Première mention écrite 961 (≈ 961)
L'alleu de Lantouy et son église sont cités dans le testament du comte Raymond II de Rouergue.
3e quart XIe siècle
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye 3e quart XIe siècle (≈ 1162)
Fondation probable d'un prieuré bénédictin conventuel par l'évêque de Cahors.
XIIIe siècle
Changement de propriétaires
Changement de propriétaires XIIIe siècle (≈ 1350)
Le site appartient aux seigneurs de Gourdon et de Balaguier.
XIVe siècle
Désaffectation de l'église
Désaffectation de l'église XIVe siècle (≈ 1450)
L'église est définitivement désaffectée au cours de la première moitié du XIVe siècle.
2009
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 2009 (≈ 2009)
L'ensemble des vestiges a été inscrit au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges de l'abbaye comprenant les ruines de l'église et des bâtiments associés, situés sur le plateau de Gayfié (cad. AB 62 ) : inscription par arrêté du 19 novembre 2009
Personnages clés
Raymond II de Rouergue
Comte ayant mentionné l'alleu de Lantouy dans son testament en 961.
Saint Namphaise
Compagnon de Charlemagne, traditionnellement attribué comme fondateur de l'abbaye.
Origine et histoire de l'Abbaye de Lantouy
L'abbaye de Lantouy, dite aussi abbaye de Saint-Namphaise, est une ruine située à Saint-Jean-de-Laur, dans le département du Lot. Les vestiges comprennent une église datable du XIe siècle et cinq bâtiments conventuels, formant un ensemble monastique qui illustre de façon unique l'architecture du Quercy au XIe siècle. L'ensemble occupe le versant sud d'un promontoire rocheux dominant un large méandre du Lot, sur le plateau de Gayfié, et surplombe le gouffre de Lantouy, exutoire d'un important système karstique du causse de Limogne. De ce gouffre naît le ruisseau du Lantouy, qui se jette dans le Lot à environ deux kilomètres et marque la limite entre les départements du Lot et de l'Aveyron. Les fouilles, menées depuis le XIXe siècle, ont mis en évidence une occupation dès l'époque romaine, particulièrement aux abords du gouffre. L'éminence de Gayfié, d'une emprise d'environ douze hectares, est ceinturée par une épaisse muraille qui pourrait correspondre aux limites d'un ancien oppidum; on y a également retrouvé des cuves de sarcophages en grès des XIe-XIIe siècles, témoignant d'une nécropole médiévale. Une mention de l'alleu de Lantouy et de son église figure dès 961 dans le testament du comte Raymond II de Rouergue, et au XIIIe siècle le site appartient aux seigneurs de Gourdon et de Balaguier. D'après L. d'Alauzier, le site a probablement accueilli un prieuré bénédictin conventuel fondé au XIe siècle par l'évêque de Cahors sur l'emplacement d'une église paroissiale antérieure; cette fondation n'aurait pas perduré et aurait été abandonnée au XIIe siècle, tandis que l'église a continué d'assurer un rôle paroissial, associée à celles de Salvagnac et de Sainte-Girbelle, avant d'être définitivement désaffectée au cours de la première moitié du XIVe siècle. La tradition attribue la fondation à saint Namphaise, compagnon de Charlemagne, et plusieurs légendes populaires expliquent la destruction du monastère par un événement surnaturel souvent situé à la Saint-Jean. L'abbaye avait été le lieu d'un pèlerinage local en cas de sécheresse, supprimé par l'autorité religieuse en 1860 au motif d'un phénomène de pluie dite mêlée de sang. Sur le plan architectural, l'église conserve un plan en croix latine avec nef basilicale, transept et chevet tripartite, ainsi que des ouvertures au caractère préroman, ce qui corrobore l'hypothèse d'une fondation monastique du XIe siècle. Les bâtiments conventuels proches sont de plan rectangulaire à angles arrondis et certains sont assis en opus spicatus; leurs caractères architecturaux les font attribuer aux Xe-XIe siècles. L'association des vestiges de l'église et des bâtiments conventuels, par son homogénéité et sa datation, constitue un exemple remarquable pour l'étude de l'architecture religieuse médiévale en Quercy. L'ensemble des vestiges a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 19 novembre 2009.