Frise chronologique
1200
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
1200 (≈ 1200)
Communauté d’ermites dirigée par Turstin.
1210
Rattachement aux Prémontrés
Rattachement aux Prémontrés
1210 (≈ 1210)
Agrégation à l’ordre de Saint-Norbert.
1389
Destruction par le comte d’Arundel
Destruction par le comte d’Arundel
1389 (≈ 1389)
Pillages pendant la guerre de Cent Ans.
1564
Incendie pendant les guerres de Religion
Incendie pendant les guerres de Religion
1564 (≈ 1564)
Abbé Julien Guichard tué par les huguenots.
1655
Adoption de la réforme de Lorraine
Adoption de la réforme de Lorraine
1655 (≈ 1655)
Renouveau de la discipline monastique.
1706-1743
Reconstruction classique par Eustache Restout
Reconstruction classique par Eustache Restout
1706-1743 (≈ 1725)
Église et bâtiments conventuels refaits.
1789
Dispersion à la Révolution
Dispersion à la Révolution
1789 (≈ 1789)
Biens confisqués, religieux exilés.
1859
Retour des Prémontrés
Retour des Prémontrés
1859 (≈ 1859)
Restauration des ailes nord et sud.
1921
Réinstallation définitive des chanoines
Réinstallation définitive des chanoines
1921 (≈ 1921)
Après l’exil en Belgique.
1944
Dégâts lors du Débarquement
Dégâts lors du Débarquement
1944 (≈ 1944)
Bombardements endommagent l’abbatiale.
2007
Rachat et restauration de la ferme
Rachat et restauration de la ferme
2007 (≈ 2007)
Retour à l’unité architecturale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abbaye, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 2 juillet 1927 - Eglise Saint-Martin : classement par arrêté du 23 janvier 1947 - Bâtiments conventuels constituant l'aile est de l'abbaye : classement par arrêté du 23 janvier 1947 - Pavillon d'entrée et les deux ailes qui le flanquent : classement par arrêté du 11 avril 1947 - Aile sud de l'abbaye (cad. ZK 7, lieudit Mondaye) : classement par arrêté du 2 août 1999 - Enclos de l'abbaye : murs d'enceinte et assiette du sol qu'ils délimitent ; façades et toitures de l'ancienne grange aux dîmes et de la grange attenante (cad. ZK 1, 4 à 7, 9, 10, 83 à 86) : inscription par arrêté du 2 août 1999
Personnages clés
| Turstin - Fondateur et ermite |
Prêtre à l’origine de la communauté. |
| Raoul de Percy - Bienfaiteur |
Cède le terrain à la communauté. |
| Jean Feray - Abbé (1512-1557) |
Relance intellectuelle de l’abbaye. |
| Julien Guichard - Abbé martyr |
Tué par les huguenots en 1564. |
| Claude Philippe Le Clerc du Tremblay - Abbé commendataire |
Dirige l’abbaye pendant 75 ans. |
| Eustache Restout - Architecte et chanoine |
Reconstruit l’abbaye au XVIIIe siècle. |
| Père Paynel - Religieux protecteur |
Sauve l’abbatiale pendant la Révolution. |
| Joseph Willekens - Abbé expulsé en 1880 |
Dirige la communauté en exil. |
Origine et histoire
L'abbaye Saint-Martin de Mondaye, fondée en 1200 par une communauté d’ermites dirigée par le prêtre Turstin, s’implante dans le bocage normand sous la protection de l’évêque de Bayeux. En 1210, elle rejoint l’ordre des Prémontrés et bénéficie de dons généreux des seigneurs locaux, comme les familles de Vassy et de Percy. Au XIIIe siècle, une église et des bâtiments conventuels remplacent l’ermitage initial, mais les guerres et la peste noire du XIVe siècle ravagent l’abbaye, notamment lors des pillages du comte d’Arundel en 1389.
Au XVIe siècle, l’abbaye connaît un renouveau sous l’abbatiat de Jean Feray, avant d’être dévastée par les guerres de Religion : l’abbé Julien Guichard est tué en 1564, et les bâtiments sont incendiés. La réforme de Lorraine, adoptée en 1655, relance la discipline monastique, malgré la nomination d’un abbé commendataire, Claude Philippe Le Clerc du Tremblay, qui dirige l’abbaye pendant 75 ans. La reconstruction totale débute au XVIIIe siècle sous l’impulsion de Louis XIV et Louis XV, avec l’architecte Eustache Restout, lui-même chanoine de Mondaye.
De 1706 à 1743, Restout supervise la reconstruction de l’église, des bâtiments conventuels et de la ferme dans un style classique sobre, conservant une austérité monacale. La Révolution disperse les religieux en 1789, mais l’abbatiale est sauvée par le père Paynel, curé de Juaye. Au XIXe siècle, les Prémontrés reviennent en 1859 après un passage des trappistines, et achèvent les ailes nord et sud dans le respect du style initial. Expulsés en 1880 et 1902, ils reviennent définitivement en 1921.
L’abbaye, classée Monument Historique entre 1927 et 1999, subit des dommages lors du débarquement de 1944, nécessitant des restaurations jusqu’en 2007. Aujourd’hui, elle abrite une communauté active de chanoines réguliers, engagés dans des ministères paroissiaux et l’accueil de retraitants. La ferme, rachetée en 2007, a été restaurée pour retrouver l’unité architecturale du site. L’orgue du XVIIIe siècle, œuvre de Claude Parisot, et la bibliothèque de 65 000 volumes témoignent de son riche patrimoine.
L’église, conçue par Restout, présente une nef de 60 mètres avec une coupole inspirée de celle de Sceaux, peinte par Charles Le Brun. Le cloître, inachevé, et les bâtiments conventuels mêlent ailes du XVIIIe et du XIXe siècles. Deux prieurés dépendent toujours de Mondaye : Sainte-Foy de Conques (Aveyron) et Notre-Dame de Sarrance (Pyrénées-Atlantiques). L’abbaye reste un lieu de vie monastique, de culture et de rayonnement spirituel en Normandie.