jardin, sous la houlette bienveillante de "frère Patrice", chantez à gorge déployée.
Costumez-vous, picniquez sur place, réconfortez-vous dans le coffee shop.