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Abbaye de Marquette à Marquette-lez-Lille dans le Nord

Patrimoine classé Patrimoine religieux Abbaye

Abbaye de Marquette

    Rue du Clos de l'Abbaye
    59520 Marquette-lez-Lille
Propriété d'une société privée
Abbaye de Marquette
Abbaye de Marquette

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1226
Fondation de l’abbaye
1236
Transfert définitif des religieuses
1297
Pillage par Philippe le Bel
1382
Séjour de Charles VI
1566
Fureur iconoclaste
1578
Attaque des Hurlus
1670
Visite de Marie-Thérèse d’Autriche
1708
Siège pendant la guerre de Succession
1792
Incendie révolutionnaire
2005
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les vestiges de l'abbaye, sol et sous-sol (cad. B 667 à 671, 699, 773, 1112, 1129, 3940, 3947, 3948) : inscription par arrêté du 30 mars 2005

Personnages clés

Jeanne de Constantinople - Fondatrice de l’abbaye Comtesse de Flandre, y fut inhumée.
Ferrand de Flandre - Co-fondateur et premier inhumé Mausolée construit par Jeanne en 1233.
Marguerite III de Bachemont - 28e abbesse (XVIe siècle) Reconstruit l’abbaye après 1566.
Geneviève-Armande-Élisabeth de Rohan-Guéméné - Abbesse (XVIIIe siècle) Issue de la noblesse bretonne.
Anne Delavaux - Ancienne soldat espagnole Retraitée à l’abbaye sous un nom masculin.
Michel Gousselaire - Prêtre et historien A écrit sur les abbayes locales.

Origine et histoire

L’abbaye du repos Notre-Dame, aussi appelée Reclinatorium B. Virginis, fut fondée en 1226 par Jeanne de Constantinople et son époux Ferrand de Flandre, près du pont de Marque. Initialement située à Marcq, elle fut transférée à Marquette en 1227 par échange avec les moines de Laon, avant que les religieuses ne s’y installent définitivement en 1236. L’abbaye, dépendante de Clairvaux, abritait le mausolée de Ferrand de Flandre, où Jeanne le rejoignit après sa mort. Elle fut un lieu de pouvoir et de spiritualité, lié au diocèse de Tournai.

Au fil des siècles, l’abbaye connut des péripéties violentes : pillée en 1297 par les troupes de Philippe le Bel, elle servit de prison pour des nobles anglais en 1340 pendant la guerre de Cent Ans. En 1382, Charles VI y séjournait avant la bataille de Roosebeke. Les conflits religieux marquèrent aussi son histoire : en 1566, elle subit la fureur iconoclaste des protestants, puis en 1578, une attaque des Hurlus (calvinistes) fut repoussée, donnant naissance à une légende mariale. Une chapelle, érigée en 1618 près du pont, devint un lieu de pèlerinage jusqu’à la Révolution.

Le XVIIe siècle vit l’abbaye accueillir des personnalités comme Marie-Thérèse d’Autriche (1670) et servir de refuge aux moniales lors des guerres. En 1708, pendant la guerre de Succession d’Espagne, elle fut le théâtre d’affrontements entre Français et coalisés. Un incendie en 1792 ravagea les lieux, violant les sépultures, dont celle de Jeanne de Constantinople. Les vestiges, inscrits aux Monuments Historiques en 2005, révèlent aujourd’hui des chapiteaux médiévaux et la lame funéraire de la fondatrice, tandis qu’un vicus et un cimetière mérovingien furent découverts à proximité.

L’abbaye fut dirigée par 38 abbesses, dont Marguerite III de Bachemont (XVIe siècle), qui reconstruit partiellement les lieux après les destructions de 1566, et Geneviève-Armande-Élisabeth de Rohan-Guéméné (XVIIIe siècle), issue d’une illustre famille noble. Des figures comme Anne Delavaux (soldate espagnole retirée à l’abbaye) ou Michel Gousselaire (prêtre et historien des monastères) y furent liées. L’abbaye, symbole de résistance et de dévotion, disparut presque entièrement, ne laissant que des traces archéologiques et une chapelle commémorative (1925).

Son héritage perdure à travers des bâtiments comme le lycée Notre-Dame d’Annay à Lille, ancien refuge des moniales, dont la façade en taille de diamant est classée. Les fouilles (2005–2007) ont exhumé des artefacts médiévaux et antiques, témoignant de l’occupation multiséculaire du site, des Mérovingiens aux Cisterciennes. L’abbaye illustre ainsi les turbulences politiques et religieuses du nord de la France, entre protection royale, guerres et ferveur populaire.

Liens externes