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Frise chronologique
1128
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1128 (≈ 1128)
Création par Ithier de Rethel pour les Prémontrés.
1134
Consécration de l’église romane
Consécration de l’église romane
1134 (≈ 1134)
Chevet et tour de style roman.
1629
Rattachement à la France
Rattachement à la France
1629 (≈ 1629)
Avec la souveraineté de Château-Regnault.
1696
Incendie criminel
Incendie criminel
1696 (≈ 1696)
Façade baroque reconstruite en 1699.
1791
Dissolution révolutionnaire
Dissolution révolutionnaire
1791 (≈ 1791)
Vente des biens à un verrier.
1940
Destruction par bombardements
Destruction par bombardements
1940 (≈ 1940)
Seule la chapelle subsiste intacte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Laval-Dieu, ruines de la maison canoniale attenantes à l'église, sol du jardin s'étendant jusqu'à la Semoy (cad. A 37, 2371p, 368p) : classement par arrêté du 18 juin 1963
Personnages clés
| Ithier de Rethel - Comte de Rethel et fondateur |
Créa l’abbaye en 1128 avec Renauld. |
| Renauld de Martigné - Archevêque cofondateur |
Participa à la fondation en 1128. |
| Guillaume Hanser - Chanoine organiste |
Fonda une école de musique. |
| Étienne Nicolas Méhul - Compositeur d’opéras |
Élève à l’abbaye vers 1770. |
| Remacle Lissoir - Dernier abbé (1766-1791) |
Mort en 1806, aumônier des Invalides. |
| Hubert Gobert - Abbé puis général des Prémontrés |
Dirigea l’abbaye de 1458 à 1471. |
Origine et histoire
L'abbaye de Laval Dieu, située à Monthermé dans le Grand Est, fut fondée en 1128 par Ithier de Rethel et l’archevêque Renauld de Martigné pour des chanoines de l’ordre de Prémontré, sous le vocable de saint Remi. Son nom, Vallis Dei (« Vallée de Dieu »), reflète son implantation au confluent de la Meuse et de la Semoy. Les premières donations, comme celle de Gauthier de Saint-Maurice ou de Nicolas de Chièvres (évêque de Cambrai en 1141), permirent son développement, bien que ses revenus restassent modestes (200 livres en 1346).
Au XVIIe siècle, l’abbaye fut rattachée à la France (1629) et reconstruite partiellement après un incendie criminel en 1696, attribuable à des soldats de Maastricht. La façade ouest, rebâtie en style baroque flamand (briques et pierre jaune), témoigne de cette période. La Révolution française entraîna sa dissolution en 1791 : les biens furent vendus à un verrier local, Sieur Grimblot, et les bâtiments, déjà transformés, furent détruits lors des bombardements de 1940. Seule la chapelle, avec ses boiseries du XVIIIe siècle et ses dalles funéraires médiévales, subsiste.
L’abbaye joua un rôle culturel notable : le compositeur Étienne Nicolas Méhul y étudia la musique sous la direction du chanoine Guillaume Hanser, qui y avait fondé une école. Le buffet d’orgue de 1771 et les plafonds peints (1767), ornés de symboles religieux comme la Croix de Malte, en sont des vestiges remarquables. Classée monument historique en 1963, elle accueille aujourd’hui des événements comme le Printemps des Légendes.
Parmi les 45 abbés qui se succédèrent, certains marquèrent son histoire, comme Hubert Gobert (abbé de 1458 à 1471, puis général des Prémontrés), ou Remacle Lissoir (dernier abbé, mort en 1806). Les archives de l’abbaye, transférées à Charleville-Mézières, comptent 300 documents et plans. Le site conserve aussi des éléments romans (chevet à bandes lombardes, tour) datant de la consécration de 1134, ainsi qu’un portail en marbre rose gravé de la devise Adorate et timete.