Frise chronologique
948
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
948 (≈ 948)
Donation de Teucinde à des moines.
Xe–XIIe siècles
Âge d'or médiéval
Âge d'or médiéval
Xe–XIIe siècles (≈ 1250)
Développement architectural et pèlerinages.
1369
Construction de la tour Pons de l’Orme
Construction de la tour Pons de l’Orme
1369 (≈ 1369)
Fortification contre les grandes compagnies.
1703
Début du monastère Saint-Maur
Début du monastère Saint-Maur
1703 (≈ 1703)
Reconstruction classique par les Mauristes.
1786
Sécularisation de l'abbaye
Sécularisation de l'abbaye
1786 (≈ 1786)
Fin de la vie monastique.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première protection officielle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les bâtiments du Moyen-Age de l'ancienn abbaye : classement par liste de 1840 - La chapelle Sainte-Croix : classement par liste de 1840 - Les bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles : classement par arrêté du 1er octobre 1921
Personnages clés
| Teucinde - Fondatrice de l'abbaye |
Aristocrate bourguignonne, donatrice en 948. |
| Pons de l’Orme - Abbé et bâtisseur |
Construisit la tour fortifiée (XIVe siècle). |
| Guillaume II de Provence - Comte de Provence |
Inhumé dans la crypte en 1018. |
| Cardinal de Rohan - Dernier abbé commendataire |
Abbé jusqu’à la sécularisation (1786). |
| Henri Révoil - Architecte-restaurateur |
Restaura l’abbaye au XIXe siècle. |
| Pierre Mignard - Architecte des Mauristes |
Conçut le monastère classique (1703). |
Origine et histoire
L'abbaye Saint-Pierre de Montmajour, fondée en 948 par Teucinde, une aristocrate bourguignonne, devient rapidement l'une des plus riches de Provence. Dès le XIe siècle, elle s'étend grâce à des donations et un pèlerinage annuel, le « pardon de Montmajour », attirant jusqu'à 150 000 fidèles. Son développement architectural inclut une crypte, une église abbatiale, et un cloître roman, reflétant son influence religieuse et économique.
Au Moyen Âge, Montmajour sert de nécropole aux comtes de Provence, comme Guillaume II et Adélaïde, inhumés dans sa crypte avant d'être transférés au cloître. L'abbaye, souvent en conflit avec Arles pour les droits territoriaux, prospère jusqu'au XIIIe siècle. Les guerres et les crises (grandes compagnies, conflits avec Raimond de Turenne) poussent les moines à fortifier le monastère, notamment avec la tour de Pons de l’Orme (XIVe siècle).
À l’Ancien Régime, l’abbaye subit des réformes et des reconstructions. Au XVIIe siècle, les Mauristes modernisent les bâtiments, ajoutant un monastère classique (1703) conçu par Pierre Mignard. Un incendie en 1726 nécessite des réparations dirigées par Jean-Baptiste Franque. Sécularisée en 1786, vendue comme bien national en 1791, elle est restaurée au XIXe siècle par Henri Révoil. Aujourd’hui, elle illustre l’évolution architecturale et spirituelle de la Provence, du Moyen Âge au XVIIIe siècle.
Le site comprend plusieurs éléments remarquables : l’ermitage Saint-Pierre (XIe siècle), semi-troglodyte avec des chapiteaux corinthiens ; l’église abbatiale Notre-Dame (XIIe siècle), de style roman provençal, avec une crypte concentrique unique ; et la chapelle Sainte-Croix (XIIe siècle), en forme de quadrilobe, liée au pèlerinage. La tour Pons de l’Orme (XIVe siècle), donjon fortifié, et le monastère Saint-Maur (XVIIIe siècle), témoignent des adaptations militaires et monastiques.
Classée monument historique dès 1840, l’abbaye inspire artistes et cinéastes, comme Van Gogh, qui la décrit en 1888 comme un lieu « romantique » baigné de « pluie d’or ». Elle sert aussi de décor pour des films (Le Lion en hiver, 1967) et des séries (The Walking Dead: Daryl Dixon, 2023). Son patrimoine architectural, mêlant roman, gothique et classique, en fait un symbole du riche héritage provençal.
Les abbés, souvent nommés par les comtes, les archevêques ou le pape, jouent un rôle clé dans son histoire. Parmi eux, Pons de l’Orme (XIVe siècle), bâtisseur de la tour, ou le cardinal de Rohan (XVIIIe siècle), dernier abbé avant la sécularisation. Les conflits internes, comme la querelle avec le prieuré de Saint-Antoine-en-Viennois au XVe siècle, marquent aussi son évolution institutionnelle.