Fondation de l'abbaye 1033 (≈ 1033)
Création par Geoffroy Martel et Agnès de Bourgogne.
1040
Consécration de l'abbatiale romane
Consécration de l'abbatiale romane 1040 (≈ 1040)
Charte officielle signée par 43 seigneurs.
1093-1132
Apogée sous Geoffroi de Vendôme
Apogée sous Geoffroi de Vendôme 1093-1132 (≈ 1113)
Accueil de deux papes, expansion spirituelle.
vers 1140-1150
Construction du clocher
Construction du clocher vers 1140-1150 (≈ 1145)
Symbole d’émancipation face à l’évêque.
1271
Début reconstruction gothique
Début reconstruction gothique 1271 (≈ 1271)
Modernisation du chœur et du transept.
1455-1508
Achèvement de la façade flamboyante
Achèvement de la façade flamboyante 1455-1508 (≈ 1482)
Œuvre de Jean de Beauce.
1621
Reprise par les Mauristes
Reprise par les Mauristes 1621 (≈ 1621)
Restauration et réforme monastique.
1791
Vente des bâtiments
Vente des bâtiments 1791 (≈ 1791)
Fin de la vie monastique.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1840 (≈ 1840)
Protection de l’abbatiale et du clocher.
2018
Acquisition par Louis Vuitton
Acquisition par Louis Vuitton 2018 (≈ 2018)
Transformation en atelier de maroquinerie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Trinité, clocher, cloître et presbytère (ancien logis des abbés commendataires) : classement par liste de 1840 ; Vestiges de la chapelle Saint-Loup dans le bâtiment D (cf plan joint à l'arrêté) : inscription par arrêté du 23 décembre 1948 ; Façades et toitures des bâtiments de l'ancienne abbaye de la Trinité (figurant sous les n° A, B et C sur le plan annexé à l'arrêté) , ainsi que la salle capitulaire située dans le bâtiment C et le sol de la cour du cloître : classement par arrêté du 10 juin 1949 ; Les parties suivantes de l'abbaye de la Trinité : les greniers, en totalité, dans la limite de l'enclos et murs inclus, les façades et toitures du bâtiment Régence, enfin le mur de clôture de l'ancien logis abbatial qui contient des vestiges de bâtiments anciens telles que représentées sur le plan annexé à l'arrêté et situées sur les parcelles section AR, numérotées 86, 91, 135, 137, 138, 139, 140, 141, 144, 145, 406, 430, 458, 459, 556, 600, 601, 628, 633 et 635 : inscription par arrêté du 8 décembre 2022
Personnages clés
Geoffroy Ier Martel - Fondateur et comte de Vendôme
Initiateur de l’abbaye en 1033.
Geoffroi de Vendôme - Abbé (1093-1132)
Accueillit Urbain II et Pascal II.
Jean de Beauce - Maître d’œuvre
Acheva la façade flamboyante en 1508.
Urbain II - Pape (visiteur en 1095)
Consacra un autel à la Sainte Croix.
Louis de Crevant - Abbé (1487-1522)
Commanditaire des stalles et clôture de chœur.
Antoine de Crevant - Abbé (1522-1539)
Acheva les aménagements intérieurs.
Origine et histoire
L'abbaye de la Trinité de Vendôme fut fondée en 1033 par Geoffroy Ier Martel, comte de Vendôme, et sa femme Agnès de Bourgogne. Selon une légende, la construction aurait été inspirée par la chute d’étoiles filantes dans une fontaine, interprétée comme un signe divin. Cependant, des raisons politiques, comme la volonté de légitimer son pouvoir sur le comté, semblent avoir motivé cette fondation. L’abbaye devint rapidement prospère grâce aux donations des fondateurs et de nombreux seigneurs locaux, et abritait une relique majeure : la Sainte Larme, attirant des pèlerins de toute l’Europe.
Au XIIe siècle, l’abbaye connut son apogée sous l’abbatiat de Geoffroi de Vendôme (1093-1132), qui renforça ses liens avec la papauté et accueillit deux papes, Urbain II et Pascal II. Le clocher, construit vers 1140-1150, symbolisait l’émancipation de l’abbaye face à l’évêque de Chartres. Au XIIIe siècle, l’abbatiale romane fut modernisée avec un transept voûté d’ogives, et une armoire monumentale fut construite pour abriter la Sainte Larme. La reconstruction gothique de l’abbatiale débuta en 1271, mais fut interrompue par la guerre de Cent Ans, ne reprenant qu’au XVe siècle.
La façade flamboyante, achevée en 1508 par Jean de Beauce, marque l’aboutissement des travaux médiévaux. Au XVIe siècle, l’abbaye entra en déclin sous le régime de la commende, avant d’être reprise en main par les moines de la congrégation de Saint-Maur en 1621. Ces derniers restaurèrent les bâtiments et redonnèrent à l’abbaye son rôle spirituel et intellectuel, notamment en y installant un centre de formation pour novices. Cependant, les guerres de Religion et le relâchement de la discipline monastique affaiblirent son influence.
En 1791, après la Révolution, les bâtiments furent vendus et transformés en tribunal, prison, puis caserne (quartier Rochambeau). Au XIXe siècle, une partie des lieux fut occupée par la gendarmerie, avant d’être acquise en 2018 par Louis Vuitton pour y installer un atelier de maroquinerie. Aujourd’hui, l’abbatiale, classée Monument Historique dès 1840, témoigne de près de mille ans d’histoire religieuse, architecturale et politique en France.
L’abbatiale de la Trinité est un joyau architectural, combinant des éléments romans (le clocher de 80 mètres), gothiques (le chœur du XIVe siècle) et flamboyants (la façade). Son cloître, partiellement détruit, abritait des fresques médiévales, tandis que son trésor comptait des reliques prestigieuses, comme le chef de saint Eutrope. Les bâtiments conventuels, reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles par les Mauristes, illustrent l’évolution des pratiques monastiques avant la sécularisation.
Parmi les reliques conservées figuraient aussi des fragments de la Vraie Croix, des ossements de saints (Colomban, Madeleine, Laurent) et des objets liés au Christ. L’abbaye possédait un vaste domaine, incluant des prieurés et églises dans toute la France de l’Ouest, de la Saintonge à l’Anjou. Son déclin s’amorça au XVIIIe siècle, avant sa suppression définitive en 1791, marquant la fin de son rôle central dans la vie religieuse et sociale de Vendôme.
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